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Les écoles catholiques et publiques s’opposent sur les admissions

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OTTAWA – L’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO) demande au gouvernement de recenser le nombre d’élèves non catholiques qui fréquentent les conseils scolaires catholiques de langue française et d’y revoir les règles d’admission. Une demande que dénonce son homologue catholique, l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC).  

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

C’est un véritable pavé dans la mare qu’a lancé l’ACÉPO dans un communiqué diffusé le mercredi 14 février. S’appuyant sur un exercice similaire réalisé au sein des conseils scolaires anglophones, comme le révélait The Globe and Mail dans un article du 12 février, l’ACÉPO se dit préoccupée.

«Pourquoi un système d’éducation créé pour protéger la foi catholique accepte-t-il des élèves n’adhérant pas à cette religion?», s’interroge le président de l’ACÉPO, Denis Chartrand.

L’article révélait une augmentation récente de 18 % des élèves non catholiques fréquentant les écoles confessionnelles anglophones en Ontario.

L’ACÉPO souhaite que le gouvernement fournisse des données similaires pour les écoles confessionnelles de langue française en Ontario et fasse respecter «des conditions d’admission cohérentes des élèves dans les écoles catholiques».

«C’est très bien que soient financées les écoles catholiques de langue française dans notre province, mais si l’argument des conseils scolaires catholiques, c’est de dire qu’ils n’offrent pas seulement une éducation religieuse – que nous offrons aussi sur une base volontaire – mais toute une vie et une ambiance catholique, on se demande pourquoi ils ne devraient pas accueillir uniquement des élèves catholiques?»

 

Plus d’écoles publiques?

La démarche de l’ACÉPO vise à obtenir ce qu’elle considère être sa juste part, jugeant que le phénomène évoqué dans l’article du Globe and Mail est sans doute le même dans le système francophone.

«On veut connaître la réalité, car cela permettrait d’offrir partout l’option aux gens qui le souhaitent d’avoir une éducation laïque en français. Le ministère de l’Éducation connaîtrait ainsi les réels besoins en éducation catholique de langue française ainsi que l’importance de financer adéquatement le réseau des écoles laïques de langue française. Faute d’écoles laïques de langue française dans 45 régions francophones en Ontario, des milliers d’élèves n’ont actuellement d’autre choix que de fréquenter les autres systèmes d’éducation de l’Ontario.»

M. Chartand indique qu’il aura prochainement l’occasion de présenter sa demande plus officiellement à la ministre de l’Éducation, Indira Naidoo-Harris. Il y militera pour un resserrement des règles d’admission dans les écoles catholiques.

«Le système d’adhésion actuel semble contourner les règles. On demande au ministère [de l’Éducation] qu’il fasse respecter ces règles et que les fonds alloués aux conseils scolaires soient en accord avec le système d’éducation choisi et sa mission.»

 

Les conseils catholiques contre-attaquent

Le président de l’AFOCSC, Jean Lemay, se dit surpris par la démarche et contre-attaque.

«Je suis déçu de la sortie de l’ACÉPO. Les conseils scolaires publics anglophones ont commencé cette polémique, car ils ont perdu beaucoup d’élèves. Mais selon moi, les parents doivent avoir le droit de choisir où ils veulent mettre leurs enfants. Je ne les empêcherai pas de les inscrire dans une école publique. Mais ils choisissent nos écoles, y compris là où il y a la compétition d’autres systèmes scolaires, tout simplement parce que ce sont les meilleures de la province en termes de taux de diplomation.»

M. Lemay rappelle pourtant que, pour pouvoir inscrire leurs enfants dans une école élémentaire catholique de langue française, les parents doivent répondre à certains critères, par exemple que l’un des parents ou l’enfant soit baptisé, et passer devant un comité d’admission, ce qui pourrait constituer un obstacle, dit-il.

«La majorité de nos écoles posent ces conditions pour une admission à l’élémentaire et les enfants sont ensuite obligés de suivre les cours et les cérémonies religieuses. Au niveau secondaire, nous sommes obligés par la loi d’accepter tous les élèves qui veulent s’inscrire, mais ces derniers peuvent, avec une lettre des parents, ne pas suivre les cours de religion. Il faut laisser les parents choisir!»

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.