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Les films en français sont là pour rester au ByTowne

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Les nouveaux propriétaires du cinéma de répertoire ByTowne assurent qu’ils poursuivront la programmation habituelle et que les films français continueront d’être projetés. Ils planifient même d’en étendre la programmation si l’audience est au rendez-vous. La réouverture devrait attendre l’automne prochain. Confidences sur le strapontin à ONFR+.

Le suspense planait depuis quelques jours sur l’identité des repreneurs. Cette fois, on les connaît. Les Torontois Andy Willick et Daniel Demois sont sortis de l’ombre, ce mercredi, et affichent leur ferme intention de conserver l’ADN du ByTowne : le cinéma de répertoire.

Il faut dire que ces inconditionnels de cinéma international, de documentaires et de films indépendants connaissent le milieu : ils exploitent le Fox Theatre de Toronto depuis 2007 et le cinéma Apollo de Kitchener depuis 2014.

Également consultants en programmation pour le compte d’autres cinémas indépendants de l’Ontario, dont le Screening Room de Kingston, ils étendent leur toile en mettant la main sur les salles noires de la rue Rideau, qui ont frôlé la fermeture définitive après le départ en retraite de Bruce White, le précédant gérant.

« Depuis Toronto, on surveillait l’évolution de la situation au ByTowne via les infolettres, chaque mois, et on s’intéressait à ce cinéma dans lequel on était venu il y a quelques années. Quand on a su que Bruce partait. On a discuté avec lui pour savoir comment on pouvait continuer cette merveilleuse histoire et garder cette incroyable audience », raconte Daniel Demois, désormais copropriétaire du cinéma.

« On veut garder ce lien avec les francophones »

Il affirme que les cinéphiles ottaviens soutiennent le ByTowne comme « nulle part ailleurs au Canada. On veut être une part de cette histoire et de ces gens », dit-il, assurant que le public francophone aura encore accès à des films en français.

« On est conscient qu’il y a un public de langue française ici à Ottawa et que, en dehors du Québec, on est un des rares cinémas à offrir ce type de programmation dans les deux langues. En plus, la proximité du Québec est une opportunité pour nous de rayonner car les revues de presse québécoises ont un gros impact en termes de promotion et peuvent avoir des retombées pour nous, au-delà de notre zone. On veut donc garder ce lien avec les francophones et les francophiles. »

De là à augmenter l’offre en français ? Pas si vite. « Ça dépendra. Vous savez, dans ce business, ce n’est pas à nous de décider comme ça de mettre plus de films en français ou en anglais. On programmera ce que l’audience veut. Si les films en français rencontrent du succès, on ira là. »

Le cinéma ByTowne, sur la rue Rideau. Source : page Facebook du ByTowne

Le duo d’investisseurs torontois compte en outre apporter de petites nouveautés comme la mise en place d’un système d’abonnement, d’une option de cinéma virtuel à distance ou encore obtenir une licence pour consommer un verre de vin sur place. Mais la programmation ne devrait pas connaître de révolution.

« Notre intention n’est pas de changer drastiquement la programmation du ByTowne », prévient M. Demois. « Ce que Bruce a fait est exceptionnel et on veut que les habitués reviennent quand on rouvrira. »

« Regarder un film à la maison ne remplacera jamais une expérience dans une salle de cinéma » – Daniel Demois

La réouverture, Daniel et Andy l’attendent de pied ferme mais se refusent à aller trop vite. « Si ça se passe comme l’année dernière, avec une réouverture à faible capacité, on préfèrera attendre pour avoir une plus large audience. Reprendre l’activité avec une limite de 50 spectateurs n’aurait pas beaucoup de sens », juge M. Demois, qui mise plutôt sur un retour des projections au courant de l’automne.

Les deux hommes sont certains que la crise est passagère pour l’industrie du film et que les petites salles de cinéma ont de longs jours devant elles. « Regardez le box office américain qui réouvre bientôt car les États-Unis ont vacciné plus vite : c’est un indicateur encourageant que le secteur va repartir très fort. Il y aura toujours des gens qui viendront au cinéma car, si la pandémie nous a enseigné quelque chose, c’est que regarder un film à la maison ne remplacera jamais une expérience dans une salle de cinéma. »

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