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Déclin du français : Justin Trudeau « pas surpris », mais « préoccupé »

Temps de lecture : 3 minutes

Deux jours après les données du recensement sur la situation du français au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit « peu surpris » des résultats, mais « préoccupé » par « un déclin significatif » du français.

« Il y a certainement une grande préoccupation comme tous les Québécois et les francophones ont à travers le pays par rapport au déclin du français », a affirmé d’entrée de jeu le premier ministre vendredi en conférence de presse.

Mercredi, Statistique Canada a sorti ses données du Recensement 2021 qui ont révélé un déclin du français pratiquement partout au Canada, sauf au Yukon et en Colombie-Britannique. À l’échelle nationale, le poids des francophones passe de 22,2 % en 2016 à 21,4 % en 2021.

« Bien que cela ait été un choc de voir les chiffres, ça n’a pas été une surprise. On voit depuis plusieurs années qu’il y a des défis au niveau du français, de ce recul du français au Québec et partout dans le pays », soutient le premier ministre, qui était de passage aux Îles-de-la-Madeleine pour une annonce.

Le premier ministre s’est dit conscient que ça prend « des mesures et actions plus concertées » pour freiner la descente du français au pays.

« C’est pour ça d’ailleurs que dans notre discours du Trône, dans notre engagement de moderniser la Loi sur les langues officielles, on a pris une étape qui n’avait jamais été prise par aucun gouvernement fédéral jusqu’à présent, c’est de reconnaître que oui on a la responsabilité de protéger les langues officielles partout au pays, mais de reconnaître spécifiquement que ça inclut une responsabilité de protéger le français y compris au Québec. »

Justin Trudeau
De passage aux Îles-de-la-Madeleine pour une annonce, Justin Trudeau s’est dit peu surpris des données du Recensement 2021. Capture d’écran Youtube.

En Ontario, le poids des Franco-Ontariens est passé de 3,8 % à 3,4 % alors qu’à l’extérieur du Québec, les francophones sont passés de 3,6 % à 3,3 % par rapport à 2016.

« On a beaucoup plus à faire, mais on y est comme partenaire et comme leader dans cette protection du français que ce soit au niveau de l’immigration, au niveau des institutions, au niveau des communautés francophones à travers le pays », a reconnu le chef libéral.

Avec le Québec mais pas contre les minorités francophones

Le premier ministre a réitéré son désir de travailler avec le Québec où le poids démographique des personnes parlant la langue de Molière a diminué, passant de 79 % à 77,5 %. Le nombre de personnes utilisant l’anglais comme première langue officielle parlée a quant à lui franchi la barre du million pour la première fois depuis le premier recensement en 1971.

« C’est certain qu’on travaille avec le Québec sur la protection de la langue française ici sur le territoire, mais ce que le Québec ne peut pas faire, c’est d’assurer la protection à la grandeur du pays et donc la protection pour les communautés francophones à travers le pays qui demeure une grande priorité pour nous », a rappelé Justin Trudeau qui a évoqué en anglais « un déclin significatif ».

Questionné à savoir si ce n’était pas un mauvais moment pour contester la Loi 96 au Québec, qui vise à renforcer la place du français dans la province, le premier ministre a évoqué que cette législation puisse nuire aux francophones hors Québec.

« Il y a des parallèles directes avec la protection des minorités anglophones au Québec qui sont très différentes dans leurs dangers et dans les menaces auxquelles ils font face, mais les principes de protection pour s’assurer d’une langue française à travers le pays tiennent et nous allons toujours être là pour ça. »

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