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Laurentienne : Joly ouverte à un financement pour une université par et pour les francophones

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, se dit ouverte à un financement à l’Université de Sudbury ou à une institution par et pour les francophones. La crise actuelle est, selon elle, « une occasion pour renforcer l’éducation postsecondaire » en français en Ontario.

En entrevue avec ONFR+, la ministre affirme que c’est à la communauté de déterminer ce qu’elle veut, mais admet que c’est un objectif d’avoir une approche qui protège la communauté francophone.

« Je suis très ouverte (…). J’entends que certains veulent qu’on aide l’Université de Sudbury et d’autres l’Université Laurentienne », dit-elle en évoquant les discussions qu’elle a eues avec les étudiants et professeurs de La Laurentienne.

« Je suis ouverte à avoir une approche bilingue dans une Université Laurentienne ou bien une solution par et pour les francophones. Nous ce qu’on va faire, c’est qu’on va aider la partie francophone (…). Il faut avoir une solution pour le postsecondaire pour le Nord de l’Ontario en français », laisse entendre Mélanie Joly.

« On a une crise à gérer à court terme et ensuite une occasion à saisir pour renforcer le postsecondaire en français » – Mélanie Joly

Concernant le financement possible pour un projet dans le Nord, la ministre lance la balle à ses collègues en Ontario, Ross Romano et Caroline Mulroney.

« Il y a un processus judiciaire qu’ils veulent respecter. Entre-temps, je suis en mode solution. On vient d’avoir de l’argent hier pour le postsecondaire et, rapidement, je vais travailler sur comment on va gérer cet argent-là et qu’est qui va être disponible. Il faut aussi être capable de calmer le jeu auprès des étudiants et des professeurs. Premièrement, car il y en a qui ont leur diplôme en jeu. Deuxièmement, des professeurs ont perdu leur emploi et c’est inacceptable. »

Durant l’entrevue, la création d’une sorte de réseau universitaire par et pour les francophones en Ontario est venue de la bouche de Mme Joly.

« Quand je parle à des gens dans le Nord, ça aussi c’est une chose qu’on m’a proposée. Comme je l’ai dit, je suis ouverte. Finalement, en tant que francophone, ce qui me préoccupe, c’est la sécurité linguistique en français… C’est ça ma priorité. On a une crise à gérer à court terme et ensuite une occasion à saisir pour renforcer le postsecondaire en français. On l’a fait avec l’UOF, on va pouvoir le faire dans le Nord de l’Ontario aussi. »

À la communauté d’agir

Pour la ministre du Développement économique et des Langues officielles, les discussions qui ont eu lieu ces dernières semaines sont le jour et la nuit par rapport aux dernières années.

« Je pense que la communauté est en train de prendre acte de ce qui se passe. La différence entre maintenant et il y a deux ans, c’est qu’avant, il n’y avait jamais eu d’université par et pour les francophones en Ontario. Avant l’UOF, ce n’était jamais vu comme une possibilité. Il y a deux ans, on a créé cette institution-là. Maintenant, est-ce qu’il faut aller dans cette voie-là ou on continue d’avoir une approche bilingue ? C’est la communauté qui va trouver des solutions, mais il faut que la province soit prête à adhérer à ça. »

La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly. Archives ONFR+

Mme Joly laisse aussi entendre qu’elle n’a pas aimé voir La Laurentienne, qui est financée en partie par son ministère, mettre à la porte une centaine de professeurs.

« Nous, on donne de l’argent au gouvernement ontarien pour qu’il soit capable de retenir et de recruter des professeurs de français et en même temps, ils les mettent à la porte. Je trouve ça assez spécial et un peu ironique dans les circonstances. »

Un budget pour aider les établissements

Dans le budget fédéral présenté ce mercredi, une enveloppe de 121 millions de dollars est destinée à « offrir une éducation postsecondaire de qualité dans la langue de la minorité au Canada ». La députée d’Ahuntsic-Cartierville précise qu’elle aura des discussions avec les 22 collèges et universités en milieu minoritaire pour voir quelle forme prendra ce financement, mais elle veut éviter de gaspiller de l’argent.

« Ce n’est pas vrai qu’ils (les provinces) vont couper et que le gouvernement fédéral va toujours être là pour palier. Il faut qu’ils jouent leurs rôles de leadership (…). Avec l’argent qu’on a reçu dans le budget, ça nous donne plusieurs solutions pour aider le Campus Saint-Jean, l’Université Laurentienne ou toute autre institution postsecondaire en français dans le Nord de l’Ontario. »

Cette enveloppe monétaire est de la nouvelle argent, précise la ministre des Langues officielles.

« Le gouvernement a dit lundi qu’il allait investir 300 millions de plus dans nos langues officielles. Ces 300 millions s’ajoutent à tout ce qu’on a fait depuis 2015. Depuis 2015, en termes de nouvel argent et d’investissements, il y a un milliard qui a été investi en matière de langues officielles. C’est historique et énorme. Ça vient aussi soutenir le livre blanc. »

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