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Le Droit : mises à pied temporaires et suspension de la publication papier

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Le seul quotidien franco-ontarien est victime de la pandémie de coronavirus. Le journal Le Droit est contraint de suspendre provisoirement sa publication papier durant la semaine et de procéder à 23 mises à pied temporaires.

La décision a été prise lundi soir par les conseils d’administration des six médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), dont fait partie le quotidien Le Droit.

« Les coûts reliés à l’impression et à la distribution, dans un contexte où les revenus publicitaires chutent de façon brutale, deviennent insupportables pour notre groupe de presse coopératif », laisse entendre CN2i dans un message diffusé mardi matin. « Ne pas poser un geste important dès maintenant met en péril le plan de relance que nous avons commencé à déployer. »

Le président de la Coopérative de solidarité Le Droit, Patrick Duquette, justifie cette décision.

« Nous avons vu une baisse brutale de nos revenus. Le contexte économique est difficile, on sent déjà un impact au niveau des annonces. La fermeture du Québec et de l’Ontario annoncée hier [les deux provinces ont décidé de fermer les commerces non essentiels] ne va pas arranger les choses. »

23 employés du Droit mis à pied

CN2i annonce également la suppression temporaire de 143 postes dans l’ensemble des six journaux, ce qui représente la moitié des 350 employés de la Coopérative, qui regroupe les quotidiens Le SoleilLe DroitLe NouvellisteLa TribuneLe Quotidien/Le Progrès et La Voix de l’Est.

Au journal Le Droit, cela représente 23 mises à pied temporaire.

« C’est une décision extrêmement douloureuse que nous avons dû prendre. Nous sommes bouleversés », raconte M. Duquette, qui dit espérer pouvoir réintégrer tous les salariés touchés quand la crise sera passée.

La salle de nouvelles n’est toutefois pas concernée par cette décision, précise-t-il.

« On se concentre à assurer la pérennité du journal et de sa mission d’information qui est plus importante que jamais en ces temps de crise. On le voit d’ailleurs sur nos plateformes numériques : la popularité du site internet n’a jamais été aussi importante et nous avons enregistré 130 000 abonnements à notre infolettre en quelques semaines ! »

Journal papier seulement le samedi

Pour les abonnés comme pour tous les lecteurs, il faudra d’ailleurs s’habituer à ces formats numériques puisqu’à compter de mercredi, le journal ne sera donc plus imprimé en semaine. Seule la version du samedi continuera d’être livrée et disponible en version papier. Une mesure qui touche tous les journaux de CN2i.

« Vous êtes invités à télécharger nos applications mobiles, à vous abonner à nos infolettres ou à fréquenter nos sites web pour avoir accès à tous nos contenus réguliers, avec une couverture exceptionnelle de la crise COVID-19 dans votre région », explique CN2i.

La Coopérative déclare également ne pas être en mesure d’assurer les remboursements ni « aucune autre transaction pour le moment ».

« Toutefois, compte tenu de la réduction importante de nos activités, nous ne sommes pas en mesure de gérer les demandes concernant les abonnements. Nous ne ferons aucun remboursement et aucune autre transaction pour le moment. »

Soubresauts durant l’été dernier

Ces difficultés du quotidien Le Droit en raison de la pandémie de la COVID-19 succèdent à une période de transition débutée l’été dernier.

En août, la faillite de Groupe Capitales Médias (GCM), conjuguée au plan de sauvetage de cinq millions de dollars in extremis du gouvernement québécois, avait tout à coup fragilisé l’unique quotidien francophone établi en Ontario.

Dans l’urgence, c’est finalement un plan d’affaires basé sur un modèle coopératif qui s’était imposé, d’où la naissance de nouvelle coopérative des travailleurs et travailleuses du Droit.

La Coopérative avait par ailleurs annoncé le déménagement des bureaux du journal à Gatineau. Une condition nécessaire si le quotidien voulait bénéficier des crédits d’impôt promis par Québec et essentiels à sa survie.

Si M. Duquette précise que les provinces et le fédéral seront sollicités, il préfère ne pas se faire trop d’illusion.

« C’est certain que nous allons cogner à leur porte, mais nous sommes conscients que c’est toute l’économie qui est touchée. »

Article mis à jour le mercredi 24 mars, à 12h56.

Article écrit en collaboration avec Benjamin Vachet

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