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Le MIFO vise une ouverture de son nouveau centre en 2023

Temps de lecture : 4 minutes

ORLÉANS – Le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) a officiellement lancé, ce jeudi, sa campagne de financement. Le but : amasser 2,5 millions de dollars pour financer ses travaux de rénovation. Un objectif déjà presque atteint, mais la route reste longue avant le début des travaux, prévu à l’été 2021.

Le projet d’agrandissement et de rénovation permettrait de doubler les locaux actuels du MIFO. Le centre culturel francophone de l’Est d’Ottawa passerait de 1 300 m² à 3 700 m² et subirait une cure de jouvence bienvenue.

« L’édifice actuel date de 1985, il n’est pas aux normes d’accessibilité, il y a des questions de santé et sécurité, on a besoin de plus d’espace… On va construire un tout nouvel édifice sur l’espace de stationnement actuel et l’ancien édifice deviendra le stationnement », explique la directrice générale de l’organisme, Marie-Claude Doucet.

La nouvelle structure verrait l’ajout d’un gymnase double, de salles polyvalentes et de locaux pour la création artistique, ainsi que d’espaces pour la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO) et le Théâtre du Village d’Orléans.


« Au lieu de voir petit, on est allé avec les besoins de notre communauté pour aujourd’hui, mais aussi pour plus tard » – Marie-Claude Doucet, directrice générale du MIFO


Le coût total du projet est estimé à 24,7 millions de dollars. Une somme bien supérieure à celle de 14 millions de dollars annoncée au printemps 2018, et qui avait fait l’objet d’une promesse de subvention, juste avant les élections, de la part du gouvernement libéral de Kathleen Wynne.

« En fait, la somme de 14 millions datait de nos estimations de 2016. Mais quand on a poursuivi notre réflexion, on a réévalué les coûts. On a tenu compte de l’inflation, on a décidé de construire un gymnase de 12 000 pieds² au lieu des 3 000 pieds², sur les conseils de la Ville d’Ottawa et de plusieurs intervenants, pour mieux répondre à la demande. Et puis, il y a les nouvelles exigences en matière d’accessibilité, l’équipement spécialisé qu’on a ajouté… Ce sont tous ces éléments-là qui font en sorte que le budget a augmenté. »

Déjà 76 % de l’objectif atteint

Pour y parvenir, le MIFO souhaite donc amasser 2,5 millions de dollars grâce à sa campagne de financement. Une somme conséquente, mais largement accessible, puisque l’institution franco-ontarienne a déjà mis de côté 1,2 million de dollars de surplus au cours des années, ce qui avec les promesses de dons, porte à 1 908 725 $, soit 76 % du montant espéré, l’argent déjà récolté.

« Depuis juillet, nous avons mené une campagne de financement silencieuse en sollicitant des gens pour voir l’intérêt… Cela nous permet de démontrer qu’il y a déjà un engouement pour le projet », explique Mme Doucet.

Crédit image : Benjamin Vachet

Un résultat qui réjouit le président de la campagne de financement, l’avocat franco-ontarien Sébastien Lorquet.

« C’est très impressionnant de voir la générosité des gens. Ça montre à quel point ils tiennent au MIFO et ça envoie un message fort aux gouvernements que la communauté est derrière nous. »

Retombées importantes

Ancien employé du MIFO où il a travaillé comme moniteur de camp, M. Lorquet insiste sur l’importance d’avoir un point de rassemblement pour les nombreux francophones et les francophiles de l’Est d’Ottawa.

« Le MIFO a toujours été dans ma vie. J’en ai fait des niaiseries ici ! Et il y a plein d’autres gens, pleins d’autres familles qui méritent d’avoir un endroit comme ça, qui rassemble les gens, de la jeunesse jusqu’aux aînés. Avec ces travaux, on pourra donner encore plus. »

Le président de la campagne de financement, Sébastien Lorquet et la directrice générale du MIFO, Marie-Claude Doucet. Crédit image : Benjamin Vachet

Depuis sa création, il y a 40 ans, le MIFO offre des programmes et services en français dans les domaines artistiques, culturels, éducatifs et communautaires pour toutes les générations, comme des services de garde, des activités récréatives et sportives, des spectacles, des expositions et des cours de musique.

Selon les chiffres de l’organisme, il compte quelque 33 000 usagers. Et ce nombre pourrait atteindre 83 000 utilisateurs annuels dans la nouvelle structure. Le MIFO promet également des retombées économiques locales de l’ordre de 12,7 millions de dollars par année, des créations d’emplois, ainsi qu’une augmentation du nombre de cours, d’activités et d’ateliers offerts.

Encore des étapes à franchir

Le début du chantier est prévu pour l’été 2021, pour une ouverture du nouveau centre à l’automne 2023. Au départ, le MIFO espérait pouvoir commencer le projet au printemps 2019, mais l’arrivée du Parti progressiste-conservateur au pouvoir à Queen’s Park a retardé les travaux, ce dernier ne voulant pas confirmer les promesses électorales libérales.

Même si la campagne de financement va bon train, plusieurs étapes restent donc à franchir. Car même si le MIFO génère 78 % de ses revenus de façon autonome, il aura besoin d’aides gouvernementales pour concrétiser son projet.

Sur les 24,7 millions de dollars nécessaires, deux millions de dollars sont espérés de la Ville d’Ottawa, 8,24 millions de dollars de la province et 11,98 millions de dollars du gouvernement fédéral. Plusieurs demandes ont été faites, dont les réponses sont attendues en 2020. Pour l’heure, seule la Ville d’Ottawa a garanti une aide de 529 000 $.

La directrice générale du MIFO se montre confiante.

« On attend d’avoir vraiment tous les fonds publics confirmés avant d’aller de l’avant. Mais tous les messages qu’on a reçus, de la province et du fédéral, sont positifs parce qu’on a une diversité de services. Ça répond à plein de besoins de la communauté et c’est donc tout à l’avantage des gouvernements d’investir dans ce projet-là. »

Présente ce jeudi, la députée fédérale d’Orléans, Marie-France Lalonde, a assuré que le projet serait sa priorité.

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