Le Comité consultatif sur les services en français devrait-il avoir plus de poids?
OTTAWA – Le Comité consultatif sur les services en français (CCSF) de la Ville d’Ottawa a tenu sa dernière réunion du mandat 2022-2026 jeudi soir. Si le bilan technique affiche une réussite, le départ des membres est marqué par la volonté de passer d’une instance de consultation à un partenaire stratégique pour l’administration municipale.
Le coordonnateur du comité Jérôme Courchesne a présenté un rapport de fin de mandat confirmant que le CCSF a mis en œuvre l’intégralité de ses huit activités. Ce bilan a été réalisé dans un contexte de mandat écourté à trois ans plutôt que quatre – conséquence d’une révision structurelle de la Ville en 2023 – et malgré un roulement important, sept membres ayant quitté le comité en cours de route.
Les travaux du comité ont ciblé des secteurs clés de l’administration. En matière de ressources humaines, le CCSF avait recommandé d’améliorer le recrutement et la formation linguistique du personnel.
Toutefois, derrière ces avancées se cache une frustration palpable qui trouve ses racines au début du mandat. Formé en septembre 2023 après un an d’inactivité et une menace de suppression lors d’une révision municipale, le comité a dû rattraper le retard accumulé depuis la pandémie.
Lors de cette ultime réunion, Diane Desaulniers, aussi membre du comité, a qualifié le rapport de fin de mandat « triste ». « Tout ce qu’on a fait, c’est approuver des affaires, faire des recommandations dans le désert », a-t-elle lancé, espérant que le futur comité bénéficiera d’un « volet plus stratégique ».
Ce sentiment se reflète dans le rapport officiel, adopté jeudi soir par les membres, qui précise que le fonctionnement actuel « limite la capacité de mettre pleinement à profit » l’expertise stratégique des membres.
Le point de friction majeur réside dans la redevabilité. Pour éviter que leurs avis ne restent lettre morte, les membres exigent que les directions générales de la Ville présentent systématiquement un rapport de suivi après chaque recommandation. Selon Katherine Dupuis, cette rétroaction doit devenir une « pratique habituelle » pour mesurer l’impact réel du comité.
Danièle Filion a toutefois nuancé ce constat en notant une amélioration de la dynamique interne : « Vers la fin de notre mandat, l’engrenage semblait un peu plus efficace ». Bien qu’elle ait trouvé le plan de travail initialement « imposé », elle a conclu sur une note optimiste quant à l’avenir du comité.
Des motifs d’espoir pour 2026-2030
Malgré ces critiques, le mandat se termine sur des notes positives. Les membres ont souligné une amélioration notable de la qualité du français chez les cadres municipaux venus présenter des dossiers au cours des deux dernières années.
« J’ai été agréablement surprise de la qualité de bilinguisme des gens des différents secteurs qui nous ont rencontrés », a noté Mme Desaulniers.
La greffière municipale, Caitlin Salter MacDonald, a d’ailleurs assuré que la Ville étudiait déjà des pistes pour présenter de manière plus systématique les investissements francophones dans les prochains budgets.
La vice-présidente Mireille Brownhill a conclu en remerciant les membres pour leur engagement : « Grâce à nos efforts concertés, nous avons contribué de façon significative à la promotion du fait français et au renforcement du bilinguisme au sein de l’appareil municipal. »
Musset Pierre-Jérôme a profité de la tribune pour souligner l’intérêt entourant la candidature du Canada pour l’accueil du Sommet de la Francophonie en 2028 à Ottawa. Un dossier où il espère que le futur CCSF pourra jouer un rôle actif, au-delà de la simple gestion des services de proximité.
Le recrutement pour le prochain mandat du CCSF sera lancé par la Ville dès cet automne, après les élections municipales.