États généraux : les francophones de Toronto veulent passer du constat à l’action
TORONTO – Pour leur 29e consultation, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) fait escale à Toronto pour tenir leurs états généraux. Des représentants des services clés en français, ainsi que des francophones et francophiles de la Ville Reine se sont réunis afin d’échanger sur leur vision de l’avenir.
C’est la première fois qu’un grand centre urbain est visité dans le cadre des états généraux et plus de 90 personnes se sont inscrites à ces consultations. Des organismes, des bénévoles et divers intervenants francophones rencontrent l’équipe de l’AFO ces 14 et 15 mai pour discuter de la survie de la francophonie de l’Ontario à l’horizon 2050.
« Pour nous, l’un des objectifs des états généraux, est que nos institutions prennent en main la destinée de la francophonie ontarienne », a déclaré le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk. Selon lui, une crise identitaire et démographique rend nécessaire cette rencontre dans la métropole anglophone. Il a d’ailleurs dressé un portrait critique des défis actuels.

« Si notre poids démographique descend sous la barre des 4 %, le pouvoir politique des francophones disparaîtrait. Il deviendrait plus difficile d’obtenir des changements politiques favorables à notre communauté », s’inquiète le président.
L’immigration a également été au cœur des enjeux liés au déclin démographique, particulièrement observé dans la métropole. « Sans l’immigration, on aura un déclin assuré de la francophonie ontarienne », poursuit-il.

Un réseau de services en français sous pression
Le président de l’AFO a constaté que plus de la moitié des répondants au sondage mené pour l’organisme estiment que les services en français sont en déclin.
Dans le cadre des discussions en groupe aux états généraux, certains nouveaux arrivants francophones ont partagé leur réalité en tant que francophones à Toronto.
Parmi eux, Marius Voli et Rudelfie Bazolo racontent que le manque de services a un réel impact sur les perspectives des nouveaux arrivants de s’établir dans la région.
« Quand il n’y a pas d’organismes qui nous accompagnent dans l’installation et l’intégration, l’idée nous vient à l’esprit d’aller dans une autre province », témoigne M. Voli en ajoutant qu’il a lui-même déjà songé à quitter l’Ontario pour le Québec.

« J’ai aussi des amis qui souhaitent partir à Montréal », admet à son tour Mme Bazolo.
À la même table, la PDG du Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), Estelle Duchon, observe le phénomène, de nombreux francophones partent vers Ottawa.
Le Sud de l’Ontario exclu d’un nouveau projet du fédéral
Dans une entrevue avec ONFR, Peter Hominuk déplore que dans le cadre d’un nouveau projet de règlement obligeant certaines entreprises privées à offrir des services en français dans les communautés à forte concentration francophone, aucune communauté dans le Sud de la province n’ait été reconnue comme telle.
Il se dit déçu de la position du gouvernement fédéral, tout en estimant que ce règlement constitue malgré tout un premier pas.
Les états généraux doivent prendre fin d’ici la fin juin.