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Charles-Étienne Ferland, auteur de science-fiction et entomologiste

Artistes à domicile : Charles-Étienne Ferland, profiter du déconfinement pour apprécier la simplicité du quotidien

Temps de lecture : 7 minutes

Alors que le déconfinement se poursuit, cette semaine, l’auteur de science-fiction et entomologiste, Charles-Étienne Ferland, prend sa plume pour nous relater ce que lui inspire cette pandémie et revisite les incontournables de ce genre littéraire.

Qui suis-je ?

« Je m’appelle Charles-Étienne Ferland et je suis né à Montréal en 1992. Je suis auteur, entrepreneur et entomologiste. Titulaire d’une maîtrise en écologie des insectes de l’Université de Guelph, je suis directeur des opérations chez Luna ID : solutions mobiles en apprentissage automatisé et en vision par ordinateur. J’ai publié le roman Dévorés aux Éditions L’Interligne (2018) et le recueil de nouvelles Une dent contre l’ordinaire aux Éditions Prise de parole (2019). Je viens tout juste de terminer un petit reportage sur les insectes en Équateur et je suis actuellement en révision de mon troisième livre intitulé Métamorphoses, dont la parution est prévue pour l’automne 2020. »

Comment je vis ce confinement ?

« En tant qu’entomologiste agricole, j’ai eu la chance de pouvoir continuer de travailler de la maison pendant le confinement. Depuis quelques semaines, je suis de retour au travail à temps plein pour assurer le bon déroulement des semis, le dépistage des insectes et l’encadrement des étudiants d’été de l’équipe d’entomologie au centre de recherche.

Puisque je n’avais pas de salon du livre ou d’événement public, j’ai sans doute été moins affecté que d’autres auteurs. Le télétravail m’a permis de sauver cinq heures de voyage par semaine, ce qui m’a permis de terminer la postproduction de mon projet de reportage sur les insectes de l’Équateur, de fignoler quelques nouvelles littéraires, et de commencer la révision de mon 3e livre avec les Éditions L’Interligne. De plus, le Conseil des arts du Canada a mis en place le programme de subvention Connexion création, alors j’ai soumis une demande pour un projet d’adaptation d’un chapitre de mon roman « Dévorés » en bande dessinée avec l’illustrateur Hicham Absa. On croise les doigts !

Pour me tenir occupé ? Eh bien, je viens de finir ma maîtrise sur l’écologie des insectes en productions de canola, alors ça me permet de dévouer plus de temps pour mon entreprise Luna ID inc – solutions en vision par ordinateur et en apprentissage automatisé. Nous sommes en train d’embaucher notre premier étudiant co-op, ce qui est une étape très importante pour nous. Sinon, je pratique un peu d’Alexandra Stréliski et de Louis-Jean Cormier au piano ! »

La pandémie inspire t-elle votre science-fiction ?

« La pandémie nous permet certainement de constater comment la population et les états gèrent la crise et le stress. Ces observations peuvent être retenues pour les appliquer à n’importe quel événement perturbateur d’un roman de science-fiction. Ces constats permettent de faire réagir nos personnages de manière plausible, même face à l’invraisemblable. On voit des gens qui respectent les règles, d’autres qui les transgressent. Aux nouvelles, on voit même des illuminés qui nient l’existence du coronavirus… Forcément, il y a là matière à inspiration. »

Vous avez commencé une série romanesque post-apocalyptique avec le roman Dévorés, cette pandémie va-t-elle influencer l’écriture du prochain ?

« Eh non ! La pandémie ne va pas influencer l’écriture du prochain, car j’ai soumis le manuscrit à mon éditeur en mars 2019, soit bien avant qu’il soit question de ce virus ! Je ne crois pas que la pandémie aura un impact sur la série Dévorés. J’ai l’impression d’avoir fait une overdose de COVID-19. J’imagine que plusieurs sauront en traiter par écrit avec plus d’éloquence que moi, et c’est avec plaisir que je vais céder ma place sur ce sujet. Par contre, je peux vous dire que dans mon prochain livre, il sera question d’une nouvelle sorte de contamination… »

