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Le gouvernement Ford confirme son appui à l’Université de l’Ontario français

La nouvelle ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney. Crédit image: Jackson Ho

TORONTO – Le nouveau gouvernement provincial s’est engagé de manière formelle, ce lundi, à mettre en place une université de langue française en Ontario.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Alors que des doutes avaient été soulevés après l’absence de mention du projet d’université franco-ontarienne ou d’enjeux francophones lors du discours du Trône, les troupes progressistes-conservatrices ont envoyé un message rassurant aux Franco-Ontariens, ce lundi.

Dans un communiqué de presse, le gouvernement dit vouloir collaborer avec le conseil d’administration intérimaire pour assurer le succès de la nouvelle université de langue française et auparavant, la transition vers un conseil permanent début 2019.

«Nous reconnaissons l’importance de cette nouvelle université pour la communauté francophone de l’Ontario et nous voulons lui accorder l’attention et le soutien qu’elle mérite. Nous souhaitons aussi travailler avec l’université pour que cette dernière puisse se concentrer sur les besoins des étudiantes et étudiants francophones et de la communauté», indique la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, dans le document transmis aux médias.

Le gouvernement précise que le conseil intérimaire devra élaborer des politiques, comparables à celles de toutes les autres universités financées par les fonds publics, afin de garantir que la nouvelle université réponde aux besoins des étudiants et de la communauté francophones et utilise les ressources à bon escient dans l’intérêt des Ontariennes et Ontariens.

«Notre gouvernement s’engage pleinement à assurer le succès de l’Université de l’Ontario français», indique Merrilee Fullerton, ministre de la Formation et des Collèges et Universités. «L’université sera un lieu d’apprentissage viable et dynamique pour la communauté francophone dans les années à venir.»

 

Une confirmation, dit l’AFO

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, ne montre aucune surprise à cette annonce.

«On aurait voulu que ce soit dans le discours du Trône, car c’était une belle occasion de donner de la visibilité à ce projet, mais l’appui du gouvernement ne faisait aucun doute. Pendant la course à la chefferie progressiste-conservatrice, Doug Ford nous avait confirmé son appui, et son parti nous l’avait répété ensuite pendant la campagne. Ce qui change aujourd’hui, c’est que ce sont les ministres qui seront en charge de ce dossier qui s’expriment, ce qui prouve qu’elles sont prêtes à travailler de façon concrète. C’est une bonne nouvelle!»


«Je ne vais pas sortir le champagne ce soir, car il reste beaucoup de travail à faire, mais on a fait un pas sur un grand chantier. Célébrons nos petites victoires!» – France Gélinas, députée NPD


La porte-parole aux Affaires francophones pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), France Gélinas, se montre satisfaite.

«J’avais trois priorités pour cette session parlementaire: une déclaration sur le projet d’université de l’Ontario français, une sur la modernisation de la Loi sur les services en français et d’avoir une conversation sur TFO. C’est sûr que la déclaration d’aujourd’hui laisse beaucoup de place à l’interprétation, mais on a une déclaration de deux ministres. Ça nous dit que le projet n’est pas mort.»

 

Des détails à préciser

La co-présidente du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Marie-Pierre Héroux, reste mesurée.

«C’est positif qu’il y ait un engagement concret du gouvernement, pas juste une promesse, mais ça reste encore flou en matière de financement. On va surveiller de près ce qu’il y aura dans le budget. Il faut que des sommes suffisantes à la réussite du projet soient mises de côté.»

La co-présidente du RÉFO, Marie-Pierre Héroux. Crédit image: Gracieuseté

Selon le plan présenté par Dyane Adam et son Conseil de planification en août 2017, une somme de 18,5 millions de dollars était recommandée, dès 2018, pour permettre d’établir un campus à Toronto et au total, plus de 83,5 millions de dollars sur une décennie seraient nécessaires, financés à parts égales par le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral.

«Ça n’a rien de surprenant qu’on n’ait pas de chiffres», suggère M. Gélinas, «car depuis que nous sommes revenus à Queen’s Park, nous n’avons encore jamais parlé d’argent pour aucun projet.»

L’Université de l’Ontario français devrait ouvrir ses portes en 2020, à Toronto, et accueillir, selon les estimations, 300 étudiants à cette date. L’institution n’a toutefois pas encore trouvé d’emplacement permanent. Elle pourrait ouvrir un site temporaire dans un premier temps.

«La priorité, c’est de développer une Charte de cours et de trouver un lieu», glisse M. Jolin à #ONfr.

Le porte-parole du ministère de la Formation et des Collèges et Universités, Yanni Dagonas, n’a pas fourni d’engagement budgétaire précis, lorsque interrogé par #ONfr, ni n’a confirmé une ouverture en 2020.

«Le gouvernement veut s’assurer qu’il prend le temps nécessaire pour examiner soigneusement sa mise en œuvre. Le gouvernement a besoin de plus de temps pour comprendre le modèle et le plan de mise en œuvre pour la nouvelle université.»

Le RÉFO entend aussi marteler aux ministres Fullerton et Mulroney l’importance de ne pas limiter le projet à la ville Reine.

«Le gouvernement ne parle pas de la question de la provincialisation. Mais qu’est-ce qui est prévu pour mieux desservir les autres régions?»

Dernière mise à jour lundi 23 juillet 2018 à 16h25.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Normand Labrie recteur par intérim de l’Université de l’Ontario français

Université de l’Ontario français: un campus temporaire confirmé

Rapport Adam: une université «par et pour» les Franco-Ontariens

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.