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Joly remplacée par l’Acadienne Ginette Petitpas Taylor aux Langues officielles

Temps de lecture : 3 minutes

L’Acadienne Ginette Petitpas Taylor sera la ministre des Langues officielles dans le cabinet Trudeau. Cette dernière remplace Mélanie Joly qui se dirige au ministère des Affaires étrangères après près de six ans à s’occuper en partie du dossier des francophones hors Québec.

Élue en 2015, la députée de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas Taylor, a notamment été ministre de la Santé par le passé en plus d’être secrétaire parlementaire du ministre des Finances. C’est une diplômée de l’Université de Moncton. C’est un retour au cabinet pour cette dernière après son passage à la Santé entre 2017 et 2019. Elle hérite aussi du portfolio de ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.

C’est un départ pour Mélanie Joly, elle qui obtient une grosse promotion, remplaçant ainsi Marc Garneau. C’est la cinquième fois en six ans qu’un nouveau ministre est nommé à la tête des Affaires étrangères.

« La nommer là, ça veut dire que M. Trudeau a une très grande confiance en Mme Joly, c’est peut-être le deuxième poste en termes d’importance au sein du cabinet. Mais c’est une déception pour les francophones hors Québec, car c’était une grosse alliée de la francophonie canadienne. C’est là (aux Langues officielles) qu’elle s’est révélée et qu’elle s’est battue pour le financement des universités avec l’Université de l’Ontario français, La Laurentienne et l’Université de Sudbury. Elle a vraiment porté sur ses épaules ce dossier-là, donc ne plus la voir est une perte », avance la politologue de l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier.

Ginette Petitpas Taylor, députée néo-brunswickoise et ministre des langues officielles. Source : Twitter Ginette Petitpas Taylor

Parmi les gros dossiers de sa successeur, il y a celui de la modernisation de la Loi sur les Langues officielles alors que les libéraux ont promis de la moderniser dans les 100 premiers jours de leur mandat.

« Il faudra voir la lettre de mandat de Mme Petitpas Taylor, mais je pense que ça ne devrait pas traîner et elle devrait aller de l’avant avec ce dossier-là assez rapidement. Elle devrait le déposer rapidement pour le faire adopter d’ici le printemps. Il y a des étapes d’ici là, mais c’est de bonne augure », croit Roger Ouellette, politologue à l’Université de Moncton.

Oui le départ de Mme Joly fait mal, mais l’arrivée d’une Acadienne à la tête de ce ministère n’est pas anodin non plus, rappelle Mme Tellier.

« Ce n’est pas inintéressant l’Acadie, car on parle beaucoup des problèmes en Ontario et dans l’Ouest avec le postsecondaire, mais ce sont les mêmes problèmes au Nouveau-Brunswick surtout avec un gouvernement provincial peu ouvert à la francophonie. L’Université de Moncton a de gros problèmes comparables à ce qu’on vit en Ontario et avec le Campus Saint-Jean en Alberta. »

Pour le professeur de l’Université de Moncton, il n’ y aura pas de grandes différences entre la relation qu’ont les libéraux avec le gouvernement de Blaine Higgs et le fait de nommer une Néo-Brunswickoise aux Langues officielles.

« La ministre fédérale s’occupe des dossiers sur les langues officielles à Ottawa et de la loi fédérale, tandis que le Nouveau-Brunswick a sa propre loi sur les langues officielles et on a hâte de voir comment elle sera renouvelée. En autres mots, Mme Petitpas Taylor n’a pas à transiger sur quoi que ce soit avec M. Higgs. C’est son propre portefeuille au fédéral ».

Après plusieurs années au Langues officielles, Mélanie Joly devient ministre des Affaires étrangères. Archives ONFR+

Beaucoup de mouvements

À l’Environnement, Jonathan Wilkinson se voit remplacé par le Québécois Steven Guilbeault alors que le poste de ministre de la Défense est confié à la députée d’Oakville Anita Anand, remplaçant ainsi Harjit Sajjan. L’ex-astronaute Marc Garneau quitte quant à lui Ottawa et perd ainsi le ministère des Affaires étrangères pour se diriger à Paris comme l’ambassadeur canadien selon divers médias.

La députée de Thunder Bay-Superior-Nord, Patty Hajdu, perd le ministère de la Santé pour devenir ministre des Services aux Autochtones. Elle est remplacée par le Québécois Jean-Yves Duclos. C’est Sean Fraser qui devient ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, remplaçant ainsi Marco Mendicino qui va remplacer Bill Blair à la Sécurité publique. La députée francophone d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, devient présidente du Conseil du Trésor.

Parmi les autres députés francophones, on peut notamment compter les Québécois Pascale St-Onge (Sports), François-Philippe Champagne (l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie), Pablo Rodriguez (Patrimoine canadien), Diane Lebouthillier (Revenu national), etc.

Au total, le cabinet libéral compte 38 ministres avec neuf nouveaux visages en plus de comporter un nombre égal de femmes et d’hommes.

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