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Le volontaire Marcel Castonguay a porté la flamme des Jeux à Mont Tremblant, au Québec. Crédit image: Nat Lapointe

La francophonie du Niagara au cœur des Jeux du Canada

Temps de lecture : 5 minutes

WELLAND – Le plus gros événement bilingue de l’année en Ontario est sportif. Dans un mois, jour pour jour, du 6 au 21 août prochain, 5 000 athlètes et entraîneurs convergeront vers la péninsule du Niagara, région hôte des 28e Jeux du Canada. En coulisses, 450 des 4 000 volontaires veilleront à un accès égal du public et des athlètes aux deux langues officielles du pays.

L’accueil du public, la signalétique, les annonces, les résultats… Tout doit être disponible en français et en anglais lors des Jeux du Canada. Quantité de francophones dans la région ont donc répondu à l’appel du comité d’organisation pour s’engager dans ce défi autant sportif que linguistique. Près de 13 % des volontaires seront bilingues. C’est le cas de Chloé Bremner, élève l’École secondaire catholique Saint-Jean-de-Brébeuf à Welland.

« C’est comme des Jeux olympiques mais au niveau national », compare celle qui aura la charge des langues officielles au Welland Tennis Club. « J’adore le sport et je voulais travailler aux langues officielles car je suis Franco-Ontarienne et je sais la difficulté qu’on peut rencontrer pour avoir des services en français. Alors, je faire en sorte que le français occupe la place qui lui revient. »

Elle n’a jamais participé à un événement de cette ampleur et se dit ravie de voir sa ville et sa région devenir la vitrine du sport canadien. « Ça va permettre à beaucoup de gens de connaître les atouts de notre région et ça va apporter de bonnes choses pour le tourisme. »

Chloé Bremner, responsable bénévole des langues officielles au Welland Tennis Club. Gracieuseté

Marcel Castonguay pense lui aussi que cette manifestation sportive, diffusée à travers le pays, va mettre le Niagara « sur la map ». Il est le président du Comité des services des missions, un organe central dans le dispositif, qui assure à toutes les délégations d’athlètes les ressources nécessaires pour participer de façon équitable aux Jeux, que ce soit en termes d’hébergement, de transport et de règlement sportif.

L’homme est bien connu de la communauté francophone locale. Ancien directeur général du Centre de santé communautaire Hamilton-Niagara, il a pris sa retraite en septembre dernier, se lançant aussitôt dans cette aventure qui n’arrive qu’une fois dans une région. « J’avais du temps de libre et je voulais mettre à profit mon expérience acquise lorsque je travaillais auprès du Procureur général de l’Ontario. J’ai siégé dans plusieurs comités nationaux liés à la justice dans les deux langues officielles. J’avais donc à cœur de m’impliquer. »

Marcel Castonguay, président du Comité des services des missions et ex-directeur général du centre de santé Hamilton-Niagara. Crédit image : Nat Lapointe

Autre bénévole, autre mission : Nicole Perreault, présidente du comité du protocole, aura la lourde tâche d’accueillir et d’installer les personnes très importantes (VIP). « On attend possiblement le premier ministre du Canada, la gouverneure générale, ainsi que les premiers ministres des provinces et territoires. Pour chaque sport, notre comité aura aussi la responsabilité de présenter les remises de médaille dans les deux langues. »

« C’est dans le Niagara mais tout le pays se retrouve là » – Nicole Perreault, bénévole

Et d’ajouter : « C’est exceptionnel. On va recevoir plus d’athlètes et d’entraineurs qu’aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver (2010). C’est dire comme ça va être immense. Nos jeunes athlètes pourront démontrer leur talent avec beaucoup d’appui autour d’eux. C’est dans le Niagara mais tout le pays se retrouve là. On avait besoin d’un tel événement, surtout après une pandémie. »

Tout comme M. Castonguay, cette employée du Collège Niagara a profité de son départ en retraite pour faire le saut dans le bénévolat. « Même si je n’avais aucune expérience dans les jeux multisports, j’avais l’intérêt de continuer à apprendre et redonner à la communauté qui a déjà beaucoup donné à ma famille et moi-même. »

Nicole Perreault, résidente de Port Colborne et présidente du comité du protocole. Gracieuseté

Denis Drouin, de son côté, supervisera les épreuves de baseball à Welland. « Je dois m’assurer qu’il y aura quelqu’un qui comprend et parle le français dans tous les endroits où c’est nécessaire : à la billetterie, aux annonces, etc. »

« Ce n’est pas mon premier rodéo », plaisante-t-il. « J’ai le goût du sport depuis toujours. J’ai été arbitre au basketball et au soccer. Je fais du ski depuis que j’ai 4 ans. J’ai commencé le bénévolat en 2010 sur la piste de ski alpin aux Jeux olympiques de Vancouver et j’ai continué aux Jeux du Canada en 2013 à Sherbrooke. »

Contrairement aux trois autres, il ne vit pas dans le Niagara, mais fera la route depuis le Québec pour prêter main forte aux organisateurs. Tout comme lui, une part des bénévoles provient de la Belle Province, découvrant avec surprise la vitalité de la communauté francophone locale. « Je ne savais pas qu’il y avait autant de francophones dans cette région », avoue-t-il.

S’investir aux langues officielles dans les Jeux du Canada est une manière pour lui de protéger la langue française et d’en être fier. C’est aussi une occasion unique de partager des moments conviviaux avec les autres volontaires.

Denis Drouin, superviseur aux langues officielles au Welland Baseball Stadium, a déjà participé à de nombreux Jeux. John Woods / Winnipeg Free Press

« Ce que j’aime dans ces gros événements, c’est que tu rencontres plein de gens comme toi : tout le monde est en mode solution. Il y a aussi de beaux spectacles et d’activités qui entourent les Jeux. »

Pour garantir l’adhésion et l’engagement de la communauté, le secteur des Langues officielles a signé des partenariats avec l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), les conseils scolaires de langue française, ainsi que des regroupements communautaires et des employeurs bilingues de la région.

Les chefs du comité des Langues officielles siègent aux rencontres de tous les sites compétitifs et ailleurs, comme au Village des athlètes, pour assurer un accueil aux participants dans la langue de leur choix.

18 sports en vedette et un pavillon de la francophonie

Tenus tous les deux ans, en alternance entre l’été et l’hiver, les Jeux du Canada représentent le plus grand événement de sport amateur et le plus haut niveau de compétition au Canada. Plus de 5 000 athlètes, entraîneurs et personnel de soutien participeront aux Jeux d’été du Canada Niagara 2022. 

La compétition mettra en vedette 18 sports différents, dont une compétition inaugurale de rugby à sept (féminin seulement) et le retour de la crosse après une absence de 37 ans au programme des Jeux (1985). La 28e édition des Jeux du Canada marquera aussi seulement la troisième fois dans l’histoire des Jeux que l’événement aura lieu dans la province de l’Ontario, une première en 21 ans.

Une fois, pour tous”, la devise des Jeux du Canada Niagara 2022. Crédit image : Nat Lapointe

Un pavillon de la francophonie sera situé à la Place Niagara, sur la place du Parc des Jeux du Canada, et une programmation continue, assurée par l’AFO et le Centre communautaire Le Griffon aura pour thème Tous les accents sont les bienvenus.

Une toile vivante et de l’artiste André Létourneau et une programmation musicale présentée par Le Griffon sont parmi les activités qui se déroulent chaque jour du 7 au 21 août. De plus, sur la grande scène de la Place Niagara, une heure est consacrée à la musique française plusieurs fois par semaine à 14h45.

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