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La grève imminente dans 24 collèges de l’Ontario

Manifestation lors d’une précédente mobilisation du SEFPO devant un collège ontarien. Crédit photo : instagram/opseusefpo

À une semaine d’une grève potentielle dans les 24 collèges publics de l’Ontario, le bras de fer s’intensifie entre le Conseil des employeurs des collèges (CEC) et le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO). Chacun se rejette la responsabilité de l’impasse.

Une grève est prévue le 11 septembre dans les 24 collèges publics de l’Ontario si aucune entente n’est conclue d’ici là. Les négociations entre le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) et le Conseil des employeurs des collèges (CEC) demeurent au point mort.

Dans un communiqué diffusé le 5 septembre, le CEC accuse le syndicat de privilégier la confrontation. « Le SEFPO montre clairement qu’il est plus intéressé par une grève que par la conclusion d’une entente », a déclaré le président du conseil Graham Lloyd, cité dans le communiqué.

Le CEC, qui agit en qualité d’agent négociateur représentant les collèges, affirme avoir offert plus de 140 millions de dollars en salaires et avantages sociaux, ainsi qu’une protection d’emploi, et rappelle avoir proposé une médiation ou un arbitrage, refusés par le syndicat.

Le SEFPO rejette ces accusations et assure que la grève n’est pas une fatalité. « Ce n’est pas nous qui bloquons les négociations. Nous avons demandé d’autres dates après la rencontre du 31 août, mais l’employeur n’a proposé que les 9 et 10 septembre. Nous étions prêts à reprendre plus tôt », affirme Dan Brisson, le président syndical de la section locale 672 du Collège Boréal.

La pomme de discorde réside dans deux revendications syndicales jugées « irréalistes » par le CEC : l’interdiction totale des fusions ou fermetures de collèges pendant la durée de la convention collective et le gel de toute réduction d’effectifs, peu importe les circonstances.

« Ces demandes ont été ajoutées tardivement, après le vote en faveur de la grève », soutient le Conseil.

Le syndicat défend sa démarche : « Nous avons tenté d’en discuter, notamment le 31 août, mais l’employeur a refusé d’en parler. Les syndicats ont le droit d’apporter de nouvelles propositions en cours de négociation, c’est justement ça, négocier. »

Parmi les revendications principales figure la sécurité d’emploi. Selon le SEFPO, plus de 10 000 postes ont été supprimés dans le réseau collégial, avec la suspension de 650 programmes, malgré des profits de 455 millions de dollars. « Au Collège Boréal, les inscriptions sont en hausse, et d’autres établissements rapportent aussi des augmentations. Il y a un décalage entre ce que nous vivons sur le terrain et ce qui est annoncé publiquement », souligne Dan Brisson.

Par ailleurs, le syndicaliste insiste sur le rôle essentiel du personnel de soutien. « Nous sommes les experts dans nos domaines. Les superviseurs encadrent, mais ils ne connaissent pas en détail nos tâches. Nous sommes essentiels et irremplaçables », conclut-il.