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La Laurentienne : les deux tiers des Ontariens demandent l’intervention du gouvernement

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY – 66 % des Ontariens demandent au gouvernement d’offrir une aide financière à l’Université Laurentienne pour protéger les programmes bilingues de l’institution, selon un sondage. Un peu plus de la moitié croient aussi que la province devrait aider les universités lorsque celles-ci font face à des difficultés financières.

Si plus de la moitié (63 %) supporte une plus grande intervention, ce chiffre est plus bas chez les conservateurs où 37 % s’opposent à plus d’aide et 37 % disent le contraire.

Ce sondage a été mené par la firme Ekos à la demande de L’Union des associations des professeurs des universités de l’Ontario (OCUFA). Ce coup de sonde, dont la marge d’erreur est de plus ou moins 3 %, a été réalisé auprès de 1063 résidents de l’Ontario âgés de 18 ans ou plus entre le 5 et 8 mars.

« Après des années de diminution du financement des universités, les Ontariens se rendent compte que les fondements financiers de nos universités ont été érodés et que LA Laurentienne est un canari dans la mine de charbon », a déclaré Rahul Sapra, président de l’OCUFA.

« Alors que nous nous tournons vers l’avenir et que nous identifions les moyens de nous rétablir après cette pandémie, il est important de reconnaître qu’investir dans les universités de l’Ontario est un investissement dans nos enfants, dans nos communautés et dans l’avenir. »

Pour les sympatisants du Parti progressiste-conservateur, 42 % sont d’accord avec le fait de donner un support financier pour les programmes bilingues avec 34 % en désaccord.

Près de 62 % des partisans conservateurs vivant dans le Nord de l’Ontario croient que l’Université Laurentienne est importante pour les gens de la région. Ce chiffre s’élève à 82 % pour les sympathisants des autres partis politiques.

« Les résultats de ce sondage montrent clairement que les Ontariens croient que le gouvernement devrait soutenir les universités de l’Ontario lorsqu’elles font face à des difficultés financières », a déclaré M. Sapra.

« Même parmi les propres partisans du premier ministre Doug Ford, ils sont plus nombreux à penser que le gouvernement devrait fournir un financement supplémentaire à La Laurentienne qu’à s’opposer à cette idée. Ils comprennent que La Laurentienne est une université publique, qu’elle fournit de bons emplois et produit des recherches importantes pour la région, et qu’il incombe au ministre des Collèges et Universités, Ross Romano, de veiller à ce qu’elle soit adéquatement financée. »

L’éducation postsecondaire : une « haute priorité »

Quelque 70 % des répondants croient aussi que la province devrait faire de l’éducation postsecondaire une « haute priorité » d’ici les cinq prochaines annnées. Ce même chiffre se situe à 54 % pour les partisans progressistes-conservateurs et à 26 % pour ceux considérant qu’il s’agit d’une « priorité moyenne ».

Un total de 73 % des sondés croient qu’une formation universitaire est précieuse pour les jeunes d’aujourd’hui avec seulement 14 % en désaccord. Chez les conservateurs, 63 % considèrent précieux d’aller étudier dans une université contre 19 % en désaccord.

Les répondants croient que la recherche, une bonne éducation et l’essor économique comme la création d’emplois sont les trois attributs les plus précieux de la présence d’une université dans la société.

Le ministère refuse de s’engager

Dans un échange de courriels avec ONFR+, le bureau de Ross Romano refuse de préciser s’il aidera financièrement l’établissement sudburois, mais se défend de ne rien faire.

« C’est pourquoi le ministère a nommé un conseiller spécial, Alan Harrison, pour fournir des conseils et des recommandations indépendantes au ministre des Collèges et Universités concernant la situation financière de la Laurentienne. La portée du mandat du conseiller spécial s’étendra au-delà de l’analyse financière et comprendra un examen d’autres facteurs qui sous-tendent la situation à la Laurentienne. »

Début février, on apprenait que l’Université Laurentienne, l’autre institution bilingue en Ontario, entamait une procédure de restructuration sous supervision judiciaire en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Le ministre des Collèges et Universités de l’Ontario, Ross Romano. Archives ONFR+

En conférence de presse à la mi-mars, le ministre Romano avait indiqué comprendre l’inquiétude de la communauté, mais avait assuré avoir « complètement confiance » au processus judiciaire actuel.

« Le fait que l’Université Laurentienne se trouve dans une situation où une action aussi radicale et immédiate est nécessaire pour assurer sa viabilité à long terme est profondément préoccupant. Nous nous efforçons de garantir que les étudiants de l’Université Laurentienne puissent poursuivre leurs études sans interruption », ajoute le bureau du ministre.

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