La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney au Colloque culturel 2026. Photo : Sandra Padovani/ONFR
Culture

Le ministère des Affaires francophones a pris le pouls du secteur culturel franco-ontarien

La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney au Colloque culturel 2026. Photo : Sandra Padovani/ONFR

TORONTO – Un colloque culturel exceptionnel sur l’avenir du secteur artistique et culturel franco-ontarien s’est tenu du 25 au 26 février dans les locaux du Groupe média TFO. Organisé par le ministère des Affaires francophones et l’Alliance culturelle de l’Ontario (ACO), ce groupe de travail a rassemblé une cinquantaine d’acteurs clés du milieu.

C’est à TFO que les parties prenantes du secteur se sont rencontrées cette semaine, en groupe restreint, pour réaliser un diagnostic du secteur des arts francophones en Ontario, une première sous ce format.

Le Groupe de travail sur les arts et la culture de la francophonie ontarienne, qui réunit des partenaires provinciaux et fédéraux — le Conseil des arts de l’Ontario, Ontario Créatif, la Fondation Trillium de l’Ontario, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine canadien, le ministère des Affaires francophones, le ministère du Tourisme, de la Culture et des Jeux, ainsi que l’Alliance culturelle de l’Ontario — en a piloté la programmation.

Un panel animé par la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney sur l’accès aux produits artistiques et culturels de l’Ontario français a posé les jalons du colloque.

De gauche à droite : les panélistes Xavier Brassard-Bédard, PDG de TFO, Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française, Marcel Morin, directeur général de la Maison de la francophonie d’Ottawa, Catalina Briceno, professeure à l’École des médias de l’UQAM (en virtuel), et Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Les panélistes ont traité des enjeux d’accès et de découvrabilité des contenus francophones dans un contexte linguistique minoritaire, sous une nouvelle ère numérique en mouvance.

« L’un des plus grands mensonges du numérique est l’idée du trop-plein de choix. On est en fait dans une diminution de la liberté de choix de leurs contenus. On a très peu de connaissances sur les données d’utilisation des Canadiens. Travailler à bien connaitre ses publics et les développer est ce sur quoi on doit se concentrer », a souligné Catalina Briceno, professeure à l’École des médias de l’UQAM. 

Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française, a défendu la nécessité « éthique » de la découvrabilité de la minorité : « Il faut avoir des contenus disponibles pour faire contrepoids vis-à-vis du contenu anglophone. Il y a un travail-terrain à faire pour être présents. Il y a une culture de données à implanter partout. Algorithme ou pas, il faut de la matière ».

« Aujourd’hui on se trouve dans des contextes complexes multiformes, et tout le monde doit y mettre du sien dans le rapprochement des publics. Toutes les provinces ont ça à leur portée », a remarqué Marcel Morin, directeur général de la Maison de la francophonie d’Ottawa, tandis que Xavier Brassard-Bédard, le PDG de TFO, a noté l’importance d’investir dans le marketing autant que dans les contenus pour être vus.

Investir un plus grand rôle dans l’éducation pour le rayonnement de la culture franco?

Dans la salle, les constats sur les enjeux pour les milieux culturels francophones ont fusé à travers les différentes présentations et de nombreuses attentes se sont faites sentir, en faveur d’un renouveau.

Parmi les pistes de réflexion, plusieurs acteurs ont exprimé le fait que le déploiement de la culture francophone n’est pas exclusif aux milieux artistiques, mais qu’il se doit de rapprocher école et culture, impliquant plus de références et de littérature franco-ontarienne à travers les différentes matières enseignées par exemple.

Une majorité d’artistes franco-ontariens tirent une grosse part de leurs revenus du milieu scolaire, il s’agirait également de valoriser la présence d’artistes en milieu scolaire pour soutenir l’engagement des élèves envers la langue et la culture francophones.

Des représentants du ministère de l’Éducation ont présenté l’état d’avancement de l’actualisation de la politique d’aménagement linguistique (PAL) — document-cadre qui guide la protection et la promotion de la langue et de la culture françaises dans les écoles de l’Ontario — impliquant des consultations à travers la province.

La nécessité d’élargissement de la portée de la PAL a été déterminée, pour favoriser davantage la collaboration entre le système de langue française et les partenaires communautaires de langue française.

Une cinquantaine d’acteurs clés du milieu culturel franco-ontarien a participé au Colloque. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Des actions concrètes à déterminer

Si les panels ont permis de brosser un portrait de la situation, c’est lors d’un forum ouvert que les participants ont été invités à engager un dialogue ouvert.

Tenu à huis clos, ce segment participatif a forcé les acteurs culturels à sortir des silos et à miser sur le collectif. L’objectif était de répondre à une question fondamentale sur l’optimisation de l’impact et du rayonnement des arts en Ontario français.

Les échanges ont porté sur des axes précis comme la découvrabilité, les lacunes en matière de données, la concertation entre les ministères, ainsi que les opportunités liées au marché de l’immersion. L’élaboration d’un futur plan stratégique sectoriel a également été au centre des discussions.

L’objectif de ce forum est de dégager des mesures applicables au cours de la prochaine année. Les propositions recueillies seront prochainement synthétisées dans un compte-rendu post-colloque. Ce texte constituera la base de travail du groupe chargé de déterminer les prochaines étapes et les mesures phares qui seront mises en œuvre pour le secteur.