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Doug Ford doit agir pour freiner la baisse de population francophone

Le commssaire aux services en français, François Boileau, lors de son symposium sur l'avenir de la francophonie ontarienne Archives #ONfr

TORONTO – Si le gouvernement de Doug Ford n’agit pas pour augmenter l’immigration francophone en Ontario pendant son mandat à la tête de la province, les conséquences seront majeures pour la communauté franco-ontarienne, s’entendent plusieurs intervenants du Symposium du Commissariat aux services en français, ce lundi. L’événement se veut «apolitique», mais la crise linguistique teinte grandement les discussions.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Les données ne sont pas des plus réjouissantes. Quand on regarde l’évolution des données du recensement, on voit une chute plus marquée de la population franco-ontarienne jusqu’en 2028», affirme Mariève Forest, présidente et chercheuse principale Sociopol.

La proportion de francophones en Ontario diminuerait pour s’établir entre 3,9 % et 4 %. Ceci représente une diminution du poids des francophones de 4,7 % en 2016 et à 4,8 % en 2011. Des taux qui se situent dans le meilleur des scénarios, si le maximum est fait par le gouvernement.

Selon Mme Forest, il n’y a pas de doute: l’assimilation fait des ravages. «Nous attribuons cette baisse à la mobilité linguistique, il y a un décrochage de plusieurs francophones vers l’anglais. De l’assimilation, au détriment du français», ajoute-t-elle. «Notre recommandation s’adresse à la ministre déléguée aux Affaires francophones: elle doit mobiliser son cabinet et développer des actions pour réduire cette baisse de la population francophone», tranche Mme Forest.

En quatre ans, le gouvernement Ford a le pouvoir d’assurer la pérennité de la population francophone en sol ontarien ou de nuire grandement à son émancipation, ont indiqué plusieurs intervenants de l’événement organisé par François Boileau, commissaire aux services en français de l’Ontario.

«Les projections sont là, inéluctables. Il importe d’agir dès maintenant. Et cette action doit être concertée avec les intervenants communautaires, coordonnée entre partenaires ministériels et gouvernementaux tout en étant mesurable et en définissant des indicateurs de rendement clairs», a affirmé François Boileau dans son discours d’ouverture devant des centaines d’acteurs sociaux, politiques et gouvernementaux.

 

L’éducation comme arme contre l’assimilation

«Le gouvernement ne peut intervenir directement dans les foyers afin d’encourager les couples exogames à parler français à la maison. Cela dit, il peut agir dans certains secteurs très précis, notamment la gestion du continuum de l’éducation», a-t-il poursuivi.

Sans vouloir attaquer de manière frontale le gouvernement Ford, il a fait passer son message. «Il devient impératif d’accroître les possibilités de formation en français au niveau du postsecondaire, surtout dans les régions comme le Centre, où l’immigration densifie la population francophone», a-t-il affirmé.

François Boileau doit répondre à la proposition du gouvernement Ford, faite vendredi, qui compte créer un poste de commissaire aux services en français au sein du bureau de l’ombudsman, plus tard en journée.

 

Inquiétudes dans le public

Dans l’assistance, plusieurs intervenants ont fait part de leur inquiétude sur la suite des choses. «Le commissaire a demandé qu’on ne fasse pas de politique, ça ne sera pas facile, mais on va essayer!», a lancé Alain Dobi.

«Nous avons beaucoup entendu les chiffres. Nous devons faire plus d’efforts pour avoir plus d’immigrants francophones», a-t-il indiqué. «Il faut arriver à dire à nos enfants, même s’il n’y a pas d’université francophone en Ontario, il faut continuer de parler français», a-t-il renchéri.

François Hastir, directeur du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), affirme qu’il faut aussi que les acteurs sociaux et politiques agissent davantage pour retenir les étudiants internationaux.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.