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COVID-19 : le comté de Renfrew parmi les meilleurs en Ontario

Temps de lecture : 4 minutes

COMTÉ DE RENFREW – Alors que la COVID-19 a durement frappé les centres de soins de longue durée et les villes de l’Ontario, le comté de Renfrew compte seulement 30 cas de COVID-19 et un décès depuis le début de la pandémie. Une réussite pour l’une des 25 régions désignées par la Loi sur les services en français qui se classe parmi les meilleures en Ontario et au Canada.

Renfrew, qui compte environ 10 % de population francophone, inclut les villes de Pembroke et de Petawawa, et n’affiche aucun cas depuis le 29 juillet. Le seul décès est survenu dans un centre pour personnes âgées au début de la crise, mais depuis, la région de quelque 100 000 résidents n’affiche aucun cas.

Le fait que le Bureau de santé du comté et du district de Renfrew (RCDHU) ne compte pas les militaires de la base située à Petawawa parmi les cas aide la situation, mais quand même.

Le bureau est le troisième plus bas de la province pour le nombre de cas par million d’habitants et le 9e pour les décès par million. Comment expliquer de telles statistiques ?

« C’est un mélange de chance et de bon travail avec les gens qui travaillent dans les unités de santé, » explique Robert Cushman, le médecin en chef du RCDHU. « On a travaillé fort, mais on a été chanceux, car 40 % de nos cas sont des gens qui ont travaillé ailleurs, soit à Ottawa ou à Toronto, et qui habitent dans le comté de Renfrew. Un bon nombre de ces cas sont notamment des infirmières ou du personnel des soins de longue durée. »

L’aspect géographique de la région aide aussi, croient des résidents.

« On est un vaste territoire qui est très éparpillé et la grande partie de la population est dans de petites communautés, alors le risque de COVID-19 est beaucoup moins grand », souligne Michael Smith, le curé de la Paroisse Saint-Jean-Baptiste de Pembroke.

Le masque est obligatoire dans tous les espaces intérieurs depuis le 14 juillet.

« Tous les gens qui sortent ont leur masque », explique Lucile Tourigny, une résidente de Pembroke. « On nous a même dit qu’une fois assis, on peut enlever nos masques, mais tout le monde le garde pareil. Il faut aussi dire qu’on ne se promène pas beaucoup encore, on va peut-être au magasin une à deux fois par semaine, mais pas plus. »

La plupart des gens de la région seraient aussi très réceptifs au bureau du docteur Cushman.

« C’est un bureau de santé très proactif, je n’ai rien à redire contre eux. C’est sûr qu’ils y vont avec les informations qu’ils ont et que rien n’est parfait, car les informations changent très vite. Mais, en termes d’aide et de soutien et au niveau de leur communication avec la population, ils sont sur la coche », affirme Cynthia Garand qui vit sur la base de Petawawa avec son mari militaire.

Des résidences d’aînés sous contrôle

La province a souffert des ratés dans les centres de soins de longue durée et le gouvernement Ford a annoncé une commission indépendante, il y a un mois, mais ce n’est pas le cas à Renfrew. Sur les près de 2 000 décès en Ontario dans ces foyers, seul un provient du RCDHU.

« Notre premier cas, en mars, a été notre premier mort. Il s’agissait d’une vieille dame dans un centre, mais je crois que ce décès nous a donné une sorte de douche froide pour nous préparer au pire. Par la suite, on n’a pas eu de problème dans nos centres pour aînés. On a eu un cas avec un employé qui revenait de voyage, mais c’est tout », confie le docteur Cushman.

Le RCDHU a fait partie de la première vague des régions acceptées dans la phase 3 du déconfinement provincial. Idem pour la phase 2. Malgré tout, le déconfinement s’est passé de manière graduelle.

« Ça se fait tranquillement, tellement que le monde ne se sent même pas encore en déconfinement. Les gens ont pris l’habitude de rester à la maison. Chez les militaires, normalement, on retourne dans nos familles pour les vacances, mais cette année, je connais juste un couple qui est retourné, tous les autres sont restés ici. On n’a même pas changé de province. On reste ici et on ne prend pas de chance », explique Mme Garand.

Même son de cloche du côté du curé Michael Smith qui a vu le retour à l’église se dérouler sans problème.

« Quand les commerces ont ouvert, tous les gens étaient tellement consciencieux que le déconfinement s’est fait dans le calme. Avant la réouverture de l’église, j’étais inquiet, car j’aurais pensé que les mesures auraient été trop compliquées à mettre en place, mais en réalité, le tout s’est déroulé dans le calme. On a juste eu quelques paroissiens qui ne sont pas revenus. »

Seconde vague : prêt mais aux aguets

Alors que plusieurs experts médicaux disent redouter une possible seconde vague, les gens de l’endroit se disent prêts.

« On est inquiet d’une certaine façon, mais beaucoup moins que lors de la première vague. À ce moment-là, on ne savait pas à quoi on faisait face. On sentait qu’on n’avait un peu perdu le contrôle de notre vie, mais là c’est mieux » avoue Mme Tourigny.

Sans compter que la rentrée scolaire aura lieu dans moins de trois semaines et que toutes les écoles de la région ouvriront à temps plein.

« Je gère une garderie et j’ai 75 familles d’enfants préscolaires que je ne peux pas accepter. L’école n’est même pas commencée et déjà, les parents se demandent où ils vont pouvoir placer leurs enfants. Alors s’il y a une deuxième vague, ça pourrait être l’enfer pour certains », affirme Cynthia Garand.

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