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Débat à Timmins: l’expérience affronte la nouveauté

Les pancartes électorales des candidats progressistes-conservateurs et néo-démocrate à Timmins. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

TIMMINS – Suivant les tendances des plus récents sondages, le débat des candidats de la circonscription de Timmins s’est vite transformé en une confrontation entre les progressistes-conservateurs et les néo-démocrates. Les attaques personnelles et les vulgarités étaient de la partie pour des candidats qui n’y sont pas allés par quatre chemins, lors du débat organisé par la Chambre de commerce, mercredi soir.

DIDIER PILON
dpilon@tfo.org | @DidierPilonONFR

La passion du progressiste-conservateur Yvan Génier, inspiré d’un désir de renouveau, s’est heurtée à l’expérience calme de Gilles Bisson. Quoique l’animatrice, Cheryl St-Amour, s’est affichée bilingue sur les affiches menant à l’événement, aucune question n’a été posée en français.

En plus des candidats des trois grands partis, les organisateurs ont aussi invité Jozef Bauer du Parti libertarien, et Gary Schaap du Nord de l’Ontario Parti (NOP). Le débat s’est néanmoins joué entre Gilles Bisson, député néo-démocrate à Queen’s Park depuis 1990, et son adversaire progressiste-conservateur Yvan Génier, un ancien directeur de salon funéraire, maintenant conseiller financier.

Gilles Bisson lors du débat. Crédit: capture d’écran.

Pour sa part, Mickey Auger, candidat libéral, a touché à quelques grandes lignes des promesses libérales telles que le rapatriement des services d’entretien des routes du Nord au secteur public et l’investissement d’un milliard de dollars pour construire une route d’accès quatre saisons à la région du Cercle de feu. Toutefois, il s’est perdu à plusieurs reprises dans ses notes, a eu recours à des quantificateurs imprécis, et a même cité des chiffres qui ne s’alignent pas avec les promesses de Mme Wynne. «On engagera 5 500 nouveaux infirmiers», a-t-il affirmé alors que Mme Wynne n’en a promis que 3 500.

En somme, il a démontré une connaissance incomplète des enjeux et de la position de son parti. Lorsque questionné au sujet des programmes d’apprentis, plutôt que de souligner que le budget libéral finance 15 000 nouveaux stages d’apprentis, M. Auger a déclaré que «les jeunes de nos jours ne veulent pas travailler».

Il a aussi fait réagir par son utilisation de vulgarités. «M. Ford est un multimillionnaire qui s’en balance de toute autre personne», a-t-il lancé aux rires des spectateurs.

 

Faut-il un représentant du parti au pouvoir?

«Ça ne vaut pas la peine d’en parler à M. Bisson», s’est exprimé le candidat progressiste-conservateur, Yvan Génier dès de son discours d’ouverture, «il n’avait aucune influence sur le parti au pouvoir».

Yvan Genier lors de son discours d’ouverture. Crédit: capture d’écran.

Au début du débat, cet argument était au cœur du discours de M. Génier qui a insisté sur le fait qu’un député du parti au pouvoir est nécessaire pour représenter les intérêts de la région.

«Lors des campagnes électorales et des événements comme ce débat», a répondu M. Bisson, «on a tendance à être partisan et c’est bien correct. Mais le travail d’un député n’est pas une campagne électorale. Il faut travailler avec plusieurs organismes et les partis de l’opposition afin d’arriver à ses fins.»

M. Bisson a renchéri qu’il a travaillé avec la communauté afin de mobiliser des fonds du gouvernement libéral pour des centres de santé familiale à Kapuskasing et à Hearst, ainsi que pour un centre d’affaires, un centre de santé communautaire francophone et un centre de formation de pompiers à Timmins. «Ce ne s’est pas accompli grâce à moi seul, mais parce que la communauté s’est unie: progressistes-conservateurs, néo-démocrates et libéraux.»

M. Génier est toutefois revenu à l’assaut à maintes reprises. «Si nous sommes du côté du pouvoir, l’argent viendra beaucoup plus vite», a-t-il répondu lorsqu’interrogé sur les démarches qu’il entreprendrait pour appuyer l’industrie des ressources naturelles.

À la question suivante au sujet du financement des programmes, des services et des infrastructures à Timmins, il a répondu: «Si nous sommes du même côté que les dirigeants à Queen’s Park, on sait qu’on nous écoutera.» Mais il était certes le plus direct au moment de sa conclusion: «Votre vote à Timmins ne comptera que si vous votez pour un candidat du parti au pouvoir.»

«À mon ami du Parti progressiste-conservateur», a rétorqué M. Bisson, «méfiez-vous des sondages. Vous serez peut-être surpris à la fin de cette élection.»

Cette réponse faisait référence à la montée des néo-démocrates dans les sondages. Quoiqu’un sondage publié la veille place le Nouveau Parti démocratique (NPD) un point d’avance devant les progressistes-conservateurs, la grande majorité des sondages prévoient toujours un gouvernement majoritaire pour l’équipe de Doug Ford.

 


PROFIL DE LA CIRCONSCRIPTION*:

Population: 41 785 

Revenu total moyen:  45 821 $ (Moyenne provinciale: 47 915 $)

Proportion de francophones: 37,6 %  

Historique de circonscription Gouvernement Député Parti
Cochrane-Sud
1987-1990 Peterson (L) Alan Pope PC
1990-1995 Rae (NPD) Gilles Bisson NPD
1995-1999 Harris (PC) Gilles Bisson NPD
Timmins-Baie James
1999-2003 Harris (PC) Gilles Bisson NPD
2003-2007 McGuinty (L) Gilles Bisson NPD
2007-2011 McGunity (L) Gilles Bisson NPD
2011-2014 McGuinty (L) Gilles Bisson NPD
2014-2018 Wynne (L) Gilles Bisson NPD

Notes: L = Parti libéral, NPD = Nouveau Parti démocratique, et PC = Parti progressiste-conservateur

 

La carte montre la circonscription de Timmins. Au Nord, on voit la circonscription de Mushkegowuk-Baie James et au Sud, celle de Nickel Belt.
Le découpage territorial de la circonscription de Timmins. Crédit image: Élections Ontario

 

* Informations obtenues selon le recensement de Statistique Canada en 2016

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Didier Pilon
dpilon@tfo.org

Originaire de Rockland, Didier Pilon baigne depuis longtemps dans la vie culturelle et communautaire de l’Ontario français. Il est diplômé d’une maîtrise en philosophie politique de l’Université d’Ottawa, où il s’est initié au journalisme au journal indépendant La Rotonde. Il a aussi collaboré avec de nombreux journaux et blogues culturels avant de se joindre à l'équipe d'#ONfr en 2017 pour poursuivre sa passion, l’actualité politique.