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Des Franco-Ontariens mobilisés pour aider en temps de COVID-19

Temps de lecture : 4 minutes

Le ralentissement de l’activité économique et la mise en place de mesures d’éloignement physique ne riment pas forcément avec la fin de l’activité bénévole. Si certaines tâches sont plus difficiles à effectuer en période de COVID-19, d’autres se poursuivent et de nouveaux besoins voient le jour. Plusieurs Franco-Ontariens ont répondu à l’appel.

Carol Lafrenière-Noël n’a pas attendu la COVID-19 pour faire du bénévolat. La dynamique administratrice de la page Facebook Franco-Ontariens du Nord de l’Ontario, originaire de Verner, est bénévole depuis trois ans pour la Society of Canadian Medical Students Abroad.

« J’ai étudié en communication et travaillé au développement de politiques publiques. J’aide l’organisation dans son lobbying auprès des différents paliers gouvernementaux », explique l’ancienne fonctionnaire fédérale.

La Society of Canadian Medical Students Abroad se donne pour objectif d’aider les médecins canadiens formés à l’étranger à pouvoir exercer leur métier dans leurs pays d’origine.

« C’est un milieu très contingenté. Quand ma fille a appliqué pour étudier ici, ça n’a pas marché tout de suite. Comme elle ne voulait pas attendre, elle est partie faire ses études dans les Caraïbes. Mais quand elle a voulu trouver une résidence ensuite, elle n’a pas pu revenir. Donc là, elle fait sa résidence aux États-Unis. »

Carol Lafrenière-Noël, originaire de Verner. Gracieuseté

La crise de la COVID-19 rend d’autant plus pertinente la mission de l’organisme, croit-elle, d’autant qu’il milite aussi pour faciliter l’accès au secteur médical aux nouveaux arrivants ayant exercé dans leur pays.

« On leur fait miroiter des opportunités, mais beaucoup ne pourront jamais être médecins ici, à moins de tout reprendre à zéro. Ce n’est pas honnête ! », s’insurge Mme Lafrenière-Noël. « Dans le contexte de la COVID-19, s’il y a bien un moment où nous avons besoin de toutes nos ressources, c’est maintenant. Je pense qu’il y a une opportunité. Il devient critique qu’on adapte enfin le système. »

Fabriquer son activité bénévole

Le bénévolat a toujours fait partie de la vie de Geneviève Painchaud. Agente d’immeuble et arbitre au Tribunal du Barreau dans la vie quotidienne, elle a vu son activité professionnelle ralentir ces dernières semaines. La résidente d’Orléans a alors décidé de créer sa propre activité bénévole.

« J’ai sorti ma machine à coudre et j’ai demandé à des gens de m’aider à faire des masques en tissu pour les donner dans notre communauté. Notre groupe d’une dizaine de personnes en a déjà distribué 2 000 dans Orléans. »

Mme Painchaud s’implique également au sein du groupe Facebook de bénévoles FREE Ottawa Cloth Masks for the Public qui offre gratuitement des masques pour les gens qui en ont besoin pour magasiner pour leur famille, aller à leurs rendez-vous médicaux, pour les aînés ou pour ceux qui travaillent avec le public.

« On a notamment fait un masque pour des parents dont l’enfant travaille au McDonald’s. On sent que les gens ont peur. On essaie donc d’aider. »

Depuis le début de la crise, Mme Painchaud consacre au moins 12 heures par jour à confectionner des masques. Si elle a utilisé toutes ses réserves de fil et de tissu, elle invite désormais ceux qui le peuvent à lui en déposer devant chez elle.

« Des gens m’ont contacté pour aider. Tout le monde veut participer. C’est comme pendant les inondations, il y a un élan de solidarité ! »

En lien avec son travail

Spécialiste en développement communautaire et économie solidaire au sein de son entreprise MécènESS Inc., Ethel Côté a pour sa part décidé d’étendre son activité professionnelle en bénévolat en aidant les organismes franco-ontariens dans la crise.

La spécialiste en développement communautaire et économie solidaire Ethel Côté. Gracieuseté

« Aujourd’hui, le bénévolat représente 50 % de mon activité. Habituellement, c’est 25 % », explique-t-elle.

« Mais je me suis rendu compte qu’il y avait un réel besoin. Beaucoup d’organismes se retrouvaient désemparés quant à la gestion de la crise. Beaucoup ne savaient pas quoi faire au niveau des ressources humaines. Je leur offre donc des webinaires très concrets, en expliquant les règles à suivre et en vulgarisant les mesures mises en place par les gouvernements et qui pourraient les aider. »

Une activité stimulante

Le bénévolat apporte beaucoup, insistent les trois Franco-Ontariennes qui ont accepté de parler de leur expérience avec ONFR+.

« C’est bon pour mon cerveau ! », sourit Mme Lafrenière-Noël.

Les remerciements encouragent à poursuivre, note Mme Painchaud.

« On reçoit des messages de remerciements de gens qu’on ne connaît même pas ! Hier soir, quelqu’un est venu déposer un gâteau à ma porte ! »

Pour Mme Côté, être utile est un privilège, surtout en ces temps difficiles.

« C’est ressourçant et on apprend beaucoup ! »

Des besoins à combler

Des besoins en bénévolat restent à combler à travers la province. L’Ontario met de l’avant le site internet ÉlanOntario pour les personnes intéressées. Mais certains ont été déçus de leur expérience.

« Je me suis dit que j’allais avoir du temps et que je pourrais peut-être offrir ce temps comme bénévole », raconte une professeure d’université à temps partiel, sous couvert d’anonymat.

« Je suis allée sur le site d’ÉlanOntario, mais après m’être inscrite, on m’a plus ou moins fait comprendre qu’il n’y avait rien pour moi. Peut-être parce que j’avais demandé à intervenir en milieu francophone ? Peut-être avais-je mal rempli le formulaire ? »

La Franco-Ontarienne a alors décidé de contacter sa députée provinciale, sans plus de succès, avant de se retourner vers un organisme avec lequel elle avait déjà travaillé. 

« Je vais peut-être donner quelques conférences et sessions d’information pour les aînés. Au moins, je me sentirais utile, même si j’avais envisagé mon bénévolat plus actif et plus directement impliqué dans le concret. »

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