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Le peu de français à un Gala du 150e fait sourciller

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – L’absence d’artistes francophones durant le gala, organisé par le Bureau de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Elizabeth Dowdeswell, pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération, le 28 juin dernier, a fait réagir. Mais une plainte déposée auprès du Commissariat aux services en français (CSF), puis du Commissariat aux langues officielles (CLO) du Canada est restée sans conséquence.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Le concert gala intitulé Où l’on se tient : Un hommage au 150e anniversaire de l’Ontario et du Canada se voulait « l’occasion de rendre hommage aux nouveaux membres de l’Ordre de l’Ontario, ainsi qu’à toutes les personnes ayant reçu cet honneur lors des 30 dernières années ».

L’événement, financé par le gouvernement de l’Ontario, a provoqué la déception d’une personne invitée qui, sous couvert d’anonymat, s’est confiée à #ONfr.

« En recevant l’invitation, je n’ai pas compris comment un spectacle célébrant le 150e anniversaire de l’Ontario et du Canada pouvait se dérouler sans aucun artiste francophone et être animé uniquement en anglais… J’ai donc décidé d’écrire au Bureau de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario avant le spectacle pour m’assurer que le français aurait sa place lors de l’événement. »

Cérémonie en anglais

Malgré quelques phrases en français dans le discours de Mme Dowdeswell, la cérémonie, animée par l’historien Hugh Brewster et l’actrice Cynthia Dale, s’est tenue uniquement en anglais.

La présence du français s’est résumée à l’extrait de l’opéra Wiikondiwin présenté en anishnaabe, en français et en anglais, à la chanson Ô Canada ! mon pays, mes amours, interprétée en français et Où l’on se tient, offerte dans les deux langues officielles.

De quoi motiver une plainte auprès du Commissariat aux services en français (CSF). Ce dernier, après avoir vérifié l’absence d’implication du ministère du Tourisme, de la culture et du sport, a décidé de transmettre la plainte à son homologue fédéral, tout en soulignant au plaignant « avoir reçu plusieurs plaintes concernant le Bureau de la Lieutenant gouverneure au cours de l’été ».

« Nous avons décidé de ne pas faire de cette plainte une priorité. Le plaignant a parfaitement raison, mais nous préférons nous concentrer sur les services directs à la population comme en matière de santé, d’aide à l’enfance, d’éducation, d’accès à la justice… », explique le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, en entrevue avec #ONfr.

Pas d’obligations linguistiques pour la lieutenante-gouverneure

Six mois plus tard, le Commissariat aux langues officielles (CLO) du Canada a indiqué ne pas pouvoir enquêter sur ce cas.

« Les lieutenants-gouverneurs sont des représentants directs de la Reine dans leur provinces. Ils ne représentent plus le gouvernement fédéral comme dans le passé. Nous ne traitons donc pas les plaintes les concernant », a expliqué le CLO à #ONfr, dans un échange de courriels.

« Le respect de la Loi ontarienne sur les services en français ou de la Loi canadienne sur les langues officielles ne s’applique pas au plus haut échelon du gouvernement de l’Ontario, soit le Bureau de la Lieutenante-gouverneure. C’est ce que vient de me confirmer le gouvernement du Canada ! », regrette, surpris, le plaignant.

Un constat que confirme M. Boileau.

« Offrir des communications dans les deux langues officielles pour le Bureau de la Lieutenante-gouverneure fait seulement partie des bonnes pratiques. Cela paraît normal dans une province qui s’est donné des obligations linguistiques avec la Loi sur les services en français. Mais celle-ci ne concerne pas le Bureau de la Lieutenante-gouverneure. »

Bonne coopération

Le commissaire aux services en français rapporte avoir toutefois déjà fait des recommandations à ce dernier.

« Quand nous avons fait des recommandations par le passé, des changements ont été apportés. Le Bureau de la Lieutenante-gouverneure fait preuve d’une bonne coopération », assure-t-il.

Jointe par #ONfr, l’équipe de Mme Dowdeswell a réitéré ses mêmes arguments, dans un courriel transmis en anglais et en français.

« Le Bureau de la lieutenante-gouverneure a pris grand soin d’inclure le français dans les festivités, reconnaissant son importance à titre de langue officielle du Canada. De fait, outre l’allocution de la lieutenante-gouverneure, les éléments suivants du gala étaient en français : un extrait de Wiikondiwin , « Ô Canada ! mon pays, mes amours », de Georges-Étienne Cartier et « Où l’on se tient », présenté aussi en anglais. De plus, le programme du gala était aussi imprimé dans les deux langues », a expliqué le chef de cabinet de Mme Dowdesweell, Anthony Hylton.

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