Hélène Dallaire et la relève reçoivent les distinctions de la 25e soirée du Mérite Horace-Viau
SUDBURY – La metteure en scène et enseignante Hélène Dallaire a reçu, mercredi soir, le Mérite Horace-Viau lors d’une cérémonie organisée par les Clubs Richelieu du Grand Sudbury au Centre communautaire Edgar-Leclair d’Azilda. Cette 25e édition de l’événement a également donné lieu à la remise des Prix Jeunesse Richelieu à trois étudiants de la région : Sami Kaidi, Marie-Christabelle Beïbro et Luca Chartrand.
C’est avec humilité qu’Hélène a reçu son prix « Je suis honorée, ça me touche […] il y en a beaucoup qui pourraient mériter ça. J’ai même cherché les critères sur Internet parce que je me demandais ce que j’avais fait pour mériter ça », a-t-elle confiée en entrevue avec ONFR.
Mme Dallaire a enseigné le théâtre à l’École secondaire Macdonald-Cartier, a été professeure à l’Université Laurentienne et a signé plus d’une quinzaine de mises en scène pour le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO).

Elle figure sur la liste des 50 personnalités culturelles influentes récemment répertoriées par le Conseil des arts de Sudbury. Son parcours avait également été souligné par une proclamation officielle du maire de la ville déclarant une journée en son honneur le 1er février 2025.
Pour la lauréate, la pratique théâtrale en milieu minoritaire remplit une fonction sociale précise : « J’ai toujours pensé que le théâtre c’était très rassembleur. C’est un endroit où on apprenait à se connaître où on apprenait à travailler ensemble ».
Elle poursuit actuellement ses activités au niveau communautaire avec la mise sur pied de projets théâtraux sous forme d’ateliers.

« Une légende »
L’artiste franco-ontarien Stef Paquette, récipiendaire de ce même mérite en 2003, s’est déplacé pour l’occasion après avoir donné un spectacle à Hanmer.
Arrivé juste à temps pour assister à la remise du prix, il a tenu à saluer le travail de l’ombre de la lauréate, rappelant qu’elle l’avait elle-même recruté pour enseigner au sein de la Majeure Haute Spécialisation (MHS) en arts de la scène à l’école Macdonald-Cartier.
« Hélène Dallaire, c’est une légende […]. Je trouve ça bizarre que j’aie reçu le mérite Horace-Viau avant [elle]. »

Il a réitéré son respect pour son parcours : « C’est impossible de ne pas rester marqué après avoir côtoyé Hélène Dallaire. Elle a pavé des chemins qui n’existaient pas. Elle ne cherche pas la lumière, elle ne cherche pas les éloges. C’est l’humilité complète. »
Hélène Dallaire rejoint ainsi la prestigieuse liste de lauréats sur laquelle on retrouve Michel Lavoie, récipiendaire en 2025, Germaine Paquette (2024), Jacques Babin (2023) et Joanne Gervais (2022).
De la Côte d’Ivoire à l’entrepreneuriat
Le volet jeunesse a mis à l’honneur trois jeunes, dont Marie-Christabelle Beïbro, finissante de 12e année à l’École secondaire Macdonald-Cartier. Arrivée de la Côte d’Ivoire il y a trois ans, elle s’est investie dans le conseil d’élèves de son établissement.
« Je suis très reconnaissante qu’on m’ait choisie comme candidate pour ce prix de reconnaissance », avoue celle qui n’a pas caché son émotion lors de la remise du prix.
Malgré un objectif initial centré sur l’apprentissage linguistique de l’anglais lors de son arrivée au Canada, elle a choisi de s’investir dans le milieu francophone. Elle a également fondé une entreprise de pâtisserie à la suite d’un projet scolaire, une activité qu’elle indique mener par passion, parallèlement à son objectif de faire des études en médecine.

« Je voulais partager ma passion de la pâtisserie que j’aime beaucoup. À la base, c’est un projet pour l’école, mais maintenant j’y vois une opportunité à long terme de mener une entreprise à mon propre compte. »
La francophonie sur tous les terrains
« Je suis très honoré de recevoir ce prix parce que j’ai travaillé fort dans la communauté, et je suis content que ça ait été vu par quelqu’un », lance Sami Kaidi, élève de 12e année à l’École secondaire Hanmer.
Le jeune homme s’est aussi illustré par l’organisation d’une « Journée des nations » dans son école afin de sensibiliser à la diversité culturelle et aux réalités des minorités racisées.
« C’était vraiment pour encourager la diversité, pour sensibiliser les gens à voir les autres cultures au monde et les cultures racisées ici à Sudbury comme les Ukrainiens, les Indiens, les Palestiniens […] On a fait ceci avec une exposition de plats traditionnels, puis des diaporamas pour éduquer les gens au sujet de choses assez cool. Ensuite, on les a laissés voter pour celui qui était leur préféré. »

Le jeune homme rêve de devenir pharmacien et d’ouvrir une officine offrant des services intégraux en français afin de pallier le manque de services bilingues en ville : « J’aimerais ça pouvoir avoir une pharmacie complètement francophone, parce que je trouve qu’il n’y a pas assez d’options francophones ici. »
Une implication multigénérationnelle
Âgé de seulement 15 ans, Luca Chartrand, élève de 10e année à l’École secondaire du Sacré-Cœur, s’implique dans la radio étudiante de son école et comme bénévole au Camp Soleil.
Ce prix revêt pour lui une symbolique particulière : « C’est un honneur pour moi personnellement, mon grand-père, il est un Richelieu ça fait longtemps que je regarde ce prix comme un but pour moi et surtout pour ma francophonie. »
Celui qui est un habitué de tous les événements culturels de Sudbury qu’il fréquente avec sa maman s’oriente vers le métier de plombier et souhaite offrir des services bilingues pour répondre aux besoins de la communauté.
« J’aimerais être un plombier bilingue parce que c’est mieux d’offrir des services en français parce que je veux pouvoir desservir des personnes originaires de l’Afrique, par exemple, qui parlent juste le français à leur arrivée à Sudbury. »

Sudbury sur la scène internationale en 2028
La soirée a également été marquée par une annonce de la part des organisateurs : la ville de Sudbury accueillera le Congrès Richelieu International en 2028. Cette attribution s’inscrit dans une tradition historique locale voulant que le Nord de l’Ontario se positionne sur la scène internationale tous les 20 ans.
Les responsables ont rappelé à ce titre le parcours de Woilford Whissell, un Sudburois ayant accédé à la présidence internationale du mouvement pour le mandat 1986-1987, une fonction occupée de nouveau par un représentant local en 2008-2009.
L’événement de 2028 marquera ainsi les 20 ans du dernier grand rayonnement international de la ville sous l’égide du mouvement Richelieu.