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Des difficultés logistiques persistantes dans le dépistage de la COVID-19

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – Alors que l’Ontario a dévoilé sa stratégie élargie de dépistage, ce vendredi, des experts provinciaux ont reconnu des limites persistantes d’ordre logistique, pointées depuis le début de la pandémie. Dépistage et traçage seront des indicateurs essentiels dans la conduite du déconfinement. La province oscille entre deux approches de réouverture de l’économie : provinciale et régionale.

« On a beaucoup de difficultés sur le plan logistique », a reconnu Matthew Anderson, président-directeur général de Santé Ontario, confirmant des « limitations en terme d’approvisionnement », lors d’une séance d’information technique, ce vendredi.

« Les dernières semaines ont été difficiles. Nous devons tirer des enseignements et continuer de modifier notre démarche », a ajouté le Dr Dick Huyer, coroner en chef de l’Ontario et directeur général de l’approche de dépistage de la COVID-19. « On a élargi notre capacité de dépistage pour améliorer la confiance du public et accompagner la réouverture de notre économie. »

Avec 131 centres de dépistage et une vingtaine de laboratoires, répartis à travers tout son territoire, l’Ontario est capable de réaliser 20 000 tests chaque jour, une cible dont la province s’est à nouveau rapprochée aujourd’hui avec 18 000 tests réalisés.

Matthew Anderson, président-directeur général de Santé Ontario. Capture d’écran ONFR+

L’Ontario s’est fixé de nouveaux objectifs afin qu’un plus grand nombre de personnes soient testées dans un plus grand nombre d’emplacements. Cette stratégie, dévoilée par la ministre de la Santé, Christine Elliott, repose sur trois volets :

  • élargissement des critères de dépistage dans les centres d’évaluation afin d’inclure dans les tests les asymptomatiques qui pensent avoir été exposés au virus ;
  • renforcement de la surveillance auprès des plus vulnérables asymptomatiques dans les foyers et refuges, et dépistage ciblé sur les lieux de travail des secteurs prioritaires ;
  • dépistage dans certains quartiers, régions, hôpitaux, établissements et lieux de travail ciblés, via des unités mobiles ou des équipes dédiées, pour prévenir les éclosions.

La province cherche ainsi à réduire le taux de transmission du virus et à prendre de vitesse les éclosions dans des endroits ou chez des sujets à risque. Elle compte sur ces données élargies pour affiner le calendrier de déconfinement et de reprise économique.

Au départ fondée sur une réouverture progressive à l’échelle provinciale, l’approche adoptée pourrait connaître un réajustement. Alors qu’il avait toujours fermé la porte à un déconfinement par région, le premier ministre a aujourd’hui ouvert la porte à une telle possibilité, alors que certaines zones de la province sont bien moins touchées par la COVID-19.

« La pire chose serait de ne pas faire preuve d’ouverture d’esprit », a plaidé, pragmatique, Doug Ford, prêt à se servir des modèles ou idées qui fonctionnent dans d’autres provinces. « Nous devons bien comprendre les risques et considérer tout le portrait », a nuancé le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, David Williams, mettant à part les zones en contact avec les États-Unis.

Frontière américaine : vers un assouplissement sous conditions

Si les inquiétudes vis-à-vis de la situation américaine demeurent, le premier ministre ontarien s’est dit également sensible aux cas de rapprochements familiaux.

« Je veux toujours un contrôle à la frontière », mais « la réunification des familles est importante pour chacun d’entre nous. »

Car Ottawa étudie, en collaboration avec les provinces, un assouplissement des restrictions pour de tels motifs, dans des « conditions extrêmement précises », a indiqué un peu plus tôt dans la journée, le premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada. Capture d’écran ONFR+

Hier, M. Trudeau s’était entretenu sur ce dossier sensible avec les premiers ministres des provinces et territoires.

Au cœur des discussions, figuraient aussi les travaux du Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, chargé de coordonner les analyses sanguines menées à l’échelle nationale, mais aussi la situation dans les foyers de soins de longue durée, révélée dans un rapport des Forces armées canadiennes.

« On doit faire mieux pour nos aînés », a relancé, ce vendredi, M. Trudeau en conférence de presse. « C’est aux provinces de regagner le contrôle, mais si la situation leur échappe, nous serons prêts à intervenir », a-t-il déclaré à propos d’un « enjeu qui préoccupe les Canadiens. »

« Il n’y a pas de solutions uniques, mais adaptées à chaque province », a-t-il ajouté.

En écho au rapport des Forces armées canadiennes et aux propos du premier ministre du Canada, Doug Ford a confirmé une révision complète du système de soins de longue durée en Ontario.

« Dès le départ, j’ai dit que j’étais responsable, mais j’ai hérité d’un système qui ne fonctionnait pas. »

Congés de maladie payés et soutien aux autochtones

Le premier ministre Trudeau a aussi parlé aux premiers ministres de son engagement à faire en sorte que chaque travailleur ait accès à dix jours de congés de maladie payés par an.

Il y a une « variété de perspectives chez les premiers ministres » mais « le gouvernement [fédéral] prendra en charge la grande partie de cet appui », a-t-il assuré.

Ottawa a par ailleurs annoncé un investissement de 650 millions de dollars pour aider les Premières Nations à faire face à la pandémie. Cette aide, qui s’ajoute au Fonds de soutien aux communautés autochtones de 305 millions de dollars, s’articule autour de trois volets :

  • 285 M$ pour financer les interventions menées par les communautés en réponse à la pandémie et augmenter de façon ciblée les ressources de soins de santé primaires
  • 270 M$ en supplément au Programme d’aide au revenu dans les réserves, notamment pour embaucher du personnel supplémentaire pour mieux servir les communautés
  • 44,8 M$ sur cinq ans pour construire 12 nouveaux refuges pour femmes et les filles autochtones qui subissent ou fuient la violence.

▶️ 344 cas et 41 décès de plus en Ontario
▶️ 27 210 cas au total (88 845 au Canada)
▶️ 2 230 décès en Ontario (6 918 au Canada)
▶️ 826 hospitalisés, 129 en soins intensifs
▶️ 680 687 tests en Ontario, dont 13 351 en attente de résultats

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