Fournitures scolaires : accusé de surfacturer les enseignants, Staples s’engage à rectifier le tir
TORONTO – Choisi par le gouvernement pour équiper les enseignants en fournitures scolaires, le géant américain Staples, qui a été accusé de surfacturer les enseignants via la nouvelle plateforme, s’est engagé à égaliser ses prix. Une controverse qui ravive la polémique sur le choix du fournisseur, décrié par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) et l’opposition officielle.
Depuis le 1er septembre, les enseignants de l’élémentaire ont accès à une enveloppe de 750 dollars annuelle pour équiper leur salle de classe avec les essentiels du quotidien comme les fournitures de bureau, papier, matériel d’art plastique, etc. C’est Staples qui a été choisi par le gouvernement Ford suite à l’appel d’offres lancé.
Or, des enseignants de l’Ontario qui se sont connectés au nouveau portail gouvernemental pour les fournitures scolaires ont rapporté que certains produits étaient moins chers sur le catalogue grand public de l’enseigne.
Dans une déclaration, Staples s’est défendu, assurant que les prix des 200 articles, identifiés par un symbole vert sur le portail du Fonds pour les fournitures scolaires à l’adresse eway.ca, sont les plus bas offerts chez Staples.
« L’entreprise s’engage à veiller à ce que ces articles complémentaires soient vendus à un prix égal ou inférieur à celui affiché en magasin ou en ligne chez Staples. »
« Si un enseignant trouve un produit plus cher sur le portail qu’en magasin ou sur le site de Staples, une ligne téléphonique dédiée a été mise en place pour rectifier l’écart. Les enseignants sont invités à composer le 1-866-839-9901, et Staples s’assurera d’égaler le prix », a promis le géant de la bureautique.
Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, avait assuré la veille en conférence de presse à Hamilton que les 200 produits les plus courants sélectionnés pour les salles de classe étaient les moins chers du marché, avant de concéder que le système ne peut pas être parfait dès le premier jour, tout en assurant que cela va s’améliorer.
Un choix discutable pour les syndicats et l’opposition officielle
Plusieurs syndicats ont critiqué le recours à une firme américaine en plein contexte de tensions commerciales, et de la hausse des prix par rapport aux anciens portails des conseils scolaires.
« C’est préoccupant, particulièrement dans le cadre d’un programme qui se veut justement avantageux pour les écoles, le personnel enseignant et les élèves », a commenté Gabrielle Lemieux, la présidente de l’AEFO.
Elle ajoute qu’elle aurait préféré que le gouvernement fasse le choix d’un fournisseur local plutôt que d’une entreprise détenue par des intérêts américains.
« Staples a depuis indiqué que ces écarts seraient corrigés et qu’elle ajusterait les prix pour s’aligner sur les prix plus bas offerts sur son site ou en magasin (…) Nous allons néanmoins suivre la situation de près afin de voir si les correctifs annoncés se traduisent réellement par des prix concurrentiels pour celles et ceux qui feront des achats dans le cadre de ce programme », s’engage Mme Lemieux.
La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’Éducation, Chandra Pasma (Ottawa-Ouest—Nepean), réclame que le gouvernement annule son entente relative aux fournitures scolaires conclue avec Staples.
« C’était un mauvais accord dès le départ, a-t-elle déclaré. Forcer les enseignants et le personnel de l’éducation de l’Ontario à dépendre d’une seule entreprise américaine pour leurs fournitures scolaires n’a jamais eu de sens. Découvrir que Staples leur facturait des montants plus élevés sur le portail provincial serait difficile à croire si cela ne ressemblait pas autant à la façon de faire du gouvernement Ford. »
Elle estime que le gouvernement provincial doit prendre au sérieux son propre mandat d’achat local, et demande davantage de financement pour le secteur de l’Éducation. « Mieux encore : investissez réellement dans nos salles de classe pour que les enseignants et le personnel éducatif n’aient pas à se démener pour acheter eux-mêmes leurs fournitures. »