#Ontario

Le mea culpa de Wynne aura-t-il un impact sur la campagne?

La première ministre sortante, Kathleen Wynne, lors d'un point de presse le 28 mai 2018. Crédit image: Jean-François Morissette

[ONVote2018]

TORONTO – Le mea culpa de la première ministre sortante de l’Ontario, Kathleen Wynne, en a pris plusieurs par surprise lors du troisième de débat, mais est-ce que la stratégie va payer pour le chef du Patri libéral de l’Ontario (PLO)?

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Sur les réseaux sociaux, la nouvelle publicité lancée en même temps que la sortie publique de la première ministre sortante a été vue à 27 000 reprises et partagée près de 400 fois sur Facebook.

Mais les réactions divergent face à ce mea culpa de Mme Wynne.

«Bon travail, continuer de le rappeler aux Ontariens», écrit une internaute.

«Mais que faites-vous des prix élevés de l’électricité, des primes d’assurances-auto ou encore de l’épicerie… le salaire minimum à 15 $ est une bonne chose, mais vous reprenez directement l’argent de nos poches après», a rétorqué une autre internaute.

Lors d’un point de presse au lendemain du débat, Mme Wynne a voulu préciser sa pensée, indiquant qu’il était important que les Ontariens comprennent les accomplissements faits par le Parti libéral de l’Ontario (PLO) en tant que gouvernement.

«Je suis désolée que les gens ne m’aiment pas, mais je ne suis pas désolée que nous ayons un plan qui aide les Ontariens et pas seulement quelques individus», a martelé la première ministre sortante.

Mme Wynne a aussi insisté qu’elle était «fière» de son bilan et du travail accompli dans les quatre dernières années.


«Je ne peux pas contrôler ce que les gens ressentent à mon égard, ce que je peux contrôler par contre ce sont les propositions que nous faisons.» – Kathleen Wynne


Mme Wynne n’a pas voulu expliquer «pourquoi les Ontariens ne l’aiment pas», préférant laisser les électeurs se faire une idée.

Selon un sondage effectué au cours du week-end, le PLO obtiendrait 22 % des votes si une élection avait lieu aujourd’hui.

La première ministre sortante, Kathleen Wynne, lors d’un point de presse le 28 mai 2018. Crédit image: Jean-François Morissette

Un geste pour sauver les meubles

Peter Graefe, politologue à l’Université McMaster, estime que le geste de Mme Wynne a été posé afin de «sauver les meubles».

«C’est de plus en plus évident que les Ontariens veulent un changement et Mme Wynne doit avant tout sauver sa base électorale si elle ne veut pas que les libéraux perdent le statut de parti officiel à Queen’s Park», explique M. Gaefe.

Selon lui, en faisant ce mea culpa, Mme Wynne veut mettre davantage d’emphase sur les accomplissements du PLO, plutôt que sur sa personnalité.


«Ça ne devrait pas changer la donne pour les Ontariens et ça ne devrait pas relancer sa campagne, mais Mme Wynne doit faire face à la possibilité de voir le Parti libéral disparaître de la carte.» – Peter Graefe


Il constate néanmoins que Mme Wynne est sortie gagnante de ce débat, mais ajoute ne pas croire que cela sera suffisant pour relancer sa campagne.

La première ministre sortante, Kathleen Wynne. Crédit image: Capture d’écran

Cristine de Clercy, politologue à l’Université Western, estime, pour sa part, qu’un revirement de situation à l’avantage de Mme Wynne n’est pas impossible, mais reste tout de même peu probable.

«Mme Wynne tente aujourd’hui de transformer une image négative en image positive. Le problème est qu’elle n’a aucune autre solution afin de changer la perception des gens», explique la politologue.

À savoir si la première ministre sortante aura dû poser ce geste plus tôt, Mme de Clercy ne le croit pas.


«Elle ne pouvait pas s’excuser dès le départ de la campagne électorale puisque ça aurait été l’équivalent d’un aveu de défaite.» – Cristine de Clercy


Selon elle, Mme Wynne pourra tenter de convaincre certains électeurs que le Parti libéral de l’Ontario n’est pas le parti d’une seule personne, mais bien une formation politique basé sur les idées. Cristine de Clercy ajoute que ses «excuses» vont pouvoir donner une chance à certains candidats de se faire élire.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Les libéraux peuvent-ils perdre leur statut de parti politique officiel?

Un débat des chefs à saveur personnelle

Campagne très négative pour Kathleen Wynne

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.