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Les états généraux de l’Ontario français entrent dans une phase de coconstruction

L’organisme porte-parole des Franco-Ontariens va prendre dans les prochaines semaines et mois le pouls de la communauté en différents endroits de la province. Photo : Jackson Ho/ONFR

Après une première série de diagnostics partagés, un sondage et une assemblée citoyenne, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) entame désormais une nouvelle étape des états généraux de l’Ontario français qui doit déboucher sur la rédaction d’un livre vert.

Petite enfance, éducation, formation, santé, immigration, vieillissement, médias, emploi, jeunesse, inclusion, culture… L’AFO s’apprête à lancer en mars de vastes consultations thématiques virtuelles pour cibler les combats à mener dans les prochaines années.

« En 2025, on a fait un état des lieux de toutes les choses faites au cours de l’année. Ça nous a dit où nous en étions et à quels défis on faisait face, recontextualise Peter Hominuk, directeur général de l’AFO. Maintenant, on débute un acte 2 qui consiste à agir ensemble pour coconstruire des solutions. »

Pour ce faire, l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens va prendre dans les prochaines semaines le pouls de la communauté à différents endroits de la province.

Peter Hominuk, directeur général de l’AFO. Photo : Jackson Ho/ONFR

L’objectif de cet exercice mené « du bas vers le haut » est de « réfléchir à l’avenir de la francophonie ontarienne, faire des choix et renforcer notre capacité à agir, insiste M. Hominuk. « C’est aussi se doter d’une gouvernance claire et transformer le diagnostic en pistes de solutions concrètes ancrées sur le terrain. »

Le livre vert qui synthétisera au printemps prochain les idées collectées sous forme de grands thèmes servira de document de travail pour une tournée régionale d’avril à juin.

De Hearst au Niagara et de Windsor à Ottawa, les Franco-Ontariens donneront leur avis. La tournée fera, entre autres, étape à Thunder Bay, Sudbury, North Bay, Kapuskasing, Timmins, Sault Ste. Marie, New Liskeard, Cornwall, Hawkesbury, Prescott-Russell, Pembroke, Kingston, Toronto, Hamilton, les régions de York et Simcoe, London, Sarnia…

Publié à l’automne 2026, le livre blanc qui en ressortira contiendra des recommandations débattues au prochain congrès de l’organisme – du 22 au 24 octobre à Toronto – en vue de l’élaboration d’un plan stratégique décliné par secteur et par région, puis d’un plan d’action concret avant d’aller frapper à la porte des gouvernements.

Les travaux entrepris jusqu’ici ont d’ores et déjà permis d’identifier d’épineuses questions, selon les équipes de l’AFO qui parlent d’une « urgence à agir collectivement » face à des « défis structurels qui touchent toutes les régions » tels que l’immigration, la gouvernance et la consolidation des services en français.

Dans un contexte politique de relative austérité, il sera intéressant de voir si l’AFO adopte un ton plus offensif, compte tenu des attentes de la communauté. « Avec ces efforts accomplis, on adoptera le ton requis pour mener à bon port les changements pour notre communauté. Les enjeux sont trop grands pour ne pas tout faire pour atteindre nos objectifs », affirme le président Fabien Hébert.

« À la sortie du congrès, le timing sera très bon pour déposer nos recommandations à Patrimoine canadien (principal bailleur de fonds), complète M. Hominuk. Le gouvernement du Canada décidera comment il veut investir dans notre plan. » Et d’ajouter que « la province, par l’intermédiaire du ministère des Affaires francophones, suit de très près cet exercice communautaire ».

Cependant, des attentes plus grandes ne signifieront peut-être pas des ressources plus importantes. « Rêver d’avoir plus de ressources, c’est vraiment fabuler pas mal, avertit Benoît Hubert, président de PGF Consultants, qui accompagne l’AFO dans ces états généraux, mais il y a tout un thème de discussion et d’innovation à explorer sur la réallocation des ressources qui existent déjà. »