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Kapuskasing: Alan Spacek défend son bilan

Le maire sortant de Kapuskasing, Alan Spacek. Montage #ONfr

KAPUSKASING – Trois mandats. Un total de douze ans au pouvoir. Comme maire de Kapuskasing, Alan Spacek a eu une influence importante sur le visage actuel de cette ville d’un peu plus de 8 000 citoyens. Il ne se représente pas. Si certains des candidats à sa succession critiquent son bilan, il le défend avec vigueur.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«On a pris certaines décisions qui ont été mauvaises, comme le système énergétique de l’aréna [voir plus bas], mais le conseil a travaillé en équipe. Et on ne peut pas avoir raison 100 % du temps. Personne n’est parfait, mais en général, on a pris de bonnes décisions au cours des dernières années», affirme Alan Spacek, sans détour, lors d’une entrevue téléphonique avec #ONfr.

Les derniers mois de son mandat ont été entachés par un scandale impliquant un projet de panneaux solaires, où la Ville se serait fait dérober 800 000 $. Les accusations à ce sujet contre l’ancien administrateur de la Ville et le propriétaire d’une entreprise de panneaux solaires font l’objet d’un procès et devront être prouvées en cours.

«C’est une histoire très triste, très troublante», admet le maire, qui ne peut en dire plus au sujet des procédures judiciaires ou encore du contexte qui aurait pu permettre à cette fraude de se produire. Mais contrairement à ce que plusieurs candidats à la mairie laissent sous-entendre, la Ville n’a pas réellement perdu cet argent», révèle M. Spacek. «La municipalité n’a rien perdu, car nous avions une assurance-cautionnement. Nous avons récupéré l’argent grâce à nos assurances. Cependant, les retombées positives de ce projet ont été repoussées», indique-t-il.

L’entente de 20 ans, qui permet à la Ville de recevoir des revenus du projet de panneaux solaires, sera payante, assure le maire. «Il reste 17 ans, et nous allons recevoir des centaines de milliers de dollars en revenus», insiste-t-il. «Il y a eu des controverses, c’est vrai. Mais on a créé une source stable de revenus», se réjouit-il.

 

Des finances dans une «situation raisonnable»

Comment se portent les finances de la Ville? «Elles sont dans une situation raisonnable», dit-il. «On a un surplus de trois millions de dollars, cette année. On est solide. Mais c’est sûr qu’on doit de l’argent, nous avons investi 100 millions en infrastructures.»

Alan Spacek affirme que les défis économiques ont été très nombreux au fil des ans. La Ville a dû accorder au moulin à bois des congés de taxes importants, réduisant les entrées d’argent. L’augmentation des coûts pour financer certains services de la province a aussi fait beaucoup parler et mis une pression nouvelle sur l’administration municipale, dit-il.

Au niveau de l’emploi, il affirme qu’il y aura plusieurs postes disponibles avec la retraite de nombreux travailleurs de l’usine de bois. Le prochain maire devra continuer de travailler à lutter contre l’exode des jeunes et l’accroissement des services aux aînés, selon lui. «La Ville est bien positionnée pour la croissance», ajoute-t-il.

Celui qui a été président de l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) ne cache pas qu’il devra faire son deuil de la vie politique. «J’étais impliqué dans plusieurs aspects de la vie municipale. De tout arrêter, il y aura un ajustement.»

 

Cinq dossiers chauds

Nouveau centre aquatique. Après plusieurs démarches, le conseil municipal a reculé sur ce projet estimé à au moins 8,5 millions de dollars. «L’administration a donné un prix qui n’était pas réaliste. Avec nos défis financiers, ce n’était pas réaliste. Ça demeure un bon projet», affirme Alan Spacek.

Nouveau système énergétique de l’aréna. Le projet devait réduire les coûts associés au chauffage du bâtiment et à la fabrication de la glace. Au contraire, le nouveau système les a augmentés. «Selon l’administration, ça devait nous faire économiser de l’énergie et de l’argent. Ce n’est pas arrivé», admet le maire, qui affirme qu’il s’agit d’un des mauvais coups de son administration.

Nouvelle usine de production de cannabis. Annoncée en grande pompe, il y a quelques mois, la nouvelle entreprise doit créer de 60 à 80 emplois. «Je pense qu’on peut s’attendre à un début de construction le printemps prochain de leur installation de 250 000 pieds carrés. On ne sait jamais ce qui peut se passer, mais on assume que tout est dans l’ordre, ils ont mis beaucoup d’argent dans le projet», indique le maire sortant.

L’entreprise Bearskin Airlines ne vole plus à Kapuskasing. «Il n’y avait pas une demande suffisante. On a changé le classement de l’aéroport, il n’y aura plus de vols commerciaux. Par contre, une compagnie de distribution s’est installée et va devenir le principal centre de distribution de nourriture pour le nord de la province». Les coûts d’opérations de l’aéroport ont été réduits avec la fin des vols commerciaux, qui s’accompagnent du retrait de la subvention accordée par la Ville au transporteur aérien.

Coupures de postes municipaux. Comparativement à l’an dernier, la Ville de Kapuskasing compte la moitié moins d’employés, affirme le maire sortant. «Il y a 20 personnes de moins, c’était nécessaire considérant notre situation financière». Le poste au développement économique a été éliminé, tout comme plusieurs postes à temps partiel aux travaux publics et au centre sportif, notamment.

 


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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.