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Le ministre de l’Éducation recule sur la taille des classes

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le ministre de l’Éducation de l’Ontario, Stephen Lecce, annonce que la taille des classes au secondaire n’atteindra par 25 élèves, comme prévu, au cours des prochains mois. Sur la question des cours en ligne, il propose qu’ils soient finalement facultatifs.

« Je veux rassurer les parents : ils ne verront pas apparaître des classes de plus grande taille cet automne. Il y aura une moyenne maximum de 23 élèves par classe à la rentrée 2020/2021 », a-t-il annoncé lors d’un point de presse à Queen’s Park, ce mardi.

Le financement du gouvernement serait donc aligné avec le seuil qui prévalait au cours des dernières années. « Nous allons continuer à avoir les classes parmi les plus petites au Canada », a-t-il soutenu.

« C’est une proposition pragmatique. Je leur demande de mettre fin à la grève. Et je leur demande de revenir à la table pour que nous négocions une entente », a-t-il martelé.

Les négociations sont toujours rompues entre le gouvernement et certains syndicats d’enseignants, notamment l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO).

Sur la question controversée des cours en ligne, Stephen Lecce tente de contourner les syndicats. Il propose que la décision de suivre ou non certains cours virtuels soit prise par l’étudiant lui-même.

« Ça montre qu’on écoutait et qu’on écoute les parents. Mais les syndicats veulent, eux, prendre des décisions à la place des parents », a affirmé le ministre.

Quelques minutes avant la conférence de presse du ministre, des syndicats annonçaient être prêts à accepter les offres salariales et en matière d’avantages sociaux du gouvernement. Mais, ils exigeaient l’abandon de l’augmentation de la taille des classes et l’annulation des suppressions de postes. Le syndicats des enseignants catholiques affirmait sur la question des cours en ligne qu’ils ne devaient pas être imposés aux élèves.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) affirme que l’annonce du gouvernement découle des révélations faites en matinée par l’opposition néo-démocrate. Selon ces documents, la consultation effectuée par le gouvernement Ford auprès des parents révélait que la population ontarienne s’opposait fermement à l’augmentation de la taille des classes.

« Le gouvernement a été forcé contre son gré de dévoiler les conclusions d’un rapport qui confirme que personne dans notre province ne veut des coupes dans nos classes », a soutenu Marit Stiles, critique du NPD en matière d’éducation.

Les syndicats déplorent des annonces médiatiques

L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) dit maintenir, pour l’instant, son mouvement de grève prévu jeudi. Aucune ronde de négociation n’est encore planifiée prochainement entre le syndicat franco-ontarien et le gouvernement.

Rémi Sabourin, le président de l’AEFO, demande au gouvernement de ne plus négocier sur la place publique.

Rémi Sabourin, président de l’AEFO. Archives ONFR+

« On va digérer tout ça et étudier les propos du ministre », a réagi, pour sa part, Pierre Côté. Le secrétaire général de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO) s’est dit surpris d’apprendre l’inflexion du ministre sur la taille des classes devant la presse.

« Ce détail n’a jamais été partagé à la table des négociations », dit celui dont le syndicat était aujourd’hui même en pourparlers avec le gouvernement. « Depuis le début, nous disons que l’augmentation de la taille des classes n’est pas nécessaire ».

Le porte-parole de la FEÉSO déplore une « confusion » et des « annonces à tout bout de champ » du ministre sur ce point. « D’abord, c’était 28, ensuite 25, maintenant 23. Alors pourquoi pas 22 ? »

Article écrit en collaboration avec Rudy Chabannes

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