Passer au contenu Passer au pied de page

Élections fédérales : la « grande » réalité de Nickel Belt

Temps de lecture : 5 minutes

NICKEL BELT – Avec une population plus âgée que la moyenne canadienne, la circonscription de Nickel Belt fait face à plusieurs enjeux reliés au vieillissement de la population comme l’accès aux soins de santé, mais aussi aux infrastructures tel que l’internet. La course s’annonce chaude entre le député libéral sortant Marc Serré et le NPD dans cette circonscription du Grand Sudbury.

Nickel Belt, c’est aussi l’une des plus grandes circonscriptions fédérales en Ontario avec une superficie de près de 26 000 kilomètres carrés. Près de 17,5 % de la population est âgée de 65 ans et plus. Le député sortant Marc Serré fait face principalement à la candidate du NPD Andréane Chénier, une Franco-Ontarienne vivant à Hanmer depuis près de 15 ans.

Pour la représentante néo-démocrate, c’est la « mauvaise réponse » pandémique du gouvernement Trudeau qui l’a motivée à se présenter.

« À la place d’utiliser le principe, que quand tu ne sais pas c’est quoi le danger, tu mets les contrôles de sécurité les plus sévères en place et une fois que tu es assuré de la sécurité, tu les baisses, nous autres (le Canada), ce n’est pas ça qu’on a fait du tout. On a exigé une preuve de danger avant de faire quelque chose », dénonce-t-elle.

La candidate du NPD dans Nickel-Belt, Andréane Chénier. Gracieuseté

Son adversaire libéral dit n’avoir « aucun problème » à défendre son bilan dans la région, affirmant avoir fait son devoir au cours des six dernières années, en étant « partout » dans sa circonscription.

« Je suis vraiment heureux de dire que les 48 petites communautés partout dans le Nickel-Belt n’ont jamais eu autant de fonds du gouvernement fédéral dans le passé. Que ce soit les groupes d’âges d’or, les groupes communautaires, le logement, les Premières Nations. Il y a eu des fonds partout dans la communauté. Je suis vraiment fier de défendre cela comme mon record. »

Pour la représentante du NPD, plusieurs enjeux apparaissent dans sa circonscription, mais un en particulier ressort : « la façon dont on traite nos personnes âgées », lance la mère de famille.

« Dans Nickel Belt, les gens sont terrifiés à l’idée d’aller dans les soins de longue durée. D’un autre côté, on n’a pas assez de services pour qu’ils puissent rester à la maison. Ils doivent se battre juste pour équilibrer leur budget, car ils sont obligés de payer pour des médicaments comme leur insuline. Des aînés m’ont dit qu’ils font des rations de leur insuline parce que, sinon, ils se retrouvent à l’hôpital. »

Pour Marc Serré, le logement et l’accès aux soins de santé pour les aînées dans la circonscription à 38,4 % de francophones est quelque chose de « vraiment important ».

« Le service pour les aînés est vraiment un point important dans Nickel Belt et j’y ai travaillé étroitement depuis ma motion pour développer une stratégie nationale pour les aînées. Alors, sortir les personnes âgées de la pauvreté, c’est vraiment important. »

Le député sortant de Nickel-Belt Marc Serré. Gracieuseté

Accès à l’internet

Avec une moyenne de 3,5 habitants par kilomètre carré, Nickel Belt se retrouve au 299e rang sur les 338 circonscriptions canadiennes. Cette grandeur amène certaines difficultés, notamment au niveau de l’internet.

« On a eu plusieurs projets ici qui ont été annoncés concernant la bande passante, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Évidemment, le territoire dans le Nord de l’Ontario est immense et la population est diversifiée et c’est le secteur privé qui délivre l’internet et non le gouvernement. C’est vraiment important pour moi et le fédéral de travailler avec la province. »

Le manque d’internet à haute vitesse, c’est notamment une réalité accentuée chez les Premières Nations. Le libéral se dit « fier » du travail qu’il a accompli auprès des Premières nations pour développer l’économie et des infrastructures comme la bande passante.

« Pour la première fois, ce sont les Premières Nations qui décident et non le gouvernement fédéral. C’est vraiment important qu’on travaille avec les Premières Nations. En même temps, il ne faut pas leur dire ce qui est bon pour eux. Je suis fier du travail qu’on a fait, mais il y a quand même un très grand boulot pour continuer la réconciliation. »

Pour Andréane Chénier, les actions que propose le Parti libéral en termes de réconciliation avec les Premières Nations auraient dû être faites lors du mandat majoritaire du gouvernement Trudeau.

« C’est un manque d’actions et de rapidité d’action. Ils nous ramènent aux mêmes enjeux en disant que cette fois-ci, ils vont le faire s’ils ont une majorité. S’ils voulaient bouger, le NPD était prêt à soutenir le gouvernement libéral. Les choses qu’ils ont dit qu’il voulait faire, ils ont voté contre quand le NPD a amené les projets de loi. Pourquoi ils n’ont pas posé les actions quand ils avaient une majorité ? » reproche-t-elle.

De la frustration pour l’élection

Cette dernière croit en ses chances de percer dans la région francophone, qui a souvent basculé entre les néo-démocrates et les libéraux au cours de son histoire électorale.

« Les gens sont très frustrés qu’il y ait des élections. J’ai entendu ça, de très poli à très impoli », s’esclaffe-t-elle. « Ils me disent qu’on aurait pu payer pour d’autres choses avec ce 650 millions de dollars qu’on va dépenser. »

Si pour le libéral sortant, la frustration d’une élection est apparue à quelques reprises aux portes-à-porte, ce n’est pas la principale chose.

« Les gens me disent qu’ils sont écœurés de la chicane politique.  »Travaillez ensemble », je l’entends beaucoup. D’ailleurs, je suis fier de notre gouvernement qui a travaillé étroitement avec les provinces au cours des dernières années. Je l’entends aussi au niveau local :  »Travaillez ensemble, on a besoin de logements, on a besoin de développement économique ». On me parle aussi beaucoup de toxicomanie et du support pour les itinérants. »

ONFR+ a tenté à plusieurs reprises d’avoir une entrevue avec le candidat conservateur de la région Charles Humphrey, mais la requête n’a jamais été acceptée. Dans la plateforme de la troupe d’Erin O’Toole, on s’engage à connecter tous les Canadiens à l’internet haute vitesse d’ici 2025, notamment la mise en place de la large bande dans les régions rurales.

Pour les aînés, le parti propose de doubler l’Allocation canadienne pour les travailleurs jusqu’à concurrence de 2 800 $ pour les particuliers et de 5 000 $ pour les familles. Le parti soutient que cela aidera les aînés qui décident de continuer à travailler après leur retraite.

« Cela offrira une augmentation salariale de 1 $/heure aux aînés à faible revenu pour ceux qui décident de travailler à temps partiel pour augmenter leur revenu de retraite », peut-on lire.

Pour ceux qui ne vont pas sur le marché du travail, les bleus veulent modifier « le crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire en augmentant la limite de 10 000 $ par logement à 10 000 $ par personne ».

Principaux candidats en lice : Andréanne Chénier (Nouveau Parti démocratique) Marc Serré (Parti libéral du Canada) Charles Humphrey (Parti conservateur du Canada) Craig Gravelle (Parti vert du Canada) David Hobbs (Parti populaire du Canada)

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !