Changement d’heure : Lalonde dépose un projet de loi pour pousser son gouvernement à l’abolir
OTTAWA — La députée d’Orléans, Marie-France Lalonde, s’apprête à déposer un projet de loi à Ottawa avec pour but de mettre fin au changement d’heure au Canada.
« Il est temps de changer le changement d’heure », a lancé l’élue libérale, alors accompagnée de professeurs universitaires et scientifiques jeudi au Parlement.
La députée franco-ontarienne a présenté son projet de loi, qui sera déposé la semaine prochaine à la Chambre des communes. Le libellé ne demanderait pas explicitement d’abolir le changement d’heure, car le fédéral n’a pas juridiction dans ce domaine. Il demanderait plutôt au gouvernement de lancer une consultation pancanadienne dans le but d’établir une heure fixe dans tout le pays, a-t-elle annoncé.
Au Canada, seuls la Saskatchewan et le Yukon ne changent pas d’heure deux fois dans l’année. Le reste du pays modifie son horloge en mars et en novembre chaque année. Le projet de loi forcerait le gouvernement à consulter les acteurs économiques, ceux de la santé ainsi que les provinces et territoires pour mettre fin à cette pratique.
« Je pense qu’il y a un consensus au sein de ces gens-là que l’abolition (du changement d’heure) serait une bonne idée et c’est pour ça que je demande que le fédéral joue un rôle clé pour amener une discussion avec tous les acteurs, en écoutant la science et en se basant sur les données », affirme la députée de la région d’Ottawa en conférence de presse.
« Pour moi, il est temps d’avoir une conversation qui n’est plus individualisée par province et d’amener un genre de consensus canadien où on peut ramener tous ces gens ensemble… Je veux amener une unité canadienne sur l’abolition du changement d’heure », plaide-t-elle.
En novembre 2020, l’Ontario a adopté un projet de loi visant à mettre fin au changement d’heure semestriel, plaçant ainsi la province à l’heure d’été de façon permanente. Bien que le projet de loi ait reçu la sanction royale, il n’a pas encore été promulgué, car il était conditionnel à ce que l’État de New York et le Québec procèdent au même changement. Et c’est là que le fédéral a un rôle à jouer, croit Marie-France Lalonde.
« Je pense que le Canada peut jouer un rôle de chef de file dans ce domaine comme dans bien d’autres et créer un précédent qui permettra à d’autres de suivre notre exemple », souligne la députée libérale.
Heure normale ou avancée?
Un sondage de la firme Narrative Research indiquait en 2020 que 85 % des Ontariens se disaient en faveur de l’abolition du changement d’heure. De plus, selon le Consortium canadien de recherche sur le sommeil, le changement d’heure donne lieu à une augmentation des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, de certaines infections et maladies immunitaires, etc.

La difficulté réside plutôt dans le choix à faire entre l’heure normale et l’heure avancée, selon Marie-France Lalonde.
« C’est plus sensible. Comme politicien et gouvernement, ce n’est jamais facile de prendre une décision. Avec toutes les données qu’on a maintenant (je suggère) qu’on essaie », lance-t-elle.
« Ce n’est pas à moi de dire quoi faire, mais si on pouvait consolider ça au niveau canadien et l’essayer, peut-être pendant trois ans, ça permettrait de voir l’impact. »
« Ça fait 117 ans qu’on en parle, poursuit-elle. Jamais aucune action n’a vraiment été fait. Je dépose un projet de loi dans l’espoir de mener à une action concrète. »
Le 2 novembre prochain, la majorité des Canadiens reculeront l’heure pour passer à l’heure normale.