Passer au contenu Passer au pied de page

Enfants testés : longue attente et casse-tête pour les parents

Temps de lecture : 4 minutes

« Vingt-quatre heures, au plus 48 heures », l’information du centre de dépistage au Brewer Park d’Ottawa était claire. Au total, Caroline Etter a attendu une semaine les résultats du test de COVID-19 de sa fille de 11 ans. Verdict final : test négatif, sauf qu’entre-temps, il a fallu rester en isolement préventif.

Cette mère de famille se serait en réalité bien passée du test.

« Ma fille souffre d’allergie saisonnière, ce qui lui fait couler du nez. Lundi de la semaine dernière, j’ai reçu un appel de l’école [École élémentaire catholique Saint-Guillaume, à Vars] pour venir chercher ma fille, car elle avait un écoulement du nez. J’avais pourtant prévenu l’école dès la première journée de rentrée de ses allergies, mais il fallait quand même la retirer, et passer un test de COVID-19. Mardi, ce fut de nombreux échanges de courriels, et mercredi, le stress pour prendre un rendez-vous dans un centre de dépistage. »

Les directives des conseils scolaires sont claires : le résultat doit être négatif pour autoriser un retour à l’école.

Si aujourd’hui, sa fille est retournée dans les salles de classe, le rythme à la maison a été chamboulé tout au long de la semaine.

« Je suis juriste, donc je peux m’arranger et travailler de la maison, mais je suis consciente que beaucoup de parents n’ont pas cette chance. Ma fille, de son côté, est restée une semaine à la maison sans travaux scolaires à faire, si ce n’est qu’une petite heure par jour. »

Le dénouement heureux n’efface par la frustration de cette mère.

« Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est m’a dit qu’ils attendaient des directives pour un plan d’isolement des enfants. Je remarque aussi que les centres de dépistage donnent des informations contradictoires. On nous a dit de nous isoler, mais certains parents ayant fait un test pour leurs enfants n’ont pas reçu cette consigne d’isolement. »

Une augmentation des cas inquiétante 

Les chiffres transmis par Santé publique Ontario corroborent cette inquiétude. Hier, l’agence provinciale a enregistré 700 nouveaux cas quotidiens, le chiffre le plus haut depuis le début de la pandémie.

Si les données sur les hospitalisations restent en revanche très en deçà du printemps dernier, la surcharge habituelle des centres médicaux durant l’hiver laisse planer une menace réelle.

APRÈS UN TEST NÉGATIF

Selon Santé publique Ontario, « les élèves qui reçoivent un résultat négatif au test de dépistage de la COVID-19 ou qui ont vu un fournisseur de soins de santé qui leur a diagnostiqué une maladie autre que la COVID-19, peuvent retourner à l’école dans les cas suivants : s’ils n’ont plus de fièvre depuis 24 heures, si les autres symptômes s’améliorent ».

Le gouvernement précise qu’il n’est pas « nécessaire » d’avoir un mot du médecin ou une preuve d’un résultat négatif au test pour permettre un retour à l’école.

Charles Désabrais, à Ottawa, n’a pas eu la chance de connaître les résultats du test de sa belle-fille. « Ma conjointe et moi en sommes au sixième jour d’attente. »

Tout a commencé mardi dernier par des symptômes de fièvre ressentis par la jeune fille.

« On s’est rendu à la clinique sur Heron, on a attendu une heure, mais c’était plein. On a donc décidé de se rendre à l’Hôpital Montfort, où nous avons attendu six heures pour faire le test. Le centre de dépistage nous a dit que les résultats du test prendraient 24 heures… Devant l’attente, Santé publique Ottawa nous a dit d’appeler le médecin, mais lui n’a pas les résultats ! C’est frustrant de se faire renvoyer la balle et de se faire trimballer ! »

En attendant, M. Désabrais, placé en isolement préventif avec sa conjointe, ronge son frein.

« On n’a pas la possibilité d’inscrire notre fille pour les cours en ligne, donc on lui donne quelques exercices. De mon côté, je suis pompier volontaire, je ne peux donc plus répondre à un appel. Mais pour nous, le plus gros problème est celui de la garde partagée. Notre fille devait théoriquement revoir son père dimanche dernier. Cela n’a pas pu se faire. »

Et de conclure : « Beaucoup de parents n’auront pas la possibilité de retirer quatre, cinq ou six fois leurs enfants de l’école durant l’année scolaire ! »

Un temps d’attente très variable 

Quatre, cinq, six jours, parfois une semaine. L’appel à témoignages lancé par ONFR+ sur Facebook a reçu une soixantaine de réponses, toutes mentionnant un temps d’attente diffèrent pour les résultats au fameux test.

À Rockland, le résident Sébastien Genest a été vite servi.

« Mardi dernier, ma fille s’est réveillée avec un mal à la gorge. Ce n’était donc pas possible qu’elle se rende à l’école Sainte Trinité. À la clinique de Rockland, ils m’ont dit de venir seulement si elle avait au moins trois symptômes. Nous sommes donc allés à la clinique Casselman. Le test a été fait en une heure, et ils m’ont appelé pour nous informer des résultats 48 heures plus tard ! »

Sur Facebook, à la suite de notre appel, Véronique Meloche écrit : « Triste à dire, mais au prochain rhume, mieux vaut attendre que le ou les symptômes cessent plutôt que d’attendre les résultats. Dès qu’il y a test, il y a une note au dossier médical et ça bloque le retour en classe. »

Crédit image : Sturti/E+ via Getty Images

Pour Carolle Rose, cette situation d’attente des tests ne limite pas aux enfants.

« Je suis enseignante dans une école d’immersion (…) J’ai fait le test sur le site du bureau de santé. Ça disait de ne pas aller au travail. Je me suis rendue dans un centre de dépistage. Je ne peux pas retourner au travail avant d’avoir mon résultat et de ne plus avoir mon mal de gorge. Ça risque de prendre plusieurs de nos journées de maladie. Une de mes collègues est dans la même situation. Ceci n’aide pas la situation dans notre école. »

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
3+