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Chefferie du NPD: dernière chance pour convaincre

Jagmeet Singh prend la parole devant les militants du NPD rassemblés à Hamilton Crédit photo: Étienne Fortin-Gauthier

HAMILTON – Pour une dernière fois, les candidats de la course à la chefferie du NPD ont tenté de convaincre les membres du parti de voter pour eux, à l’occasion d’un grand événement partisan, le dimanche 17 septembre. Le premier tour du vote s’ouvre dès lundi.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Défendre la justice sociale. Miser sur la substance, plutôt que les slogans vides. Développer une économie verte. Réformer le système électoral. Les quatre candidats à la chefferie du NPD ont partagé des promesses similaires aux quelques centaines de militants rassemblés au palais des congrès d’Hamilton, en banlieue de Toronto.

L’un après l’autre, les quatre candidats sont montés sur scène pour s’adresser à la foule. Ils ont alors tenté de montrer ce qui les différencie sur le fond…ou dans la forme.

 

Jagmeet Singh tente de rassurer

C’est au son d’une chanson populaire et entouré de dizaine de partisans que Jagmeet Singh a pris la parole devant les membres du parti. Comme il l’a fait à plusieurs reprises pendant la course, il a abordé les similarités entre la réalité d’un immigrant provenant d’un groupe minoritaire et celles des francophones du pays. «J’ai découvert que les francophones du Canada, en particulier du Québec, ont fait face à inégalités en lien avec leur langue et leur identité. J’ai vécu des situations similaires», a-t-il lancé.

Plusieurs militants craignent que ses croyances religieuses nuisent au parti dans plusieurs régions où la laïcité de l’État demeure une corde sensible. «Je crois fermement en la séparation entre la religion et l’État. Je peux vous assurer que mes croyances ne sont pas en conflit avec mes valeurs sociales démocrates et progressistes», a-t-il répliqué à ce sujet. M. Singh a conclu son discours au son d’une fanfare, tout en dansant sur scène avec ses partisans.

Charlie Angus vante son expérience

Critiqué pendant la course pour ses faiblesses en français, Charlie Angus a voulu démontrer aux membres du parti qu’il peut convaincre l’électorat francophone. Il a débuté son discours en effectuant une longue introduction uniquement en français. Il a alors souligné son désir de faire du Canada un pays plus juste.

 

Au sujet de l’ALENA, il a torpillé le gouvernement libéral de Justin Trudeau. «Faites-vous confiance à Justin Trudeau, Donald Trump et Brian Mulroney pour défendre vos intérêts? Moi je ferais entendre votre voix», a-t-il lancé. «On a beaucoup de pain sur la planche, mais je suis le candidat qui a l’expérience pour unir notre mouvement. Je suis gonflé à bloc pour le job!», a-t-il soutenu.

 

Niki Ashton et la lutte aux inégalités

Plus que les autres, Niki Ashton a dédié presque l’entièreté de son discours à la lutte aux inégalités. «Les inégalités ont plusieurs visages, qu’elle soit ethnique, sexuelle,…il y a aussi les inégalités intergénérationnels», a-t-elle affirmé expliquant que les jeunes d’aujourd’hui ont des opportunités moins nombreuses que leurs prédécesseurs. «Les millionnaires doivent payer leur juste part», a-t-elle affirmé concernant les inégalités économiques. «Il faut aussi se battre pour lutter contre les inégalités environnementales», a-t-elle ajouté. Le parti devrait aussi combattre les inégalités dans le monde, «notamment en Palestine».

Niki Ashton

«Elle a une vision où personne n’est laissée pour compte», a soutenu Brigitte Sansoucy, députée néo-démocrate de Saint-Hyacinthe-Bagot lorsqu’invitée à expliquer pourquoi elle donne son vote à Niki Ashton.

 

Guy Caron dit pouvoir convaincre le Québec

«L’authenticité, plutôt que les slogans vides», voilà comment Guy Caron s’est présenté aux partisans du NPD. Pour le député néo-démocrate, le Québec est la clé pour une victoire du parti aux élections. «Lorsqu’on gagne au Québec, on gagne des sièges partout au Canada. Car on gagne en crédibilité sur le plan du progressisme partout», a-t-il lancé.

Guy Caron

La nouvelle plateforme électorale du NPD devra offrir aux citoyens une proposition inédite, a-t-il soutenu. «Il faut inspirer les Canadiens d’une manière dont on n’a pas encore réussi à le faire», croit Guy Caron. Il avait également un message pour son adversaire, Jagmeet Singh. «Jagmeet, tu as une place dans notre parti et tu as une place dans notre Québec», a-t-il dit, alors que les difficultés de M. Singh à convaincre l’électorat québécois ont été évoqués tout au long de l’événement du week-end.

 

Les néo-démocrates pourront voter dès lundi électroniquement ou par la poste. Pour gagner, il faut plus de 50% du vote. Si ça arrive dès le 1er tour, le gagnant sera connu le 1er octobre. Dans le cas contraire, le processus recommence avec un candidat en moins à chaque tour. On saura l’identité du nouveau chef au plus tard le 15 octobre.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.