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Égalité salariale homme-femme: dépôt d’un projet de loi

La première ministre l'Ontario, Kathleen Wynne. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – Le gouvernement ontarien a déposé, mardi 6 mars, un projet de loi afin de forcer les entreprises à être plus transparentes quant aux salaires offerts aux femmes. L’Ontario est la première province à légiférer de la sorte.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

S’il est adopté, le projet de loi forcera les employeurs à afficher «clairement» le taux de rémunération ou l’échelle salariale pour les postes et à interdire les représailles contre les employés qui renégocient ou divulguent leur salaire.

Ce projet de loi a été présenté dans le cadre d’une nouvelle stratégie ontarienne pour l’autonomisation économique des femmes.

Les mesures contenues dans le projet de loi s’appliqueront pour les employés du secteur public et seront par la suite étendues aux entreprises de plus de 500 employés.

«Lorsque des femmes subissent davantage de harcèlement, de violence, de pauvreté et de discrimination, c’est préjudiciable à notre économie et à notre société», a dit la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, pour expliquer la raison de ce projet de loi.

Mme Wynne a rappelé qu’encore aujourd’hui, un grand nombre de femmes se heurtent à des obstacles nuisant à leur épanouissement économique.

Le ministre du Travail, Kevin Flynn, note que l’Ontario est la première législature canadienne à présenter un projet de loi de la sorte.

«Notre gouvernement est déterminé à éliminer les obstacles à l’emploi, à combler l’écart salarial entre les sexes et à aider toutes les femmes à contribuer à notre économie», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Un investissement de 50 millions de dollars sur trois ans est associé à cette nouvelle stratégie.

 

Un pas dans la bonne direction

La présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), Lily Crist, estime que l’annonce faite par le gouvernement de Mme Wynne est un pas dans la bonne direction.

«D’obliger les employeurs à divulguer le salaire va changer la donne. Ce ne sera plus l’utilisation des uns contre les autres pour rabaisser les femmes», a-t-elle expliqué en entrevue à #ONfr.

La présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), Lily Crist. Crédit image: AFFC

Selon elle, d’autres juridictions canadiennes devraient s’inspirer du projet de loi ontarien puisque cette loi va avoir un impact auprès des femmes.

Elle note cependant que bien du travail reste à accomplir afin de réduire les inégalités et plus particulièrement afin de «rattraper» l’écart déjà existant entre les femmes et les hommes.

 

Un bémol selon le NPD

Cindy Foster, députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario et critique en matière de Travail, d’Équité et de Main d’oeuvre, met un bémol quant au projet de loi gouvernemental.

«Les travailleuses devaient atteindre l’équité salariale il y a déjà de nombreuses années», se désole-t-elle.

Mme Foster estime que la loi ne va pas assez loin et déplore particulièrement le peu de consultations faites par le gouvernement jusqu’à présent.

 

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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.