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L’ancien député Royal Galipeau s’éteint

L'ancien député franco-ontarien, Royal Galipeau. Crédit image Twitter

ORLÉANS – L’ancien député fédéral franco-ontarien d’Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, est décédé à l’âge de 71 ans, le samedi 27 janvier, au campus général de l’Hôpital d’Ottawa.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

C’est son ancien adjoint de direction, Bryan Michaud, qui en a fait l’annonce sur Facebook.

M. Galipeau avait son entrée à la Chambre des communes en janvier 2006, sous la bannière conservatrice, se joignant aux troupes de Stephen Harper. Réélu à trois reprises, le député d’Ottawa-Orléans (aujourd’hui Orléans) n’avait pu l’emporter en 2015, battu par le libéral Andrew Leslie.

Auparavant, M. Galipeau avait fait ses premières armes, sur la scène municipale, comme conseiller de Gloucester de 1982 à 1985.

Depuis quelques années, M. Galipeau luttait contre un myélome multiple, une maladie qu’il avait rendu publique début 2014. Quelques mois avant, le député avait gagné un premier combat contre un cancer de la peau.

 

Transfuge du Parti libéral

Né en 1947 à Saint-Isidore dans l’Est ontairen, le destin politique de Royal Galipeau est d’abord libéral. Dans la vingtaine, il oeuvre à la permanence de ce parti.

Au cours des années 1990, il travaille pour l’ancien député libéral d’Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, et ensuite pour le député d’Ottawa-Orléans, Eugène Bellemare.

Le tournant interviendra en 2005, explique Bryan Michaud. «Avec le scandale des Commandites, Royal pensait que le parti avait perdu en crédibilité. Il n’était aussi plus certain que le Parti libéral pouvait servir les intérêts des francophones hors Québec. Pour lui, le Parti conservateur devenait plus alléchant pour garder la francophonie ensemble.»

 

Fier francophone

Durant les neuf années du gouvernement Harper, M. Galipeau demeure pourtant l’une des rares voix de son parti pour les francophones en contexte minoritaire. M. Michaud, aujourd’hui analyste politique pour l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), se souvient tout de même de deux dossiers pilotés pour les Franco-Ontariens.

«Il a été un acteur assez important pour la création de la radio CFJFO (maintenant connue sous le nom d’Unique FM). La radio n’était capable d’avoir sa licence devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Lorsque James Moore est entré en poste comme ministre du Patrimoine canadien, il est arrivé à le convaincre.»

Pour M. Michaud, l’ancien élu d’Ottawa-Orléans a aussi joué un rôle majeur pour le financement du 400e anniversaire de présence française en Ontario «tant pour les célébrations à Ottawa en 2013 , qu’au niveau provincial en 2015.»

En 2015, quelque 2,9 millions de dollars avaient été accordés par le gouvernement fédéral pour le 400e du passage de Champlain.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Denis Vaillancourt, et les députés Royal Galipeau (au centre) et Pierre Lemieux (à droite), en 2015. Crédit image: Benjamin Vachet

Parmi les autres faits d’armes de M. Galipeau, on se souviendra entre autres de sa sortie en 2012 en pleine crise linguistique à Cornwall. Le député avait alors traité de «nigauds» les manifestants dénonçant la politique d’embauche bilingue de l’hôpital.

«Il était excentrique ce qui lui donnait un certaine couleur, mais il était aussi très humain et humble», se souvient M. Michaud. «Pour lui, le service était le plus important.»

 

Réactions politiques et francophones

Dans la soirée de samedi, les premières réactions ont afflué. Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a été l’un des premiers à rendre hommage à celui qui avait notamment travaillé à obtenir du financement fédéral pour la seconde phase du train léger dans la capitale nationale.

«Royal a toujours été un vrai gentleman et avait une voix passionnée pour Orléans comme conseiller municipal, membre du conseil d’administration de la bibliothèque et député.»

Son adversaire aux élections de 2015, Andrew Leslie, s’est lui aussi fendu d’un message sur les médias sociaux.

«Nous n’oublierons jamais le service acharné de Royal pour Orléans.»

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer, a fait part de sa tristesse sur Twitter.

«Royal était l’ami de notre grande famille conservatrice et un fidèle représentant des gens d’Ottawa-Orléans. Nos pensées sont avec la famille de Royal et ses proches.»

La communauté francophone lui a rendu hommage par la voix du président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson.

«Non seulement était-il un des interlocuteurs de premier plan de la FCFA à l’époque du gouvernement de Stephen Harper, je me rappelle également l’avoir rencontré lorsque j’étais président de l’Association canadienne-française de l’Alberta. C’est dire combien il se rendait disponible pour les organismes de la francophonie, et les discussions avec lui sur les enjeux des langues officielles duraient souvent plus longtemps que prévu: il était généreux de son temps parce qu’il y croyait profondément. Cela se voyait aussi au nombre d’événements de la francophonie locale, provinciale et nationale auxquels il se faisait un devoir et un point d’honneur d’assister.»


«Nous tenons à rappeler sa grande contribution dans la création de médias francophones, à savoir TFO et Unique FM.» – Carol Jolin, président de l’AFO


Le président de l’AFO, Carol Jolin, a lui aussi souligné l’apport de M. Galipeau à la francophonie ontarienne et canadienne.

«Il laissera une trace incontestable dans la francophonie ontarienne et, notamment, dans la région de la capitale nationale. (…) Ancien membre du Comité permanent aux langues officielles, il a également démontré sa volonté d’appuyer les organismes qui contribuent au dynamisme culturel de leur communauté en favorisant la création du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO).»

 

Article écrit avec la collaboration de Benjamin Vachet.

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.