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Des artistes franco-ontariens appellent à la mobilisation

De gauche à droite, Jean-Marc Dalpé, Marie-Clo et Stef Paquette. Montage #ONfr

Les mesures annoncées par le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford font réagir plusieurs artistes franco-ontariens qui appellent à la mobilisation en vue du 1er décembre.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Samedi prochain, dans l’une des quatre manifestations qui auront lieu à Ottawa, Marie-Clo ne devrait pas manquer à l’appel. Pour l’auteure-compositrice-interprète ottavienne, impossible d’appuyer le mouvement de résistance franco-ontarien sans se déplacer physiquement.

«La bataille n’est pas gagnée, ce n’est que le début. Et selon moi, il est impossible de dire qu’on appuie la cause, si on ne se rend pas à la manifestation.»


«Notre culture a le droit d’exister, elle est vivante et distincte!» – Marie-Clo, auteure-compositrice-interprète


Un avis que partage l’auteur-compositeur-interprète Stef Paquette, à Sudbury.

«C’est bien de chialer sur les réseaux sociaux, mais il faut aussi se montrer la face, que les gens se lèvent et se montrent physiquement. On ne peut pas dire qu’on est 600 000 francophones, si on n’est que 20 personnes à manifester. Il faut se mobiliser et j’espère que tous les artistes viendront chanter haut et fort!»

Marie-Clo et Stef Paquette ne sont pas les seuls artistes à se tenir prêts. Sur Facebook, le groupe Règlement 17 est sorti du silence, ce samedi.

«On a été silencieux jusqu’à date… On prépare de quoi pour les manifs. Pis on est vraiment heureux de voir que plusieurs de nos collègues ont pensé à la même réponse!! M Ford, tu n’as aucune idée de ce que tu viens de réveiller.»

Une liste de chansons a été mise en place sur Spotify, à l’initiative de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), pour «Rejoindre le mouvement de la Résistance en musique!»

 

Merci Doug Ford?

Les annonces, dans l’énoncé économique du 15 novembre, de la disparition du Commissariat aux services en français et de l’abandon du projet d’université de langue française en Ontario, ont aussi eu un côté positif, souligne Marie-Clo.

«En faisant ça, Doug Ford nous a réunis. Souvent, on parle des Franco-Ontariens en chiffres, mais là, on sent que ce ne sont pas que des chiffres et c’est super positif. C’est la première fois que je sens ma communauté comme ça!»

Au point de remercier Doug Ford? Stef Paquette ne va pas si loin, mais réserve ses attaques à la ministre aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

«Pour moi, le problème, ce n’est pas Doug Ford, c’est Mme Mulroney. Quand Denise Bombardier dit qu’on a quasiment disparu, on entend la ministre fédérale Mélanie Joly [Tourisme, Langues officielles et Francophonie], mais elle, on ne l’a jamais entendue! Doug Ford est premier ministre et je respecte un politicien qui dit: «On est dans la marde, il faut sauver de l’argent et je vais couper des affaires», même s’il y a des meilleures coupures à faire. Mais là non plus, on n’a pas entendu Mme Mulroney pendant plusieurs jours. Que ce soit à Amanda Simard [adjointe parlementaire de la ministre Mulroney] de réagir, je n’en reviens pas. Qu’on abolisse le poste de Mme Mulroney, car elle ne fait absolument rien!»


«Écoute Doug, appelle-moi! On va discuter où couper pour qu’on puisse avoir notre université de l’Ontario français et garder notre cher commissaire Boileau qu’on aime tant en Ontario» – Stef Paquette, auteur-compositeur-interprète


Pour l’écrivain, comédien et dramaturge originaire d’Ottawa, installé depuis longtemps au Québec, Jean-Marc Dalpé, l’issue du mouvement ne fait toutefois aucun doute.

«Nous montons de nouveau au front contre un adversaire que nous connaissons bien. Comme hier, ils cherchent à nous effacer de l’histoire. Nous les côtoyons depuis longtemps, mais nous sommes toujours là aux aguets! (…) Nous ne serons pas effacés. Non, cette histoire-là, ne pas se laisser effacer, c’est la nôtre!»

 


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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.