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« Je veux mettre de la chair sur la politique sur les services en français » – Sheila Risbud

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Sheila Risbud est la nouvelle présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

LE CONTEXTE :

Élue le 19 octobre pour un mandat de deux ans, Sheila Risbud succède à Marc Arnal à la tête de l’organisme porte-parole des Franco-Albertains. Elle a remporté les élections avec 388 votes contre 252 pour Annie McKitrick, selon les chiffres de Radio-Canada. Représentante des relations gouvernementales pour une entreprise minière et pétrolière, Mme Risbud vit en Alberta depuis les années 80. 

L’ENJEU :

Ces derniers mois, l’actualité de l’ACFA a été marquée par une controverse entourant l’ancien président de l’organisme, Marc Arnal. Ce dernier était visé par des allégations de harcèlement et d’ingérence, mais un rapport, réalisé par un groupe de consultants engagé par l’ACFA, l’a finalement innocenté il y a quelques jours.

Pour la nouvelle présidente, il faudra donc rétablir la confiance en interne et bâtir une bonne relation avec le gouvernement de Jason Kenney afin de faire avancer les revendications franco-albertaines.

« Vous avez remporté les élections à la présidence de l’ACFA en fin de semaine dernière, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je me sens contente et privilégiée d’avoir été choisie pour ce rôle. Ça fait longtemps que je cherche un moyen de me réengager dans le monde associatif franco-albertain. Je l’étais par le passé, mais avec trois enfants et un travail à temps plein, il y a un moment où j’ai dû faire une pause. Aujourd’hui, deux de mes enfants sont à l’université et j’ai donc plus de temps à y consacrer. Et puis, quand j’ai vu qu’il n’y aurait vraisemblablement pas d’élection à la présidence, j’ai décidé d’y aller. Je pense avoir des choses à apporter.

Quelles sont vos priorités comme nouvelle présidente ?

Il y a un grand besoin de rassemblement au sein de la francophonie albertaine. Celle-ci a beaucoup évolué ces dernières années, elle s’est diversifiée et beaucoup de nouveaux organismes ont vu le jour. Nous devons travailler tous ensemble avec les mêmes objectifs, car quand vient le temps de revendiquer, c’est bon de s’unir. Je vais donc travailler avec le conseil d’administration là-dessus. On veut aussi regarder le plan de développement global qui a été réalisé et choisir ensemble sur quoi on va insister, car je pense que pour bien faire, il faut choisir où concentrer nos efforts.

Le nouveau conseil d’administration de l’ACFA devra aussi se prononcer sur la vente éventuelle de l’hebdomadaire Le Franco, dont l’organisme est propriétaire. Quel est votre point de vue sur ce dossier ?

Je n’ai pas de position personnelle là-dessus, car je n’ai pas encore eu accès à tous les détails. Nous allons essayer de vite prendre une décision, tout en prenant le temps de bien comprendre et regarder le dossier. On veut trouver la meilleure option dans l’intérêt et pour répondre aux besoins de la communauté.

Vous héritez d’une situation difficile avec, ces derniers mois, des allégations contre votre prédécesseur, Marc Arnal, et la démission de cinq membres du conseil d’administration…

C’est sûr qu’il y a eu différentes opinions et façons de voir la gouvernance ces dernières années. Mon objectif est de rebâtir les relations. Je regarde vers l’avenir. Nous avons un conseil d’administration positif avec beaucoup d’enthousiasme pour y parvenir.

En 2017, l’ancien gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley avait adopté une première politique sur les services en français. Comment voyez-vous les relations avec le gouvernement du Parti conservateur uni ?

Nous allons déjà avoir une idée avec le budget provincial [le budget albertain a été présenté le 24 octobre, après que cette entrevue ait été réalisée], mais je ne suis pas inquiète pour le moment. Nous recevons des signaux positifs et la ministre responsable du Secrétariat francophone [Leela Aheer, députée de Chestermere-Strathmore] est très dévouée. Nous voulons travailler avec le gouvernement pour mettre de la chair autour de la politique qui a été adoptée en 2017. »

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