#Francophonie, #Ontario

Immigrants français et Pvtistes: aide nouvelle pour l’emploi

TORONTO – Les Français qui débarquent en Ontario, comme immigrant ou encore avec un PVT (Permis Vacances Travail), peinent bien souvent à se dénicher un boulot à la hauteur de leurs attentes. Une nouvelle initiative vise à les aider dans leurs recherches et à s’assurer que leurs diplômes soient davantage reconnus.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«L’entente que nous avons signée doit faire en sorte que les Français qui viendront ici auront les meilleures connaissances possibles pour chercher du travail, de sorte qu’ils réussiront leur implantation professionnelle et donc leur projet d’immigration», explique Marc Trouyet,  consul général de France à Toronto.

Le nouvel accord de collaboration d’aide en employabilité des Français en Ontario a été signé avec la Société Économique de l’Ontario (la SÉO, anciennement connue comme le RDÉE-Ontario). L’organisme ontarien doit travailler davantage avec les Français qui viennent en Ontario, mais aussi faire avancer les intérêts français en misant sur ses bonnes relations avec le gouvernement.

 

Quatre grands axes de la nouvelle entente:

  • Une meilleure diffusion de l’information: l’entente doit permettre de renseigner les Français sur les opportunités économiques et d’emplois. L’objectif sera de mieux accompagner les Français dans leurs démarches d’emploi, notamment en leur expliquant les particularités canadiennes
  • Une reconnaissance des diplômes: un travail sera effectué par la SÉO au nom du Consulat de France à Toronto pour permettre une meilleure reconnaissance des diplômes des Français en Ontario, mais aussi des francophones de d’autres pays qui détiennent des diplômes d’établissements français
  • De la visibilité pour les histoires à succès: plusieurs Français réussissent bien leur intégration à la société ontarienne et l’entente mise sur une meilleure diffusion de ces récits sur les médias sociaux
  • Un accompagnement de la jeunesse française: le consulat de la France à Toronto dit vouloir davantage «partager les rêves des jeunes» en les accompagnants dans leurs démarches et en ayant une meilleure connaissance de leurs besoins et de leur profil

Sur la question de la reconnaissance des diplômes français, le consul de France à Toronto explique que des barrières nombreuses demeurent dans plusieurs sphères professionnelles.


«Il y a trois domaines où il y a des enjeux et où il faut plus de reconnaissance: le milieu éducatif, le domaine de la santé et celui de l’ingénierie. Il y a des vraies compétences en France et il faut travailler à améliorer la mise en relation de l’offre et de la demande» – Marc Trouyet


Les détenteurs de Permis Vacances Travail font aussi face à plusieurs obstacles à l’intégration en Ontario. «On a constaté qu’ils ont plus de difficultés que d’autres à accéder à des services comme migrants temporaires, même si une bonne partie d’entre eux souhaitent possiblement rester», affirme M. Trouyet. Il rappelle que les PVT sont plus en demande que jamais auprès des Français de moins de 35 ans. Mais seulement 6 550 sont émis chaque année. «Environ un millier viennent en Ontario. La plupart sont encore au Québec, mais c’est peut-être parce que le Québec reconnaît plus leurs diplômes», lance le consul.

Plusieurs Pvtistes atterrissent donc dans des emplois au sein de grandes chaînes de restauration rapide, bien loin de leurs domaines de compétences. «Il n’y a pas de sot métier, mais en même temps pour réussir son intégration, il vaut mieux pouvoir exercer sa compétence professionnelle», souligne le consul.

 

Le coup de main de la SÉO

La SÉO officialise sa relation avec le Consulat de France de Toronto pour plusieurs raisons, explique Denis Laframboise, vice-président de l’organisme.

«C’est un partenariat économique, mais la France ne nous paye pas pour mener cette initiative. On voit que beaucoup de Français immigrent au Canada et on ne veut pas qu’ils aillent tous au Québec, surtout que l’Ontario a une cible de 5% d’immigrants francophones», souligne-t-il.

M. Laframboise ne cache pas que la mise en place de nouveaux projets peut éventuellement se matérialiser en nouvelles subventions pour l’organisme. «Notre organisme veut aller plus loin. A-t-on besoin d’un peu plus de sous? Est-ce que le gouvernement pour atteindre sa cible en immigration francophone va nous donner plus d’argent? Par exemple, récemment, on a signé un partenariat avec l’Institut de la Francophonie pour le développement durable et ce n’est pas non plus financier. Mais avec le temps, on peut éventuellement obtenir des subventions ou aller chercher de l’argent du privé», explique-t-il.

L’un des premiers enjeux sur lequel la SÉO va s’activer sera la reconnaissance des diplômes, dit-il. «Il faut convaincre les associations de reconnaître leurs diplômes et la SÉO a la crédibilité nécessaire en matière d’immigration économique», dit M. Laframboise.

La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Marie-France Lalonde, se dit sensible à cette réalité et son gouvernement est prêt à discuter de cette problématique. «Plusieurs immigrants se retrouvent dans une situation où leurs diplômes ne sont pas reconnus. Sous le règne de l’ancen premier ministre, Dalton McGuinty, il y a eu du travail fait pour les médecins étrangers. C’est toujours décevant, quand on arrive ici avec plein d’espoirs et que l’équivalence de diplômes n’est pas là. Mais il y a du travail de fait pour y voir», insiste-t-elle.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.