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«Je ne serai plus la première ministre», admet Wynne

Kathleen Wynne
La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – Nouveau coup de théâtre, samedi matin, à cinq jours du scrutin provincial. La première ministre sortante, Kathleen Wynne, a d’ores et déjà reconnu la défaite de son parti.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Manifestement très émue en conférence de presse à Toronto, cherchant parfois ses mots, la première ministre sortante s’est voulue lucide.

«Nous sommes dans la dernière ligne droite de cette campagne électorale, et je voulais juste dire quelques mots sur ce qui nous attend, et mon point de vue sur la décision laissée aux électeurs. Le 7 juin, les électeurs choisiront un nouveau gouvernement. Je ne sais pas qui les électeurs choisiront, mais je suis assez certaine que ce ne sera pas moi.»

Et de conclure: «Après jeudi, je ne serai plus la première ministre de l’Ontario, et ça me va.»

Mme Wynne refuse toutefois de donner sa voix aux deux autres partis. La première ministre sortante affirme, par exemple, que M. Ford a promis «de supprimer 40 milliards de dollars de services gouvernementaux et prétend que cela peut être fait sans coûter un seul emploi». Quant au Nouveau Parti démocratique (NPD), Kathleen Wynne qualifie leur plan de «risqué et irréaliste».

«Un vote libéral peut signifier tellement», précise-t-elle. «En votant libéral, vous pouvez empêcher le prochain gouvernement conservateur ou néo-démocrate, d’agir de façon trop extrême, d’une manière ou d’une autre. En votant libéral, vous pouvez tenir le prochain gouvernement, conservateur ou néo-démocrate, responsable devant vous. En votant libéral, vous empêchez Doug Ford ou le NPD d’obtenir un chèque en blanc.»

 

Ford pas surpris, Horwath lance un appel

De passage à Ottawa, le chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, Doug Ford, tout sourire, ne s’est pas montré surpris.

Doug Ford, lors de son passage à Ottawa. Crédit image: Benjamin Vachet

«Ce sont les élections du changement. Les gens sont fatigués de 15 années de scandales, de mauvaise gestion libérale, de gaspillages et de voir la province s’endetter. Ils sont frustrées de payer des taxes aussi élevées.»

Puis, de marteler son programme électoral: «On va se concentrer à remettre l’argent dans les poches des Ontariens, baisser leurs coûts d’électricité, leurs taxes et le prix de l’essence. On va créer une prospérité comme la province n’en a jamais vue. On a une équipe incroyable à travers la province, nous sommes prêts à gouverner!»

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Andrea Horwath, a pour sa part appelé les électeurs à faire barrage à Doug Ford, le 7 juin prochain, critiquant la stratégie de Mme Wynne.

«Rassemblons-nous tous ensemble pour empêcher les coupures de Doug Ford et ses projets de privatisations. (…) Kathleen Wynne a abandonné la bataille contre les coupures de M. Ford. Sa demande pour un gouvernement minoritaire vise simplement à lui permettre de continuer à garder le pouvoir à Queen’s Park, ce que les électeurs ont déjà dit qu’ils ne voulaient pas. Elle joue un jeu dangereux. Un vote libéral ne contribuera pas à faire élire un gouvernement minoritaire, il donnera plutôt une majorité à Doug Ford. Et ça, on ne peut pas se le permettre!»

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois, le 2 juin à 14h07.

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.