Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre . Crédit image: LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby
Société

TGV Alto : « Le gouvernement libéral fait une très bonne job à le faire dérailler », selon Poilievre

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre . Crédit image: LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby

OTTAWA — Alors qu’une manifestation est attendue aujourd’hui sur la Colline du Parlement contre le train à grande vitesse d’Alto, Ottawa se veut rassurant auprès du monde agricole, tandis que le chef conservateur Pierre Poilievre estime que le gouvernement « fait une très bonne job à le faire dérailler ».

Des producteurs agricoles et plusieurs groupes de citoyens, dont des Franco-Ontariens, sont attendus mercredi en milieu de journée sur la Colline du Parlement pour manifester contre le projet de train à grande vitesse (TGV) d’Alto reliant Toronto, Ottawa, Montréal et Québec. Selon les opposants, le projet entraînerait des conséquences néfastes sur les activités agricoles et la vitalité des communautés situées le long du tracé.

Le chef de l’opposition, Pierre Poilievre, qui doit prendre la parole lors de la manifestation, considère que le gouvernement n’a pas les moyens d’aller de l’avant avec un tel projet en ce moment.

« C’est un train qui ne va même pas servir à 95 % des Canadiens, il va détruire des fermes à travers l’est de l’Ontario et les régions du Québec pour un train qui va passer, mais pas servir les villes dans les régions », a-t-il critiqué mercredi en conférence de presse au Parlement.

Il soutient que le projet coûterait jusqu’à 8000 $ par famille de quatre, invitant le gouvernement à se concentrer sur l’abordabilité plutôt que sur un « grand éléphant blanc de 90 milliards de dollars pour enrichir les libéraux ».

« Je crois que le gouvernement libéral fait une très bonne job à le faire dérailler », estime le chef conservateur à propos du projet.

Alors que des propriétaires de fermes et des municipalités de l’Est ontarien veulent bloquer la voie à Alto par les airs et la terre, le ministre des Transports, Steven MacKinnon estime « faire preuve d’un grand respect et d’une grande écoute ».

« Je comprends le sentiment des agriculteurs face à leurs terrains, à leurs fermes. Je suis moi-même issu d’une famille agricole, donc je comprends ces préoccupations-là et on va les traiter une par une », ajoute-t-il.

M. MacKinnon soutient que la société chargée du TGV et le gouvernement continueront de « consulter jusqu’à ce qu’on soit capables d’annoncer le tracé précis ».

« Je ne m’empêcherai pas d’aller à la rencontre du monde agricole et des organisations agricoles… Nous allons être à l’écoute des milieux, dont le monde », a dit le ministre du gouvernement Carney.

L’estimation du coût par Alto, oscillant entre 60 et 90 milliards de dollars, est contestée, notamment au sein de la classe politique, mais Steven MacKinnon a refusé de garantir que le coût ne dépasserait pas ces prévisions.

« L’emplacement d’une seule gare peut influencer, et de beaucoup, l’estimation qui est donnée pour un tronçon d’un projet. N’ayant pas encore choisi le tracé précis final, il reste des inconnues, voire des impondérables », a-t-il mentionné mercredi dans les couloirs du Parlement.

Des municipalités bloquent Alto

Au cours des dernières semaines, de nombreuses municipalités de l’Est ontarien ont voté des motions pour empêcher l’accès de la société d’État à des terrains municipaux, à l’instar des maires des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR). Alto réclamait une autorisation d’accès à plusieurs parcelles de terrain appartenant aux CUPR pour y mener des examens biologiques et physiques au cours du printemps et de l’été 2026.

Il en va de même du côté des agriculteurs : certains ont reçu plusieurs lettres du consortium fédéral demandant l’autorisation d’accéder à leurs terres pour des tests de sol et des inventaires archéologiques. Alto assure de son côté que l’accès aux terrains demeure sur une base volontaire. L’adoption récente du projet de loi C-15 octroiera néanmoins à la société d’État un pouvoir d’expropriation envers les propriétaires, limitant ainsi considérablement leurs moyens de contestation.