Dévorés de Charles-Étienne Ferland

Dans ce roman d’aventures post-apocalyptique, les réserves alimentaires du globe et les cultures agricoles sont ravagées par une nouvelle espèce d’insecte jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus rien à manger. Alors, cet insecte adopte une nouvelle proie : l’être humain. Quiconque se risque à l’extérieur lorsqu’il fait clair est voué à un destin funeste. Dans les décombres de Montréal, Jack, Francesco, Chad et Maddie tentent de survivre. Séparé de ses amis lors d’un conflit avec d’autres survivants, Jack se réfugie dans le laboratoire du Dr. Wallace. Celui-ci étudie la nouvelle espèce en compagnie de Manjula, Jose, Lauren et Nina. C’est avec ce nouveau groupe que Jack passe l’hiver. Ensemble, ils enquêtent sur ledit insecte. À la venue du printemps, Jack quitte la ville avec Manjula pour revoir la maison où il a grandi, en banlieue de Montréal. À leur retour au laboratoire, ils retrouvent le reste du groupe assassiné par d’autres survivants. Jack perd la tête. Manjula s’enfuit.

Paru aux Éditions L’Interligne | 2018 | 210 pages

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Métamorphoses de Charles-Étienne Ferland

Près d’un an s’est écoulé depuis la fin du monde tel qu’on le connaissait. Tandis qu’un centre de recherche à Toronto recrute des survivants pour rebâtir une civilisation, Jack quitte Montréal pour rejoindre Main Duck Island, où sa famille se serait réfugiée. Sur la route, de nombreux périls le guettent, comme une créature assoiffée de sang qui rôde autour d’une communauté sous un dôme. Jack parviendra-t-il à vaincre la bête et à s’enfuir ?

Paraîtra aux Éditions L’Interligne | Début novembre 2020

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Quel roman de science-fiction francophone vous a inspiré à écrire ?

« Si on se limite aux ouvrages francophones, alors je dois dire que les romans de Christian Guay-Poliquin, Malevil de Robert Merle, ou bien La planète des singes de Pierre Boulle m’ont marqué. Ces œuvres font donc partie des livres qui m’ont poussé à explorer ce genre littéraire à mon tour. Mais, au-delà du roman, le cinéma et l’industrie du jeu vidéo ont clairement joué un rôle important pour moi. »

Un roman incontournable ou bien le classique de la littérature de science-fiction à redécouvrir ?

« J’irais avec La route de Cormac McCarthy ou Je suis une légende de Richard Matheson, romans post-apocalyptiques, d’actions, de suspense. Pour moi ce sont des incontournables qui offrent toujours une bonne lecture. Les univers dépeints dans ces romans sont si près des nôtres, et pourtant un seul élément a été changé pour tout faire basculer dans le chaos. J’aime constater comment les survivants s’organisent pour continuer à vivre, quelles stratégies ils mettent en place et quelles relations ils entretiennent avec les autres. C’est aussi un bon rappel de la fragilité de l’existence. Peut-être parvient-on davantage à apprécier les choses simples notre quotidien lorsqu’on a connu des univers post-apocalyptiques infernaux où le danger nous guette à chaque instant. »

Les recommandations littéraires de Charles-Étienne Ferland

Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

Dans une véranda cousue de courants d’air, en retrait d’un village sans électricité, s’organise la vie de Matthias et d’un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver. Telle a été l’entente : le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps. Les centimètres de neige s’accumulent et chaque journée apporte son lot de défis. Près du poêle à bois, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations et des visites de Joseph, Jonas, Jean, Jude, José et de la belle Maria. Les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor, l’hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup ?

Paru aux Éditions La Peuplade | 2016

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Malevil de Robert Merle

Une guerre atomique dévaste la planète, et dans la France détruite un groupe de survivants s’organise en communauté sédentaire derrière les remparts d’une forteresse. Le groupe arrivera-t-il à surmonter les dangers qui naissent chaque jour de sa situation, de l’indiscipline de ses membres, de leurs différences idéologiques, et surtout des bandes armées qui convoitent leurs réserves et leur « nid crénelé » ?

Paru aux Éditions Galimard | 1972 | Récompensé au Prix John-Wood Campbell Memorial 

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La planète des singes de Pierre Boulle

Y a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C’est la question que se pose Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d’une planète proche de Bételgeuse : on y aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celle de notre terre. Après s’y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s’emparent d’Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité…

Paru aux Éditions Julliard | 1963

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La route (The Road) de Cormac McCarthy

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.

Paru aux Éditions Alfred A. Knopf | 2006 | Récompensés aux Prix Pulitzer de la fiction, Prix Tähtivaeltaja, James Tait Black Memorial Prize – Fiction, Quill Award for General fiction

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Je suis une légende (I am a Legend) de Richard Matheson

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route. Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Paru aux Éditions Gallimard | 2001

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