Une enveloppe annuelle de 750 $ octroyée aux enseignants pour la salle de classe
ETOBICOKE – Chaque enseignant de l’élémentaire recevra désormais une carte d’achat annuelle de 750 dollars, via un nouveau fonds pour les fournitures de classe, annonce ce mercredi le ministre de l’Éducation Paul Calandra.
Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, aux côtés du premier ministre Doug Ford et du ministre des Finances Peter Bethlenfalvy, a annoncé la création d’un nouveau fonds pour les fournitures scolaires, inclus dans du budget de 2026 qui sera déposé le 26 mars prochain.
Les enseignants de l’élémentaire recevront un montant annuel de 750 dollars sous forme de carte d’achat. Cette somme servira à l’acquisition de matériel pédagogique selon le niveau scolaire (articles d’écriture, cahiers, calculatrices, matériel d’arts plastiques, ou encore articles d’hygiène comme des mouchoirs).
La carte que les enseignants recevront sera accompagnée d’instructions d’accès à nouveau site internet provincial offrant une sélection d’articles scolaires courants, avec livraison directe aux écoles.
Les commentaires du personnel enseignant de l’élémentaire et des conseils scolaires orienteront la sélection des fournitures mises à leur disposition, précise le communiqué de presse officiel.

« Nous savons que de nombreux membres du personnel enseignant paient de leur poche pour des fournitures. Ce n’est pas équitable pour eux ni pour les élèves », a souligné le ministre Calandra.
« Ne serait-il pas plus simple d’augmenter le financement en éducation ? », a alors suggéré la journaliste du Toronto Star Kristin Rushowy, en période des questions.
Paul Calandra de répondre que « ces fonds ne vont pas toujours dans chaque salle de classe. C’est pourquoi nous remettons ces sommes directement entre les mains du personnel enseignant. »
« C’est ce dont les enseignants ont besoin », appuie Doug Ford, martelant que la priorité reste la salle de classe.
Suite à certaines questions des reporters, Doug Ford a accusé les médias de mentir au public, en véhiculant la rhétorique d’une baisse des budgets alloués à l’éducation en Ontario.
Prenant la parole, le ministre des Finances a soutenu l’inverse : « Le financement par élève a augmenté de 30 % depuis notre arrivée (…) rien de tout ça n’a d’importance si ça ne va pas directement aux professeurs, et c’est ce que nous faisons. »
Le gouvernement soutient que le financement en éducation pour 2025‑2026 atteindrait des niveaux sans précédent, avec un investissement de 30,3 milliards de dollars dans le budget de base de l’éducation.
Pas le plus grand défi des enseignants selon l’AEFO
En entrevue avec ONFR, Gabrielle Lemieux, la présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) estime qu’il s’agit d’une bonne solution, car c’est en effet problématique quand des enseignants doivent s’assurer eux-mêmes que les classes soient bien outillée.
« Mais le matériel scolaire n’est pas le plus grand défi des enseignants, nuance celle-ci. À plus grande échelle, il nous faut un financement durable en éducation. »
Celle-ci déplore n’avoir jamais été consultée en tant qu’organisme, confiant même n’avoir jamais obtenu de rencontre avec le ministre Calandra, peu disponible pour les parties prenantes, selon elle.
« Il y a de plus en plus d’élèves dans le système, et un sous-financement général. Les enseignants disent bien que les besoins dans les écoles augmentent plus rapidement que le financement qui est donné. »
« Ce nouveau fonds soulève une autre inquiétude : est-ce que cela va être vu comme un investissement en éducation et de ce fait un prétexte pour baisser d’autres budgets ailleurs ? Les conseils vont-ils recevoir moins d’argent? On veut rester vigilants », conclut la présidente.
La critique du NPD en matière d’Éducation, Chandra Pasma, a déclaré que cette mesure ignore le sous-financement chronique du système. Selon elle, les élèves ont besoin de classes plus petites et d’avantage de personnel de soutien pour réussir et non des cartes d’achat.
Même son de cloche du côté des Libéraux, qui critiquent la levée des limites de taille des classes et le sous-financement chronique de l’éducation spécialisée. Pour eux, l’urgence n’est pas aux fournitures, mais à l’embauche de 10 000 bras supplémentaires sur le terrain.