Le Franco-Manitobain Daniel Boucher récompensé par la francophonie canadienne
[ONFR À WINNIPEG]
WINNIPEG — Le Franco-Manitobain Daniel Boucher, administrateur de longue date au sein de la francophonie manitobaine, a été honoré jeudi soir par la francophonie canadienne pour son implication à faire avancer la langue française en milieu minoritaire.
La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, qui représente les quelque deux millions de francophones hors Québec et ses organisations membres d’est en ouest du pays, a remis jeudi soir ses prix annuels dans le cadre de son congrès. Daniel Boucher a ainsi reçu le prix Boréal Leadership devant une salle avec une centaine de personnes.
« C’est tout un honneur. Je suis vraiment, vraiment touché », affirme en entrevue M. Boucher, qui a passé plus de trois décennies au sein de la Société de la francophonie manitobaine (SFM).

Il a été le directeur général de l’organisme représentant les francophones de cette province de l’Ouest pendant plus de 30 ans. M. Boucher considère que les avancées effectuées par la SFM au cours de ces années ont contribué à cet honneur, qu’il ne s’attendait « pas du tout » à recevoir.
« Avec la communauté, les bénévoles et notre équipe, on a pu lancer l’initiative d’agrandir l’espace francophone en 2001. On a fait des États généraux en 2014. On a eu aussi la Loi sur les services en français dans la province. On a laissé une marque dans la communauté », souligne-t-il avec fierté.
Autre lauréat : FrancoQueer, l’association francophone des personnes 2SLGBTQIA+ de l’Ontario, a obtenu le prix Boréal Inclusion.
« C’est une fierté de tout le travail qui est fait à FrancoQueer, et puis une reconnaissance, je pense, de l’impact qu’on a dans la communauté », commente son directeur général, Arnaud Baudry.
L’organisme basé à Toronto, qui souligne son 20e anniversaire de fondation, explique que près de 250 personnes immigrantes 2SLGBTQIA+ francophones ont pu profiter de services d’établissement « pour les accompagner aussi dans leur travail de reconstruction et d’affirmation identitaire ».
« C’est vraiment important, par exemple, pour les personnes qui viennent de pays où l’homosexualité est illégale. Aussi, l’an passé, par exemple, on a livré plus de 200 activités qui ont rassemblé 5000 participants », mentionne Arnaud Baudry.
Ahdithya Visweswaran s’est quant à lui vu décerner le prix Boréal-50 pour son engagement au sein de la francophonie albertaine et canadienne.


« C’était une belle surprise, je ne m’attendais aucunement à ça. Puis surtout comme personne qui a beaucoup questionné sa place dans la francophonie, c’est une façon qui m’a donné de la validation que oui, tu as ta place », signale-t-il.
Ce dernier est le directeur, Affaires publiques et politiques chez Canadian Parents for French, l’organisme national qui milite pour des programmes de français langue seconde de qualité, incluant l’immersion française.
« J’y pensais ce matin, puis j’étais comme : Pourquoi moi? », admet-il en riant.
« J’ai toujours été quelqu’un pour qui… ça vient de ma culture indienne, ça s’appelle le Seva. C’est le lien à sa communauté. Ça fait partie de mes valeurs, mes parents m’ont inculqué cette valeur-là. Puis pour moi, ma communauté, c’est la francophonie. J’ai fait ce qui était naturel pour moi, puis ils ont pensé que c’était digne d’une reconnaissance », raconte-t-il.
L’Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC) a de son côté remporté le prix Boréal Rapprochement « en reconnaissance de ses efforts de maillage entre les milieux collégiaux au Québec et au sein des communautés francophones et acadiennes ».
Réunion annuelle
La FCFA était de passage à Winnipeg, dans une province où la francophonie s’est trouvée sous les projecteurs dans la dernière année.
« C’est dans le cadre de nos rencontres que l’on fait annuellement, et on a choisi de venir au Manitoba, justement pour appuyer tout le mouvement envers un Manitoba véritablement bilingue », explique sa présidente, Liane Roy, en référence au premier ministre Wab Kinew qui ne cesse de répéter son désir de voir sa province être « véritablement bilingue ».
Les organisations membres de la FCFA sont réunies de jeudi à samedi à Saint-Boniface, le cœur de la communauté francophone de Winnipeg.
« Ce sont nos rencontres habituelles où on parle des enjeux et où on discute avec nos membres pour voir ce qu’ils veulent qu’on fasse, s’il y a des dossiers qu’on doit ajouter. C’est là qu’on les informe aussi d’où on est rendus dans nos dossiers politiques et juridiques, et comment on fait progresser tout ça », explique-t-elle.
Liane Roy a été réélue par acclamation à la tête de l’organisme porte-parole des francophones hors Québec en mai dernier. Mais le conseil d’administration de l’organisation, qui a fêté son 50e anniversaire l’an dernier, pourrait voir de nouveaux visages alors que près de 23 candidats sont en lice pour cinq postes. L’assemblée annuelle de l’organisme a lieu samedi.