Politique

Congrès du Parti conservateur : les militants relancent le débat du financement de Radio-Canada

Le chef conservateur Pierre Poilievre lors de la campagne électorale fédérale, le mercredi 26 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Les délégués conservateurs veulent forcer à nouveau leur parti à s’engager à mettre fin au financement de Radio-Canada lors du congrès du Parti conservateur qui se déroule du 29 au 31 janvier à Calgary, en Alberta.

Mettre fin au financement de la société d’État fait partie d’une liste de propositions qui seront débattues dans les prochains jours, lesquelles sont soit de nouvelles propositions, soit des modifications à apporter aux engagements actuels du parti. La proposition ne fait pas de distinction entre le volet anglophone et le volet francophone du diffuseur public et viendrait effacer presque complètement l’actuelle position du parti, qui définit le radiodiffuseur comme une « composante importante du système de radiodiffusion au Canada ».

Cette proposition, qui sera débattue par des milliers de délégués, est presque identique, mot pour mot, à celle soumise lors du dernier congrès en 2024. Elle est à nouveau présentée par la section albertaine du parti et se lit ainsi :

Nous reconnaissons le rôle essentiel que jouent les nouvelles et les médias au Canada et croyons qu’un cadre politique clair devrait être établi afin de :

i. assurer l’existence d’un paysage médiatique fondé sur le libre marché;

ii. réduire au minimum l’intervention et la réglementation gouvernementales dans ce marché;

iii. protéger la liberté d’expression.

Le Parti conservateur croit que la gouvernance et les activités de la SRC/CBC, à titre d’entité, devraient être assurées au moyen d’un financement indépendant et non gouvernemental.

Or, lors de la dernière campagne électorale, le chef conservateur Pierre Poilievre avait promis de « préserver les services de Radio-Canada partout au pays », soulignant que, contrairement à la CBC, la section francophone du média public n’a pas de concurrents dans le secteur privé et qu’il est donc essentiel de la maintenir.

Parmi les nouvelles propositions, les membres seront appelés à se prononcer sur un durcissement en matière d’immigration, comme une refonte du système d’asile et la fin du Programme des travailleurs étrangers temporaires, notamment dans les régions avec un taux de chômage élevé.

« En ce qui concerne le financement de CBC, ce n’est pas surprenant. Je pense que c’est une critique de fond de beaucoup de conservateurs. Sur l’immigration, c’est devenu moins surprenant, car le sujet monte partout, même chez les libéraux qui ont des politiques plus restrictives. Ce n’est plus un sujet tabou ou radioactif comme avant », analyse le professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean, Frédéric Boily.