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La courbe s’aplatit dans l’Est ontarien, mais la vigilance reste de mise

Temps de lecture : 4 minutes

Les 225 000 résidents de l’Est ontarien restent relativement à l’abri de la propagation du coronavirus. Santé Publique Ontario a comptabilisé 67 cas sur le territoire pourtant situé entre deux zones névralgiques : Ottawa (un peu moins de 700 cas) et le Québec. Aucun décès n’a pour le moment été annoncé.

Dans l’ombre des deux conférences des gouvernements fédéral et provincial, un autre point de presse attire l’œil. Chaque jour à 16h15, Paul Roumeliotis dévoile les chiffres pour les deux circonscriptions de Glengarry-Prescott-Russell (GPR), et Stormont-Dundas-South Glengarry (SDG) ainsi que pour la municipalité de Cornwall.

Un exercice qui a placé le médecin hygiéniste et directeur général du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) sous les feux médiatiques.

Et ces mêmes chiffres sont rassurants, puisque le territoire d’environ 5500 km2 ne semble pas suivre l’augmentation du nombre de cas au niveau provincial.

Depuis le 2 avril, « seulement » 13 cas ont été répertoriés. Cinq d’entre eux sont présentement hospitalisés, dont trois aux soins intensifs.

Tableau représentant le total cumulatif des cas confirmés de COVID-19, chaque jour, dans l’Est ontarien. Source : BSEO

Dans le même laps de temps, l’Ontario triplait son nombre de patients confrontés à la COVID-19, passant d’un peu plus de 3 000 à 9 525 selon les résultats annoncés ce vendredi.

« À savoir si on peut parler d’un aplatissement de la courbe dans l’Est ontarien, je pense que oui  », affirme M. Roumeliotis, lorsqu’interrogé sur la question par ONFR+, en conférence de presse avant de tempérer : « Mais n’oubliez pas que nous n’avons que 67 cas. Même si la progression va en diminuant, car nous étions à un total d’une vingtaine de cas enregistrés du 23 au 29 mars, j’aimerais dire qu’il faut que l’on continue les efforts, que rien n’est encore fait. »

Cette semaine, le BSEO a offert une lecture plus précise de la situation dans l’Est ontarien. La carte publiée depuis mercredi montre ainsi la dynamique différente de l’épidémie de coronavirus dans la région.

▶️ 41 cas dans Glengarry-Prescott-Russell
▶️ 16 cas dans Stormont-Dundas-South Glengarry
▶️ 10 cas à Cornwall 

Ces données plus fortes dans GPR ont une explication simple d’après le médecin hygiéniste. « Glengarry-Prescott-Russell est proche d’Ottawa et l’on sait que 95 % des gens de GPR travaillent à Ottawa ou proche d’Ottawa. Cependant, il faut prendre les précautions de partout ! »

Élargissement des tests

Vendredi, lors de la conférence de presse, M. Roumeliotis a par ailleurs confirmé l’élargissement des critères de dépistage. Désormais, tous les premiers répondants et les membres de leur famille peuvent se faire tester.

Depuis le début de la crise, quelque 900 personnes ont reçu un test de la part du BSEO. Le tiers d’entre eux s’effectue au centre de dépistage de Hawkesbury. Les autres concernent dans l’ordre Cornwall, Casselman, Rockland et Winchester.

Autre satisfaction pour le médecin hygiéniste : le virus continue d’épargner les centres pour aînés. Une différence assez nette avec le reste de la province où les cas se multiplient dans les résidences.

Hier, la province annonçait que la majorité des nouveaux cas de coronavirus déclararés le jour même provenaient pour la première fois des résidences pour aînés de la province.

Le cas de Cornwall

Reste Cornwall avec ses 10 cas. Ville la plus populeuse de l’Est ontarien avec 46 000 résidents, l’équivalent d’environ 20 % de la population de la région, la municipalité s’en sort à priori bien, même si sa mairesse Bernadette Clément préfère nuancer.

« Ça me semble raisonnable mais c’est le rythme de dépistage qui m’inquiète. On a annoncé il y a une semaine que l’Ontario n’était vraiment pas à la hauteur. Je me dis que les dix cas que nous avons, en raison du manque de dépistage, ne reflètent peut-être pas la communauté. »

Il y a une semaine, le gouvernement de Doug Ford s’était engagé à quadrupler les tests de dépistage pour les faire passer à plus de 16 000, début mai.

« Ça va dans la bonne direction, mais on doit pousser plus loin que ça. Je vois le dépistage comme étant la clé, avec des tests pour tous les gens qui ont des symptômes. »

La mairesse de Cornwall, Bernadette Clément. Archives ONFR+

Toujours est-il que seul le fleuve Saint-Laurent sépare Cornwall des États-Unis. Une situation géographique unique au moment où le pays voisin s’approche progressivement du million de personnes contaminées par la COVID-19.

« L’inquiétude est évidemment beaucoup plus accrue, car notre réserve d’Akwesasne est directement au contact des Comtés de Saint Lawrence et de Franklin [Ces deux comtés font partie de l’État de New York aux États-Unis]. Les gens d’Akwesasne viennent à Cornwall pour consulter les médecins et faire leur épicerie. Non seulement, nous sommes inquiets pour eux, mais il y a un risque de transmission communautaire. »

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