Le French Fest de Sudbury fête ses 10 ans et le 50e du drapeau franco-ontarien
SUDBURY – Le French Fest de Sudbury fête ses 10 ans et offrira, ce samedi, un avant-goût des célébrations du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien. Cette édition met en valeur la diversité culturelle de la communauté et propose plusieurs activités inédites, dont des expériences culinaires et des rassemblements autour du feu.
Il y a dix ans, le premier French Fest accueillait le public sur un stationnement devenu, quelques années plus tard, la Place des Arts. Cette année, le rendez-vous culturel francophone incontournable de Sudbury se tiendra au cœur du quartier le plus animé du centre-ville et fera écho au 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien, créé à proximité, à l’Université de Sudbury.

Pour souligner ces célébrations, le festival présentera la pièce Mourir de trop gueuler, de la troupe d’Ottawa Créations In Vivo, en co-diffusion avec le Théâtre du Nouvel-Ontario. « La pièce parle de la réalité d’une communauté linguistique minoritaire et pose la question de ce que nous avons fait et allons faire pour assurer la vitalité de la langue pour les 50 prochaines années », explique Joëlle Villeneuve, gestionnaire de la Slague.
La pièce sera ensuite proposée dans les écoles du Conseil scolaire du Grand Nord, avant d’être reprise le 26 septembre au Lounge 390 dans le cadre d’un « after party » des célébrations du drapeau.

« C’est une bonne manière pour nous de sortir un peu de la Place des Arts et des lieux de théâtre habituels, de saluer le fait que le drapeau est de chez nous et de fêter le 50e en soirée », précise-t-elle.
Djely Tapa et les Bilinguish Boys
Le French Fest souhaite aussi souligner ses racines à l’occasion de son 10e anniversaire. La date du festival avait été pensée, originellement, pour accueillir les nouveaux étudiants.
Depuis, l’événement a élargi sa portée et sa mission selon la responsable : « Le French Fest vise non seulement à accueillir les nouveaux membres de la communauté, notamment les étudiants postsecondaires, mais aussi à reconnaître la diversité. » Une thématique qui se reflète dans la programmation musicale.
« Djely Tapa, c’est une artiste, maintenant québécoise, mais à l’origine malienne, qui est aussi une griotte. La tradition griotte et griots au Mali, c’est des porteurs de culture. C’est vraiment une personne qui représente la vitalité de la culture dans les communautés. »
Mme Villeneuve rappelle que l’artiste a déjà présenté un spectacle à Sudbury qui avait connu du succès auprès du public lors du Cabaret africain de l’année dernière.

Le festival met aussi à l’honneur des artistes locaux, les Bilinguish Boys, un trio composé de Stef Paquette, Dayv Poulin et Édouard Landry.
« Ils se réunissent sur scène pour un spectacle qui fait rire et qui reflète notre identité Bilinguish : autant francophones qu’anglophiles, tout comme nos anglophones sont souvent francophiles. Cette bilingualité à Sudbury n’est pas un problème, bien au contraire, c’est un véritable atout pour notre communauté. »
Stef Paquette animera également le tournoi de cornhole – ou jeu de poches – une activité communautaire qui accompagne leur performance. « Voir Steph dans ce rôle, juste avant qu’il monte sur scène, ça montre encore une fois la diversité de notre communauté et de nos artistes », explique Mme Villeneuve.
Des nouveautés culinaires
Cette édition propose plusieurs nouveautés, notamment un cercle culinaire inspiré des traditions de plusieurs régions du monde et du succès de cette activité à la dernière Nuit émergente. « À la Slague, on aime tester de nouvelles idées et intégrer des éléments innovants à la programmation pour refléter l’évolution de notre communauté », explique Mme Villeneuve.
Il y aura des dégustations de maïs et de patates rôties en journée, et un bar de dessert de soirée proposant de griller des s’mores, du pain bannique ou encore des plantains flambés.

« Transmettre une culture passe souvent par la nourriture, notamment lors de rassemblements autour des repas », confie-t-elle, en précisant que cette approche a été renforcée par un comité d’écoute de gens issus d’immigration local, avec lequel le French Fest collabore, qui a insisté sur l’importance de partager des plats d’une communauté à l’autre.
Le festival met en avant les traditions partagées autour du feu : « On va avoir des feux sécuritaires où l’on pourra griller des légumes du terroir, du pain bannique à la manière autochtone, ou encore des produits adaptés selon différentes cultures, comme le maïs avec du beurre ici, des arachides rôties au Cameroun, ou du blé d’inde avec du citron vert et de la cayenne au Mexique. »
La soirée se terminera par un cercle de traditions orales et de chansons à répondre. « Les chansons à répondre font partie des traditions orales partout dans le monde. Les partager autour d’un feu de camp permet de souhaiter la bienvenue et de célébrer ensemble la diversité de chacun. »

D’autres activités pour la famille
Pour la première fois, le festival, dont l’emplacement change chaque année, se déroule sur la rue Durham, devant le nouvel espace Réfectorio, mis à disposition par le Yes Theatre.
« C’est un espace qui représente aussi les festivals. Il y avait un trou entre trois logements de cette rue qui aurait pu devenir un bâtiment ou un stationnement, et le Yes Theatre l’a réimaginé pour en faire une scène extérieure », explique Mme Villeneuve. Le lieu permet de se rassembler sous les étoiles et met en valeur l’architecture historique de la rue.
D’autres activités sont maintenues, comme la foire familiale avec ateliers créatifs animés par Nicolas Dupuis et le petit marché d’artisans de la région, qui permet aux créateurs locaux de présenter leur savoir-faire. Les auditions de Par ici le talent auront également lieu en journée et en marge du festival, à la grande salle de la Place des Arts.

Le marché artisanal, lui, fait partie des activités traditionnelles, mais prend cette année une forme renouvelée. « Il y a beaucoup d’artisans issus d’immigration qui créent des objets porteurs de culture, et cela fait aussi grandement partie de la culture autochtone. Offrir un espace pour vendre et partager leurs œuvres complète bien les thèmes de la journée et les autres activités prévues », précise Mme Villeneuve.
En outre, la ville de Sudbury a lancé une initiative permettant aux participants des événements organisés par des organismes à but non lucratif, dont le Carrefour francophone, d’utiliser le transport en commun gratuitement. Ainsi, les personnes se rendant au French Fest n’ont qu’à présenter leur intention de participer pour monter à bord sans frais.
Concernant la participation, Mme Villeneuve souligne que l’événement est gratuit et attire généralement plusieurs centaines de personnes. « Quand il fait beau, comme ce sera le cas ce samedi, les familles sortent et il y a de grandes chances que ce soit nombreux », espère-t-elle.