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Le Nouveau Louvre : démocratiser l’art à Sudbury

Temps de lecture : 4 minutes

SUDBURY – Rassemblées sur la rue Durham, au centre-ville du Grand Sudbury, de nombreuses personnes attendaient l’ouverture de la 24e édition du Nouveau Louvre, samedi après-midi. Ils ont été accueillis dans une toute nouvelle salle, réaménagée à l’occasion de la vente d’art annuelle de la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO).

« C’est un endroit merveilleux », se réjouit la directrice générale de la GNO, Danielle Tremblay. « On est juste en face du YMCA, il y a de petites boutiques des deux côtés, donc les gens peuvent venir magasiner et faire deux ou trois sauts au centre-ville. »

Avec les œuvres accrochées du plancher au plafond sur les trois murs de la grande pièce, il est facile de remarquer que l’exposition a pris de l’ampleur cette année.

Le Nouveau Louvre a été lancé à une nouvelle adresse, au centre-ville de Sudbury. Crédit photo : Didier Pilon.

Tout est vraiment tombé en place comme par magie, raconte Mme Tremblay.

Après 22 ans au 174, rue Elgin, la GNO s’est vue forcée de déménager lors de la dernière année pour éviter une augmentation considérable du prix de son loyer. Si elle a trouvé un endroit provisoire pour ses bureaux avant l’ouverture de la Place des arts, prévue en 2020, elle n’a pas pour l’instant de salle d’exposition.

Presque au même moment à quelques pas de là, la boutique équitable sans but lucratif, Village international, a glissé la clé sous la porte après 27 ans de commerce. Cette institution, fondée en 1992 par l’actuel directeur général de la Place des arts de Sudbury, Léo Therrien, a longtemps joué un rôle particulier dans la francophonie sudburoise.

Danielle Tremblay, directrice générale de la GNO. Crédit photo : Didier Pilon.

« Claire-Lucie Brunet, la propriétaire de l’immeuble, nous a approchés pour nous dire : “Regarde, pourquoi ne feriez-vous pas l’exposition chez moi ?” »

Une fois après avoir repeint les murs avec l’aide d’une équipe de bénévoles, tout était prêt pour la vente.

Un mois de découvertes

Normand Renaud faisait partie d’une vingtaine de personnes qui ont fait la file sur la rue Durham avant l’ouverture de la vente. Quoi qu’il soit reparti les mains vides samedi, il assure qu’il sera de retour avant les fêtes.

Les bénévoles, vêtus de chapeau de Noël, ont accueilli les visiteurs avec des chansons des fêtes. Crédit photo : Didier Pilon.

« Dans le temps, c’était vraiment intense », raconte-t-il. « La formule faisait en sorte qu’il fallait être le premier arrivé pour avoir les meilleurs choix. Maintenant, il y a tellement plus d’œuvres. Du moment qu’il y en a une de vendue, il y en a une nouvelle sur le mur. Tu peux prendre le temps de revenir pour voir de nouvelles affaires. »

Il se dit tout de même plus que satisfait des œuvres à l’affiche lors de l’ouverture. L’exposition dure jusqu’au 21 décembre.

Faciliter l’accès à l’art

Rendre l’art plus accessible est au cœur de la mission du Nouveau Louvre.

Avec ses prix abordables, la vente permet aux consommateurs d’acheter des toiles sans briser la banque.

Toutes les œuvres se vendent à 200 $, sans égard pour la renommée des artistes. De ce montant, la part du lion ­– soit 125 $ – revient à l’artiste, tandis que la GNO retient l’autre 75 $.

Des bénévoles et employés de la galerie gèrent les appels téléphoniques.
Il est aussi possible de consulter les oeuvres sur le site web de la galerie et de les acheter par téléphone. Crédit photo : Didier Pilon.

Toutefois, le Nouveau Louvre rend aussi l’art plus accessible pour les artistes émergents.

« C’est une exposition sans jury », explique la directrice. « Tous les artistes qui soumettent leurs œuvres auront leur place sur les murs. Les œuvres d’artistes émergents et d’artistes établis se retrouvent les unes à côté des autres. »

Claudine Gagné, une artiste francophone qui habite Sudbury, a su tirer avantage de ce modèle pour redécouvrir sa passion pour la peinture l’an dernier.

« Je venais tout juste de recommencer à peindre après un long long long moment de pause », raconte-t-elle. « J’étais tellement nerveuse d’apporter mes œuvres au Nouveau Louvre parce que j’avais peur de ne pas être assez bonne. Mais, avec le soutien de la galerie, j’ai pu découvrir que j’avais ma place dans la communauté artistique de Sudbury. »

Claudine Gagné, artiste franco-sudburoise. Crédit photo : Didier Pilon

« Ça m’a encouragée à continuer de produire des œuvres », ajoute-t-elle, « et ça m’a même apporté à mon premier vernissage, l’été dernier. »

Pour M. Renaud, une exposition sans jury signifie qu’il peut faire d’intéressantes découvertes.

« Il y a des artistes de renommée qui soumettent leurs œuvres chaque année », souligne-t-il. « Et juste à côté, il y a de jeunes artistes débutants qui font des choses très intéressantes. »

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