Paul Calandra, le ministre de l'Éducation de l'Ontario, espère que cette nouvelle plateforme d'apprentissage aidera à garantir que les élèves apprennent le curriculum de manière plus cohérente à travers la province. Photo : compte X officiel du ministre Calandra
Politique

Éducation : 60 millions pour une nouvelle plateforme d’apprentissage numérique

Paul Calandra, le ministre de l'Éducation de l'Ontario, espère que cette nouvelle plateforme d'apprentissage aidera à garantir que les élèves apprennent le curriculum de manière plus cohérente à travers la province. Photo : compte X officiel du ministre Calandra

TORONTO – Le ministre de l’Éducation investira 60 millions de dollars dans une nouvelle plateforme d’apprentissage en ligne, qui donnera aux enseignants accès à des ressources éducatives alignées au curriculum de l’Ontario. Une modernisation pour le gouvernement, tandis que l’opposition officielle dénonce une « commercialisation » de l’éducation au profit d’une multinationale désignée comme fournisseur des ressources unique, et une absence de concertation.

Le ministre de l’Éducation Paul Calandra, qui continue sur sa lancée pour réformer le système scolaire en Ontario, a annoncé ce lundi matin qu’une nouvelle plateforme numérique d’apprentissage à destination des enseignants serait lancée dès septembre prochain.

Le projet, au coût 60 millions de dollars, consiste en une centralisation assez inédite des ressources pédagogiques, de la 1re à la 12e année, via la plateforme privée Edwin de Nelson Education, fournisseur sélectionné après un appel d’offres.

Le personnel enseignant choisira parmi le matériel pour trouver des plans de leçon clés en main ou pour créer leurs propres outils interactifs ou présentations, avec du matériel téléchargeable et imprimable, explique la communication officielle.

« En donnant accès aux enseignants à des ressources de haute qualité alignées sur le curriculum, nous veillons à ce que les élèves apprennent le curriculum de l’Ontario de manière plus cohérente à travers les 72 conseils scolaires », a déclaré Paul Calandra, ministre de l’Éducation.

Ce dernier espère que le personnel enseignant aura davantage la main sur les progrès des élèves pour pallier les défis individuels plus rapidement et que les conseils scolaires et la province auront une image plus claire de la performance des élèves à travers l’Ontario.

Le corps enseignant pris au dépourvu, selon le NPD

Interrogée par ONFR sur cette nouvelle mesure, la députée et critique en Éducation du NPD, Chandra Pasma (Ottawa-Ouest-Nepean) n’en avait pas été informée au préalable.

La députée rapporte normalement recevoir un breffage des ministères lorsqu’un nouveau projet de loi est déposé, mais que rares sont les échanges de ce type avec le ministère de l’Éducation.

« Cela est tombé de nulle part. En discutant avec des enseignants ce matin, il semble que ce soit une surprise totale pour eux aussi, remarque-t-elle. C’est l’une de mes grandes préoccupations : lorsqu’on parle de ce qui se passe en classe et des ressources que les enseignants peuvent utiliser ou souhaitent avoir, cela devrait faire l’objet d’une discussion qui inclut les enseignants. »

Celle-ci déplore également le fait que les enseignants n’aient désormais que deux mois pour se préparer à ces changements avant la rentrée, et en pleine pause estivale.

De son côté pour les francophones, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a indiqué que la priorité restait que le personnel enseignant soit bien outillé et accompagné pour répondre aux besoins des élèves francophones.

« Nous déplorons toutefois l’absence de consultation du terrain et des partenaires francophones. Une initiative de cette importance devrait s’appuyer sur l’expertise du personnel enseignant et respecter son jugement professionnel », a regretté l’organisation, qui souhaite suivre ce dossier de près.

Centralisation du matériel pédagogique

Autre inquiétude exprimée par l’opposition officielle à Queen’s Park, celle de la centralisation des ressources via un fournisseur privé unique « imposé » par le gouvernement, alors qu’auparavant il y en avait une liste.

« L’entreprise (Nelson) appartient à trois firmes multinationales de gestion de patrimoine. Nous parlons donc de sociétés qui existent uniquement pour faire de l’argent. Ce sont elles les propriétaires de cette entreprise qui détient désormais un contrat exclusif dans les écoles de l’Ontario. »

« C’est la suite d’une tendance à la centralisation du contrôle par le ministère, qui retire le pouvoir de choisir des enseignants ainsi que leur jugement professionnel », s’indigne Chandra Pasma.

Le communiqué officiel du gouvernement précise que l’équipe de mise en œuvre d’Edwin de Nelson Education collaborera avec les conseils scolaires en vue de fournir du matériel de formation et des séances de démonstration en ligne.

Par ailleurs, le personnel enseignant pourra continuer à utiliser du matériel éducatif complémentaire qui est approuvé par le conseil scolaire.

Article mis à jour le 23 juin à 16h55.