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Destination Ontario au Maroc et en Algérie: quels bénéfices?

OTTAWA – La cible de 5 % d’immigration francophone reste toujours bien loin pour l’Ontario. Le lancement d’un Destination Ontario au Maroc et en Algérie pour 2018 pourrait tout de même être un signe positif. «Pas suffisant», estime l’expert Chedly Belkhodja.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

L’annonce du programme par la ministre des Affaires civiques et de l’Immigration, Laura Albanese, est certes un pas en avant. «Le marché du Magrheb est intéressant. Le Maroc a par exemple un bon réseau d’éducation, une population jeune qui souhaite pour certains travailler et partir au Canada. Le travail au Canada représente un pouvoir d’attraction dans ces pays-là.»

Grosso modo, la délégation ontarienne devrait se rendre au Maroc et en Algérie, et tenir des séances d’informations sur une durée de quelques jours, à raison d’une ville par journée.

Pour M. Belkhodja, directeur de l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université Concordia, l’idée ne réglera pas tout. Loin de là.

«L’ambassade du Canada a déjà d’autres mécanismes de promotions dans ces pays. À l’année longue, beaucoup d’activités sont déjà organisées. Mais Destination Ontario est une stratégie promotionnelle de deux ou trois jours dans les pays cités. C’est un moment parmi une stratégie qui doit être plus globale. C’est quand même utile pour bien présenter, les gens viennent avec beaucoup de questions.»

 

Résidences permanentes en hausse pour le Maroc et l’Algérie

Toujours est-il que ce Destination Ontario révélé la semaine dernière dans le cadre de la nouvelle entente Canada-Ontario est plutôt bien vue dans la communauté marocaine de l’Ontario. Mais les défis demeurent.

«On voit que les demandes ont augmenté ces dernières années», explique Faouzi Metouilli, président de l’Association marocaine de Toronto (AMDT). «L’Ontario est en meilleure santé économique que le Québec. Mais la langue est bien souvent le premier défi. Pour les Marocains qui parlent le français, il faut alors apprendre l’anglais une fois établis ici.»

En Ontario, un total de 75 résidences permanentes ont été accordées à des citoyens marocains d’expression française, pour l’année 2016. L’équivalent du chiffre le plus haut depuis 2010, et qui positionne le Maroc à environ 4 % de la proportion d’immigration francophone dans la province.

Le chiffre est un peu plus bas pour les Algériens. Un nombre de 50 ont choisi d’obtenir leur résidence permanente dans la province, l’année dernière.

Des données qui pourraient même être revues à la hausse, avec le jeu des migrations interprovinciales. «Dans ce contexte, l’Ontario a beaucoup reçu d’immigrants», estime M. Belkhodja

Chedly Belkhodja, directeur de l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université Concordia. Crédit image: Université Concordia.

 

Un «Destination Ontario français» toujours souhaité

Mais tout n’est pas fait une fois sur place, poursuit l’expert. «Vendre une destination, c’est quelque chose qui a toujours été fait (…) Il faut penser à l’étape 2 qui est l’accueil et l’intégration économique des immigrants. Il faut sensibiliser les employeurs, impliquer les différentes municipalités.»

Malgré le pas en avant, le Destination Ontario au Maroc et en Algérie n’est pas en encore le Destination Acadie mis en place en 2011. Depuis plusieurs mois, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) en tête et d’autres militants demandent la mise en place d’un «Destination Ontario français».

Mme Albanese a fait savoir qu’une annexe francophone plus spécifique sur l’immigration devrait être dévoilée dans les prochaines semaines.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Immigration: l’Ontario ira faire sa promotion au Maroc et en Algérie

Les défis pour les Marocains installés en Ontario

Immigration en français: l’exemple de Destination Acadie

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.