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C’est parti pour la vaccination dans le Nord de l’Ontario

Temps de lecture : 4 minutes

La vaccination a débuté ce mardi dans le Nord. Six des sept bureaux de santé du Nord de l’Ontario entament leur campagne de vaccination contre la COVID-19 cette semaine avec l’objectif de vacciner tous les résidents des foyers de soins de longue durée d’ici le 5 février.

« C’est une merveilleuse nouvelle pour notre communauté et nous avons très hâte de vacciner et de protéger nos citoyens les plus vulnérables », a déclaré la Dre Penny Sutcliffe, médecin-hygiéniste de Santé publique Sudbury et districts.

Seule la santé publique de Thunder Bay avait commencé sa vaccination à grande échelle dans les semaines précédentes, notamment dans les communautés des Premières Nations de la Baie-James.

Les six bureaux de santé (en rouge) qui recevront leurs premières doses du vaccin Moderna cette semaine.

Au Bureau de santé de Porcupine, où sont situées les villes de Timmins, Hearst et Kapuskasing, qui vient d’être durement touchée par le virus, on affirme avoir reçu une première livraison du vaccin contre le coronavirus mardi.

« C’est vraiment une bonne nouvelle, surtout après les conséquences tragiques que nos communautés ont connues ces derniers jours. Chaque personne est prioritaire et pourra recevoir un vaccin si elle est admissible et souhaite se faire vacciner », a indiqué la docteure en chef, Lianne Catton, médecin hygiéniste.

À Temiskaming, les premières doses sont arrivées lundi pour les 300 résidents des cinq foyers de soins de longue durée qui seront vaccinés dès aujourd’hui.

« Le camion est arrivé lundi matin pour livrer les premières doses de vaccin à notre district. Il est impressionnant que nous ayons reçu nos doses le jour du premier anniversaire du premier cas du COVID-19 au Canada », a indiqué, lundi, le Dr Glenn Corneil, médecin hygiéniste en chef de la direction du Bureau de santé de la région.

Une stratégie modifiée

Pas plus tard que la semaine dernière, plusieurs unités de santé disaient ne pas avoir reçu de nouvelles du ministère de la Santé. Cela s’explique par le fait que la stratégie initiale du gouvernement a été modifiée avec l’annulation de l’envoi de doses du vaccin Pfizer au Canada qui a forcé le gouvernement à accélérer la cadence en faisant bénéficier 14 nouveaux bureaux de santé des doses de celui de Moderna.

Malgré les difficultés d’approvisionnement, le gouvernement a décidé d’accélérer la cadence, préférant allonger la date entre la première et la seconde dose pour certaines catégories de population, plutôt que de ralentir la campagne. Les résidents des foyers continueront à suivre un intervalle de trois à quatre semaines entre la première et la seconde dose. Pour les prochaines catégories, comme les travailleurs de la santé, cette séquence sera repoussée à 42 jours.

« Basé sur les données actuelles, on sait que le taux de protection sur 42 jours va être assez élevé. Passé ça, ça devient moins certain, c’est possible qu’on puisse aller plus longtemps, mais on n’a pas de données pour prouver que le vaccin soit toujours efficace. À mon avis, ils (le gouvernement) font le bon choix, ils suivent les données », croit l’immunologiste et virologue, Alain Simard, de l’École de médecine du Nord de l’Ontario.

« Dans le Nord, il faut considérer le fait que les hôpitaux peuvent rapidement devenir surchargés lorsqu’on a plusieurs cas dans une communauté »

— Alain Simard, immunologiste et virologue

La stratégie de départ, avant l’épisode Pfizer, se concentrait surtout sur la vaccination dans les zones chaudes de la province, comme Toronto et Ottawa. Alain Simard affirme que les deux stratégies du gouvernement comportaient leur juste part de « pour et contre ». Ce dernier croit que la province a pris une bonne décision en envoyant ces premières doses aux autres régions de l’Ontario.

« Dans le Nord, il faut considérer le fait que les hôpitaux peuvent rapidement devenir surchargés lorsqu’on a plusieurs cas dans une communauté. On atteint alors un taux de mortalité assez élevé, car la capacité de soigner les gens devient difficile. Ça fait sûrement partie de la décision du gouvernement. On regarde ce qui est arrivé à Kapuskasing et dans d’autres régions du Nord avec de petites communautés où il y a eu de grosses éclosions. »

Moderna : la solution à long terme pour le Nord ?

Les doses qui seront acheminées aux bureaux de santé du Nord seront essentiellement celles de la compagnie Moderna qui ne nécessitent pas d’être réfrigérées à très basse température comme le vaccin de Pfizer. Compte tenu de ce facteur, l’immunologiste croit que le vaccin Moderna représente, pour l’instant, les meilleurs espoirs des résidents du Nord de l’Ontario dans la campagne de vaccination.

« Il (le gouvernement) doit prioriser le vaccin de Moderna pour les régions plus éloignées. C’est beaucoup moins compliqué, mais si on avait juste des doses Pfizer, ça serait possible. »

Pour ce dernier, le manque d’infrastructures dans le Nord représente un défi supplémentaire en termes de logistique et de distribution.

« C’est sûr que c’est beaucoup plus facile et logique. Les régions les plus éloignées n’ont pas les réfrigérateurs pour entreposer les doses de Pfizer à -80 °C. Ce sont normalement de grands centres hospitaliers ou certains petits hôpitaux et même s’ils en ont, c’est sûrement un petit où l’on ne peut pas mettre une tonne de doses », soutient M. Simard.

Il est encore incertain à savoir quelles seront les prochaines étapes dans le Nord concernant la vaccination pour les nouvelles catégories de gens à vacciner. Les travailleurs du domaine de la santé, les résidents des communautés Inuits, Métis, de Premières Nations et les adultes bénéficiant de soins à domicile devraient être les prochains concernés.

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