Le maire d’Ottawa veut décréter 2028 « Année de la Francophonie »
OTTAWA – Le maire Mark Sutcliffe a déposé un avis de motion lors de la réunion du Conseil municipal du 15 juillet afin de proclamer l’année 2028 comme l’« Année de la Francophonie à Ottawa ». Cette démarche survient à la suite de la confirmation que la capitale nationale accueillera le XXIe Sommet de la Francophonie en 2028.
Dans une déclaration diffusée sur ses réseaux sociaux, le maire indique avoir travaillé de concert avec le gouvernement fédéral pour obtenir la tenue du Sommet.
Affirmant ne pas vouloir que l’événement se limite à « quelques jours », M. Sutcliffe explique souhaiter faire de l’année 2028 une occasion de reconnaître la contribution de la communauté francophone.
Appuyée par la conseillère Stéphanie Plante (Quartier 12 Rideau-Vanier), la motion sera formellement soumise au vote des élus lors de la séance du Conseil municipal du 26 août prochain.
Cette proposition de décret s’inscrit dans un alignement plus vaste de dossiers francophones à l’échelle municipale. Lors du Gala des prix Bernard-Grandmaître au printemps dernier, le maire Mark Sutcliffe avait esquissé l’idée d’organiser un grand forum francophone à Ottawa en 2027.
Ce rassemblement, inspiré du modèle du Sommet rural de la Ville, viserait à consulter la population afin d’établir un état des lieux et de déterminer les priorités pour l’amélioration des services municipaux en français.
Du côté de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO Ottawa), l’initiative est accueillie favorablement. En entretien avec ONFR, le président de l’organisme, Bobby Bourdeau, indique que des échanges ont déjà eu lieu avec l’Hôtel de Ville.
« C’est certain qu’on accueille cette annonce avec enthousiasme. C’est une reconnaissance importante de la place qu’occupent les francophones à Ottawa et une occasion exceptionnelle de faire rayonner notre communauté non seulement ici, mais partout au Canada et à l’international. »
La question de l’héritage durable
Au-delà de la tenue d’un sommet international regroupant des représentants de plus de 90 États et gouvernements, la motion municipale mentionne la volonté de laisser un héritage pour l’ensemble de la collectivité, notamment par le renforcement des services en français et l’essor de la langue au sein des installations municipales.
Pour Bobby Bourdeau, l’étalement des démarches sur une année entière constitue un élément clé pour assurer un impact à plus long terme.
« Ce qui va être important, c’est de travailler ensemble pour que l’année laisse vraiment un héritage durable pour les générations futures. C’est bien beau un événement de quelques jours, mais là on parle de toute une année. C’est une belle façon de pouvoir laisser un legs qui va durer beaucoup plus. »
La motion prévoit également de mandater le personnel municipal afin de collaborer avec les organismes communautaires, les institutions éducatives, les acteurs culturels et le milieu des affaires pour élaborer le programme des célébrations.
« Dans la motion, c’est leur façon de pouvoir s’engager. On souhaite vraiment qu’ils concrétisent leur volonté de travailler avec les partenaires communautaires, les chambres de commerce et les différents acteurs clés pour développer la présence francophone au sein de la ville », précise le président de l’ACFO Ottawa.
Sensibilisation et visibilité
Selon l’ACFO Ottawa, cette visibilité internationale représente aussi un outil de sensibilisation. Bien que la capitale compte plus de 143 000 résidents francophones et dispose d’une politique de bilinguisme depuis plus de 50 ans, M. Bourdeau rappelle que la présence de la francophonie ontarienne demeure parfois méconnue à l’extérieur de la province.
« On le réalise de plus en plus : il y a tellement de gens qui ne savent pas qu’il y a des francophones en Ontario », observe-t-il. C’est aussi une occasion historique pour faire découvrir notre ville, faire découvrir la présence francophone qu’on a et mettre en valeur notre culture. »
La députée fédérale d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, a également exprimé son appui à la démarche municipale sur les réseaux sociaux.
« Depuis plus de 400 ans, les francophones font partie intégrante de l’histoire d’Ottawa. Ils ont contribué au développement économique de notre ville, favorisant ainsi la prospérité d’Ottawa, de l’Ontario et du Canada », a souligné la députée, qualifiant le Sommet de 2028 d’« occasion exceptionnelle pour Ottawa de mettre en valeur la richesse, la diversité et la vitalité de la langue française ».