Des centaines de personnes ont manifesté mercredi sur la Colline du Parlement pour dénoncer le projet de train à grande vitesse Alto. Photo : Amine Harmach/ONFR
Société

Le FFO refuse de remplacer la commandite d’Alto, déception chez les opposants du TGV

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi sur la Colline du Parlement pour dénoncer le projet de train à grande vitesse Alto. Photo : Amine Harmach/ONFR

OTTAWA – Face à la controverse entourant la commandite d’Alto, une citoyenne de l’Est ontarien a proposé au Festival franco-ontarien une solution de rechange financée par des entreprises franco-ontariennes. Le FFO a décliné l’offre.

Retirer la commandite d’Alto et rendre cette décision publique en échange d’une mobilisation d’entreprises franco-ontariennes pour compenser cette contribution financière. C’est la proposition qu’a soumise Karine Bercier, agricultrice de Saint-Isidore, dans l’Est ontarien, au Festival franco-ontarien (FFO).

La démarche survient dans la foulée des critiques, notamment sur les réseaux sociaux, visant le partenariat entre le Festival et Alto, promoteur du projet de train à grande vitesse reliant Québec, Montréal, Ottawa et Toronto.

Plusieurs opposants au projet, notamment dans l’Est ontarien, ont dénoncé cette commandite à la suite d’une publication diffusée samedi sur les réseaux sociaux du Festival. Dans ce message, retiré depuis, le FFO se disait ravi de pouvoir compter sur le soutien d’Alto pour son édition 2026.

Le partenariat entre le Festival franco-ontarien et Alto a suscité des critiques sur les réseaux sociaux. La publication annonçant l’entente a depuis été supprimée. Photo : capture d’écran

Irritée par la situation, Mme Bercier affirme avoir communiqué directement avec la direction du Festival afin de proposer une solution.

Membre du groupe Alt-No, qui s’oppose au projet de TGV, elle dit avoir réussi à réunir rapidement des engagements totalisant 20 000 $.

Résidente de Saint-Isidore et membre du groupe Alt-No, Karine Bercier soutient que l’annonce du partenariat entre Alto et le Festival franco-ontarien l’a poussée à agir. Photo : Gracieuseté

« J’ai quand même un beau réseau, puis les entreprises franco-ontariennes sont super généreuses. J’ai déjà été bénévole pour plusieurs organisations locales. Même avant que le mot se passe, d’autres entreprises m’approchaient par la suite », explique-t-elle.

Le Festival invoque son indépendance

Le Festival a toutefois refusé l’offre. Contactée par ONFR, la direction du FFO a indiqué par écrit qu’elle ne pouvait accepter une contribution financière conditionnelle au retrait d’un autre partenaire et à la diffusion d’un message public imposé.

« Le Festival doit conserver son indépendance décisionnelle. Accepter qu’un soutien financier soit conditionnel à une décision visant un autre partenaire créerait un précédent incompatible avec une saine gouvernance de l’organisme », écrit l’organisation.

Mme Bercier dit « prendre acte » de cette décision, tout en se disant profondément déçue.

« Une occasion réelle d’écouter et de rapprocher le Festival de sa communauté a été manquée », affirme celle qui a participé, avec de nombreux Franco-Ontariens, à une marche contre Alto qui est passée devant le site du Festival avant de se rendre sur la Colline du Parlement.

Selon elle, les entreprises franco-ontariennes qui avaient accepté de contribuer ne cherchaient ni visibilité ni avantage particulier.

« Elles se sont mobilisées parce qu’elles croyaient venir en aide à leur communauté, à leurs familles, à leurs amis, à leurs employés, à leurs voisins et aux territoires qu’elles habitent et bâtissent depuis des générations. »

Mme Bercier affirme également que plusieurs résidents vivant dans le corridor du projet demeurent préoccupés.

« On est le soir à regarder le ciel, on a des drones qui se promènent. Ce n’est pas rien », dit-elle.

Rappelons que le Festival avait déjà réagi aux critiques visant son partenariat avec Alto.

« Le soutien d’un partenaire à notre événement ne signifie pas que le Festival endosse l’ensemble de ses activités, projets ou prises de position », avait indiqué l’organisation.

« Notre mandat demeure culturel : présenter des artistes, rassembler le public et faire rayonner la culture franco-ontarienne », insiste le FFO.