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Face à la pandémie, l’Ontario dans une période de transition

Temps de lecture : 2 minutes

[ANALYSE]

TORONTO – Enfin, l’Ontario respire. Les derniers jours, la province a enregistré quotidiennement moins de 300 nouveaux cas de COVID-19. Une diminution en comparaison des semaines précédentes où la courbe épidémique ne bougeait pas.

Autres indicateurs positifs : il y a maintenant moins de 3 000 cas actifs en Ontario, contre plus de 5 000 au plus fort de la crise, fin avril. Dans les foyers de soins de longue durée, les éclosions sont aussi à la baisse, bien que les 1 786 décès dans ces établissements constituent un bilan effroyable.

Dans ces conditions, le gouvernement Ford a profité de la fin de semaine pour amorcer la phase 2 du déconfinement.

Cette réouverture, moyennant des mesures de distanciations drastiques, concerne les terrasses des bars et restaurants, mais aussi les salons de coiffure, les centres d’achat, les musées et bibliothèques, les plages provinciales, et les terrains de camping publics et privés. Les régions de Toronto et une partie du Centre-Sud-Ouest qui génèrent la grande majorité des cas, ne sont cependant pas incluses dans cette nouvelle étape.

En revanche, les garderies sur l’ensemble du territoire ont bien la possibilité de rouvrir depuis vendredi dernier.

La fin du tunnel donc ? Les chiffres encourageants, compilés à l’arrivée de l’été, et l’actualité dominée par les manifestations anti-racistes, donnent l’impression que la crise sanitaire est derrière nous.

Les conséquences économiques à venir

La prudence doit être de mise. D’une, car la baisse du nombre de cas ne s’inscrit pas encore dans une tendance sur plusieurs semaines. Par ailleurs, cette maladie nouvelle reste mal cernée par les meilleurs médecins. La fameuse « seconde vague » décrite çà et là est une réalité, à l’heure où de grands foyers de population comme l’Amérique du Sud, l’Inde ou encore la Russie ne parviennent pas à endiguer l’épidémie.

Mais dans son combat contre le coronavirus, l’Ontario se situe dans une période de transition. Si la propagation du virus diminue bel et bien, les effets sur l’économie seront considérables. D’ailleurs, la province a enregistré en mai un taux de chômage de 13,6 %.

Le pic de la crise économique reste loin du fait de la distribution de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) aux Canadiens ayant perdu leur emploi à la suite de la COVID-19, mais aussi des aides du gouvernement fédéral aux entreprises. Autant de coups de pouce financiers qui ne seront pas éternels.

L’enjeu de l’investissement pour relancer l’économie

À cet égard, les prochaines semaines révéleront les capacités des restaurants et bars à remonter la pente après trois mois de fermeture.

Les garderies sont un autre exemple. Limités dans leur capacité d’accueillir des enfants, et contraints d’investir dans de nouveaux équipements de protection, les services de garde vont affronter une période difficile. Incapable de leur promettre une aide financière, le premier ministre, Doug Ford, n’a pour le moment pas dissipé les inquiétudes.

Face à la tempête produite par la COVID-19, le chef du gouvernement, au moment de dévoiler son énoncé économique, avait d’ailleurs préféré miser sur des reports d’impôts plutôt qu’un investissement massif. Il y a quelques jours, M. Ford n’avait pas caché son agacement devant la volonté fédérale d’étendre à dix jours les congés de maladie.

Scrupuleux sur les dépenses, M. Ford n’aura peut-être pas le choix de mettre à son tour la main à la poche pour protéger les travailleurs. La clé pour une relance économique passera bel et bien par le moral des ménages et la consommation.

Cette analyse est aussi publiée sur le site du quotidien Le Droit du 15 juin.

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